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Quel autre monde pour mon âme ?

Par , le 19 Jan. 2015, dans la catégorie Articles - Imprimer ce document Imprimer - English version

Bulles dans le ciel

Quelques heures avant son exécution, Socrate confiait à l’un de ses disciples qu’il n’y a rien à craindre dans la mort pour l’ami du savoir. Car s’il est vrai que le corps n’est pour l’âme qu’un tombeau, une forme d’inconscience dont la mort nous délivre, qu’y a-t-il à craindre pour celui qui a consacré sa vie à rechercher la vérité et la justice ?

Cette croyance en une survie de l’âme après la mort est sans aucun doute l’un des traits caractéristiques de la plupart des spiritualités. La mort y est perçue comme la séparation de l’âme de son enveloppe terrestre, elle est un passage et non une fin. Mais vers quel autre monde ce passage nous mène-t-il ?

Pour les grandes religions monothéistes, cet au-delà de la mort se caractérise essentiellement par une dichotomie entre un monde de bien-être (paradis) et un monde de souffrances (enfer), que rejoindront respectivement ceux qui auront œuvré pour le bien ou le mal. Mais si l’on considère, comme le fait Ostad Elahi, que la vie terrestre est avant tout pour l’âme un milieu de perfectionnement, peut-on se satisfaire d’une telle bipartition de l’au-delà ? Pour Ostad Elahi, la mort offre plus que deux destinations : elle projette l’âme dans un lieu provisoire (intermonde) qui reflète pour elle non seulement ce qu’elle a fait sur terre, en bien ou en mal, mais aussi et surtout ce qu’elle est devenue en transformant sa propre substance. L’intermonde désigne alors les nouvelles conditions dans lesquelles l’âme pourra poursuivre son perfectionnement.

L’intermonde

Mais avant d’aller plus loin, arrêtons-nous un instant sur cette notion. Le terme d’intermonde est une traduction du mot arabe barzakh, le lieu que les âmes rejoignent à la mort en attendant le jugement dernier. Pour Ostad Elahi, qui aborde la question de l’au-delà au chapitre 7 de Connaissance de l’âme, l’intermonde est le lieu que l’âme rejoint provisoirement après la mort : « L’âme est directement transférée dans le monde intermédiaire, avec ou sans délai ».(Ostad Elahi, Connaissance de l’âme, Paris, Harmattan, coll. « L’ouverture philosophique », 2001, p. 108.)

L’intermonde y est décrit comme un monde intermédiaire : intermédiaire entre deux vies terrestres, ou entre la vie terrestre et les mondes spirituels que les âmes rejoignent une fois épuisé le délai qui leur est imparti pour accomplir leur perfectionnement.

Dans les deux cas, l’intermonde n’est pour l’âme qu’un lieu de passage, donc une demeure provisoire, et ce quelles que soient les conditions d’existence dont elle bénéficie, agréables ou désagréables. Mais l’intermonde est aussi pour l’âme un lieu transitoire, un milieu où va pouvoir s’opérer un changement ; il lui offre en effet l’opportunité d’œuvrer pour son perfectionnement dans des conditions optimales : « Là, sont mis à la disposition de l’âme tous les moyens qui lui sont nécessaires afin de compléter ce qui lui manque pour réaliser sa perfection. Elle y bénéficie d’un temps suffisant et le travail lui est beaucoup plus facile [que dans le monde terrestre] car elle ne rencontre pas d’obstacles. » (Connaissance de l’âme, p. 109.)

Ce monde que l’âme rejoint après la mort ne se limite donc pas à proposer un paradis (lieu de plaisirs) ou un enfer (lieu de souffrances). Il présente au contraire une infinité de possibilités et de conditions adaptées au niveau de chaque âme. Au point où l’on est tenté de dire : à chaque âme son intermonde !

