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Perfectionner son humanité au temps du coronavirus (SARS-CoV-2)

SARS-CoV-2

« Et voici ma dernière remarque : pratiquez l’humanité. Nous n’en parlons jamais et pourtant, aujourd’hui, plus que jamais, c’est le moment de pratiquer l’humanité. Montrez un peu de gentillesse, faites preuve de compassion par rapport aux autres… » De qui sont ces mots ? Du gouverneur de New York, Andrew Cuomo, s’adressant, le 21 mars 2020, aux newyorkais, à propos de l’aggravation de la crise sanitaire. En plein confinement, cette phrase m’a fait réfléchir, comme en écho, à ce passage où B. Elahi évoque comment « perfectionner notre humanité » :

…s’efforcer, au cours de sa vie quotidienne et au contact des autres, de se mettre à leur place, de faire pour eux le bien qu’on veut et fait pour soi-même, et d’éloigner d’eux, dans la mesure du possible, le mal qu’on ne veut pas pour soi-même et dont on cherche à se préserver.

Bahram Elahi, Le guide pratique : Fondamentaux du perfectionnement spirituel, Paris, Dervy, 2019, chapitre 20.

Perfectionner son humanité, c’est, pour B. Elahi, l’un des trois « fondamentaux du perfectionnement spirituel », et cela passe nécessairement