La question du mérite

Ostad Elahi reconnaît certes, dans la lignée des grandes religions monothéistes dont il se réclame, que le devenir de l’homme après sa mort, en l’occurrence les conditions de son séjour dans l’intermonde, dépend pour une part de la qualité de ses œuvres, c’est-à-dire de l’évaluation de ses actes selon un critère divin. Ce dernier point est capital : ce qui compte, ce n’est pas d’être l’auteur d’actes appréciés par les hommes, mais plutôt d’actes qui, pour reprendre une expression de B. Elahi, soient « remarqués » par le Divin (cf. Bahram Elahi, La Voie de la perfection, Paris, Albin Michel, 2002, p. 79). S’il n’est pas toujours aisé de savoir quels sont ces actes « remarqués », on devine en revanche que la valeur d’un acte dépend bien entendu de sa conformité au Bien – a-t-il contribué, par exemple, au bien-être ou à la joie d’autrui ? –, mais surtout de l’intention qui y préside. Ainsi, certains actes ont tellement de valeur qu’un seul d’entre eux, même minime en apparence, pourrait suffire à « sauver une âme ». Les choses se passent un peu comme pour ce personnage des Frères Karamazov qu’un oignon donné un jour à un pauvre aurait sauvé des flammes de l’enfer… si seulement sa cupidité ne l’avait pas finalement emporté.

« Il y avait une mégère qui mourut sans laisser derrière elle une seule vertu. Les diables s’en saisirent et la jetèrent dans le lac de feu. Son ange gardien se creusait la tête pour lui découvrir une vertu et en parler à Dieu. Il se rappela et dit au Seigneur : “Elle a arraché un oignon au potager pour le donner à une mendiante.” Dieu lui répondit : “Prends cet oignon, tends-le à cette femme dans le lac, qu’elle s’y cramponne. Si tu parviens à la retirer, elle ira en paradis : si l’oignon se rompt, elle restera où elle est.” L’ange courut à la femme, lui tendit l’oignon. “Prends, dit-il, tiens bon.” Il se mit à la tirer avec précaution, elle était déjà dehors. Les autres pécheurs, voyant qu’on la retirait du lac, s’agrippèrent à elle, voulant profiter de l’aubaine. Mais la femme, qui était fort méchante, leur donnait des coups de pied : “C’est moi qu’on tire et non pas vous ; c’est mon oignon, non le vôtre.” À ces mots, l’oignon se rompit. La femme retomba dans le lac où elle brûle encore. L’ange partit en pleurant. »

Dostoïevski, Les frères Karamazov, LVII, chap. 3.

Ces actes « qui sauvent » participent, selon Ostad Elahi, à la constitution pour l’âme d’une sorte d’« épargne » ou « provision ». L’expression en dit long sur l’influence de nos « bons actes » sur notre situation dans l’intermonde. Prise à la lettre, elle indique qu’ils y augmentent en quelque sorte notre « pouvoir d’achat ». L’idée peut sembler surprenante. Elle reflète pourtant l’image que nous transmet Ostad Elahi de cet autre monde : un lieu dont notre monde n’est qu’un pâle reflet et où par conséquent, à l’instar de ce qui se passe ici-bas, rien ne s’obtient sans rien. La monnaie d’échange, qui permet notamment d’accéder à un paradis provisoire ou de pouvoir être instruit de certaines vérités, y est constitué par nos « bons actes », ceux que nous avons accomplis sur terre de manière désintéressée.

Cependant si ces actes augmentent bien notre avoir, ce qui n’est évidemment pas négligeable, ils ne ne suffisent pas par eux-mêmes à transformer ce que l’on est. En d’autres termes, celui qui a à son actif des actes positifs aura sans doute la capacité de s’offrir un meilleur intermonde, mais s’il n’a pas pris soin parallèlement de parfaire son être, il sera privé de plaisirs plus profonds liés, comme nous allons le voir, à la compréhension des Vérités.

L’intermonde, miroir de notre être

Dans le système exposé par Ostad Elahi (cf. Connaissance de l’âme), le devenir de l’homme après la mort ne dépend pas uniquement des actes qu’il aura accomplis durant son séjour terrestre. C’est plus profondément ce que nous sommes, c’est-à-dire les vertus que nous avons développées, les vérités que nous avons assimilées, qui détermineront notre destination.

Tout se passe comme si, au moment de notre mort, notre âme était lâchée dans l’intermonde à la manière d’un ballon dans l’atmosphère. Tout comme le ballon que la poussée d’Archimède fait monter jusqu’au point où sa densité égale la densité de l’atmosphère, l’âme s’élèvera dans l’intermonde jusqu’au niveau correspondant à son niveau d’assimilations des vérités. Plus elle aura assimilé de vérités et développé parallèlement de vertus au cours de sa vie terrestre, plus elle aura l’aptitude de rejoindre des niveaux élevés de l’intermonde ; élevés en connaissances des Vérités, donc élevés en bien-être, pouvoir et liberté.

Qu’apporterait en effet à une âme de se retrouver dans un niveau de l’intermonde dont les vérités échappent à sa compréhension ? Pas grand-chose. Elle serait semblable à un jeune enfant conduit sur les bancs de l’université pour écouter un grand ponte, un mathématicien par exemple, parler de ses derniers travaux. Elle n’y comprendrait rien. Ce qui est source de réjouissance pour d’autres – ceux qui ont développé leur aptitude à comprendre – lui semblerait à elle rébarbatif et sans intérêt. Si quelqu’un venait lui présenter une de ces Vérités qu’elle ignore, elle n’en saisirait peut-être même pas la véracité. Car en entrant dans l’intermonde, nous sommes la même personne que celle que nous étions ici-bas. Par suite, si nous n’avons pas acquis l’aptitude de comprendre une certaine Vérité, placé dans l’autre monde face à cette même Vérité, nous serons comme un aveugle face à une source de lumière: nous ne verrons rien.

Répétons-le, ce qui compte pour préparer son au-delà, ce n’est pas seulement de faire le bien, c’est aussi de se préoccuper de son « éducation de pensée ». Cette éducation indispensable à la maturation de l’âme, à son perfectionnement, va de pair avec une compréhension des Vérités. C’est elle qui conduit l’homme à dépasser le stade de l’acceptation aveugle du dogme pour s’attacher à une pratique spirituelle consciente de ses raisons et de ses effets.

Ainsi, à la question « quel intermonde pour mon âme ? », Ostad Elahi répond que l’intermonde est un miroir où « chacun voit sa propre image ». Chacun aura donc un intermonde à sa mesure, où se reflétera pour lui l’ensemble de son avoir et de son être. Y être bien ou mal, y avoir conscience de telles ou telles Vérités, cela ne dépend que de nous : des Vérités que nous faisons l’effort d’assimiler ici-bas et des vertus que nous nous appliquons à cultiver.

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10 commentaires

  1. Wilhelm le 20 Jan 2015 à 18:31 1

    C’est un rappel important pour faire se souvenir (et pratiquer) que la transformation intérieure et l’éducation sont indispensables en plus des bonnes actions

  2. juliette le 20 Jan 2015 à 19:34 2

    A la lecture de cette article d’une grande précision, je ressens plusieurs sentiments : tout d’abord un extrême soulagement de se dire que notre vie ici bas prend tout son sens en réponse à ces questions fondamentales : “pourquoi ai je été crée, que dois je faire ici bas, quel trajectoire donner à ma vie et, surtout, quel est mon devenir final.” On trouve dans cet article des réponses claires. Et ensuite, je ressens un grand espoir de me dire que non seulement mon destin n’est pas figé sur cette terre, mais que je suis l’artisan de mon “après”, car il y a un “après” défini clair et net dans cet article. J’ai compris que faire le bien, c’est bien mais que perfectionner sa “substance” spirituelle (travail sur les vertus, recherches des vérités réelles, etc.) c’est non seulement mieux mais indispensable pour accéder à mon but final, la véritable félicité ? Alors je démarre ma journée en me disant :”hauts les coeurs, mets du super dans ton moteur, ta route est tracée, suis la sans hésiter et avec gratitude.”

  3. ATIG le 20 Jan 2015 à 23:57 3

    Merci pour ce rappel. Ce qui est me semble-t-il, fondamental dans la pensée d’Ostad Elahi c’est ce grand pouvoir d’agir que l’homme a sur son destin et sur sa Vie avec un V majuscule, tout en accordant une place aussi importante à l’acceptation “volontaire” du contentement divin.
    Nous construisons pas nos efforts de tout instant notre condition de vie dans l’intermonde et au-delà. Cet article nous rappelle la vraie valeur des choses et où concentrer nos efforts et notre énergie.
    Merci

  4. Charlotte le 22 Jan 2015 à 2:05 4

    Je pense souvent à cet intermonde, cela me faire réfléchir à cette phrase d’Ostad Elahi qui dit:L’intermonde est comme un miroir où chacun voit sa propre image.
    Lorsque je me regarde, je constate que je ne fais pas l’effort nécessaire pour comprendre les vérités divines et mon soi-impérieux m’empêche de mettre en pratique ces vérités.
    Je regrette tous les jours mes négligences et le temps que j’ai perdu, comme dit Malek Jân: le temps est compté, et j’implore l’aide divine pour que je puisse àméliorer mon éducation de pensée.
    Dans l’intermonde je n’aurais pas d’excuse pour dire que je ne savais pas.

  5. kbld le 23 Jan 2015 à 13:21 5

    Ce passage des Frères Karamazov est absolument magnifique ! Il me fait beaucoup penser à ce que dit Bahram Elahi à la fin de la vidéo Connaissance de soi et Perfection [http://www.e-ostadelahi.fr/eoe-fr/bahram-elahi-connaissance-de-soi-et-perfection] : « Donc pratiquez les principes éthiques et divins ; si vous pratiquez même une seule fois dans votre vie, ça compte et ça restera pour vous. » (7’48″).
    Je trouve cette phrase extraordinaire (encore plus en l’écoutant). J’avais laissé en commentaire le lien vers une EMI où on voit l’application, de manière assez magistrale : http://youtu.be/BP8iijxndgo .
    Je souscris toujours à ce que j’avais écrit : On a tendance à voir le Compte comme une série d’additions et de soustraction comme sur Terre. Je pense que c’est faux. Inconsciemment, je voyais l’ensemble de mes actes comme un tout, comme si un acte, au final, ne change pas grand-chose face à l’immensité des actes de ma vie. Mais c’est une vision erronée des choses pour ceux qui s’engagent activement dans le processus de perfectionnement.
    Il y a beaucoup de paroles d’Ostad Elahi où il remet en cause notre vision erronée de la valeur spirituelle des choses, et insiste sur l’importance de l’intention. En fin de compte, on ne peut pas savoir la valeur de chaque acte. De ce point de vue, chaque instant est spirituellement unique. Chaque instant, on met en jeu notre avenir dans l’au-delà dans son ensemble. Je trouve cette idée désagréable, car elle implique le fait de se conduire de manière responsable à tout moment, mais elle est réelle il me semble.
    Il y a en quelque sorte un lien avec la vie matérielle, où, dans tout, à un certain niveau, des détails changent tout, littéralement. Ceux qui ont fait du sport à un haut niveau le savent, passé une certaine étape, un détail (et je pèse mes mots) peut nous rendre « gagnant » ou « perdant », deux états tout à fait opposés. À un concours difficile, un seul mot utilisé plutôt qu’un autre peut changer le résultat et changer complètement notre destinée matérielle. Pareil dans un entretien pour décrocher un emploi, etc.
    D’un point de vue spirituel, on pourrait penser à de l’injustice, mais non. D’abord, parce que dans la vie matérielle, si on s’en tient à cette dimension, il y a une immense part de « n’importe quoi », alors que dans la dimension spirituelle, tout est sous contrôle. Surtout, car le « plus miséricordieux des miséricordieux », dans son immense générosité, utilise ce système pour nous sauver, et non pour nous enfoncer. On le voit dans cette histoire fictive de Dostoïevski (enfin, fictive seulement en apparence), ou dans l’histoire réelle dans l’EMI : c’est uniquement dans un sens. C’est seulement à nous de faire à chaque instant attention d’arracher et donner cet oignon pour qu’Il puisse s’en servir de « prétexte » pour nous sauver. Je sais que c’est facile à dire, et je suis loin d’être un modèle en la matière, mais je pense que chacun de nous peut expérimenter cela s’il repense à la phrase de Bahram Elahi, c’est-à-dire que chaque bonne action est unique et sera unique dans l’autre monde quand il s’agira de nous sauver.
    « Qui sait si l’action toute simple de toucher le cœur de quelqu’un n’a pas plus de valeur qu’une action caritative de grande envergure ? » (Paroles de Vérité, Parole 8) .

  6. mahaut le 23 Jan 2015 à 17:27 6

    Il y a une éternité que j’ai lu les Frères Karamazov, je ne me souviens plus de ce passage…

    Cette parabole me touche beaucoup, je l’ai vécue en rêve, il y a bien des années et mon rêve est aussi présent aujourd’hui que la nuit où s’est déroulée la scène qui suit.

    Bien souvent dans ma vie, j’ai rêvé que « je montais au ciel », par bien des manières.

    Pour ce rêve, je me souviens avoir voulu emprunter un ascenseur et ensuite j’ai continué par une échelle. J’ai soudainement vu derrière moi, des personnes derrière moi qui accouraient, tout en bas et grimpaient aussi. Je me souviens avoir eu un mouvement d’humeur, je voulais être seule et voilà que je me retrouvais avec plein de gens….

    Puis l’échelle :” ma monture” s’est engouffrée dans le ciel que j’avais aperçu au dessus de ma tête. Brusquement, je me suis retrouvée dans l’espace où mon échelle y volait. J’étais tout en haut sur le barreau supérieur. Je voyais sous moi des personnes qui avaient aussi escaladé l’échelle, ou bien s’agrippaient aux barreaux avec les pieds bien positionnés sur l’échelle, ou d’autres en grappes humaines ayant saisi les barreaux sans d’autre appui, et se retrouvant accrochées comme à des trapèzes volants.

    L’échelle se déplaçait dans l’espace de gauche à droite. J’ai eu beaucoup de compassion pour toutes ces personnes en dessous de moi. Puis je suis entrée en moi-même, me souvenant que lorsque j’étais encore dans la gaine de l’ascenseur, combien j’avais été irritée d’être suivie… Tout à coup, tout en haut de cette échelle volante, je me suis dit à moi-même : «elles sont des créatures comme toi, elles ont les mêmes désirs, heureusement que tu ne les a pas repoussées, tu aurais perdu le mérite ou la faveur de te trouver sur cette échelle ».

    Mon rêve s’est arrêté là. J’ai toujours été heureuse d’avoir eu cette réaction dans mon état de rêve, car je suis certaine que si j’avais repoussé ces gens, j’aurais perdu peut-être un droit, une chance….

    1. kbld le 23 Feb 2015 à 14:38 6.1

      Merci pour votre témoignage !
      En plus, elle prouve en quelque sorte que l’histoire de Dostoïevski n’est fictive qu’en apparence… 😉

    2. chat31 le 10 Jun 2015 à 21:29 6.2

      Merci d’avoir partagé ce rêve, car il illustre bien la nécessité de lutter contre notre tendance à nous comparer aux autres. Chacun a son compte très précis et l’on doit se rappeler que tout ce qu’Il nous donne (ou ne nous donne pas) est pour notre bien, et c’est parfois si difficile,comme vous le racontez ici où vous désiriez secrètement être seule sur cette échelle. On doit se forcer à ne pas se comporter comme cet étudiant qui désire être le “chouchou” de son professeur et espère qu’il y aura une énorme marge entre ses notes et les notes de ses camarades.

  7. blanche le 31 Jan 2015 à 3:05 7

    « Tout comme le ballon….l’âme s’élèvera dans l’intermonde jusqu’au niveau correspondant à son niveau d’assimilation des vérités » : voilà une phrase simple et précise qui tout à coup m’a éclairée et m’a fait comprendre ce que je n’arrivais pas à concevoir.
    Un très grand merci à l’auteure de l’article qui a formulé de façon simple, compréhensible et logique le futur de l’âme dans l’intermonde selon Ostad Elahi. Alors que, comme la grande majorité des gens, j’avais une vision très vague, très floue et erronée de ce qui advient à l’âme après la mort, cet article le décrit parfaitement tout en mettant en lumière les deux grands buts que nous devons atteindre sur terre.

  8. Mahaut le 05 Feb 2015 à 1:18 8

    Notre vie se s’écoule sous ce soleil, mais que fait notre âme, pendant le reste du temps où nous dormons ? Cet article et la réponse récente (ci-après) à l’une des questions sur le site ostadelahi-indepth m’a permis de recoller les racines de mon comportement sur « l’échelle », que j’ai chevauchée dans mon rêve.

    « Ainsi, à chaque fois qu’on est confronté à un choix entre deux possibles, à une décision, ou bien qu’on est sur le point de passer à l’acte, on prend en compte le contentement divin et la voix de notre conscience. Lorsque cette disposition devient une seconde nature, cela nous restera dans nos vies ultérieures, quand bien même nous n’y aurions pas foi en Dieu. On prend donc automatiquement en compte la voix de sa conscience avant d’agir. Même si on a développé son guide intérieur jusqu’à un certain point, on ne contrôle pas nécessairement parfaitement son ego, car on est susceptible de commettre des actes contraires aux principes éthiques et divins justes. Mais il suffit de prendre conscience de l’existence de son soi impérieux pour s’efforcer alors de lutter contre, et persévérer même si on échoue. »

    Dans ces « leçons spirituelles d’alpinisme », je remercie pour toutes ces explications qui nous aident à comprendre que « l’intermonde est le miroir de notre être ». J’aime tant l’amour et la beauté que je saute de joie d’apprendre que même dans mon rêve, je continue à travailler !

    Je souscris à ce que disait plus haut kbld « chaque instant est spirituellement unique » « ceux qui font du sport à un haut niveau le savent, passé une certaine étape, un détail (et je pèse mes mots) peut nous rendre « gagnant » ou « perdant », deux états tout à fait opposés »

    J’ai découvert il y a peu de temps, que dans le judaïsme le mot FOI contient d’autres significations que dans notre culture et ai admiré la justesse de leur conception de la foi….

    La foi participe du FAIRE, c’est une activité, vue comme celle d’un artisan qui fabrique…. il est bien certain que selon notre degré de travail, de persévérance, notre capacité à fabriquer tel ou tel objet…. peut d’avérer bien différente et les résultats non-comparables…..
    Pour être un bon artisan, il faut avoir travailler, s’être entraîné… il faut de la science, mais ce sont les actes qui comptent, de même que nos actes ne peuvent être productifs sans science…..

    Nous sommes des êtres vivants, nous vivons dans un monde qui nous englobe, dont les limites nous échappent et du fait que nous sommes vivants, nous sommes en permanence dans un état de vigilance, si nous le voulons…..pour progresser… Tous ces univers emboîtés les uns dans les autres nous échappent, il y a tant de merveilles, signes évidents de “l”existence” de notre Créateur. Ces mondes sont si beaux qu’il faut bien qu’il existe quelque part un livre de nos actes, et que tout soit régi par la justice, on n’est pas sans les autres…..

    Voilà une expérience de Mort Imminente racontée par Marie de Solemne ? qui permet de se connaître et d’avoir un aperçu de “cet autre monde pour l’âme”.

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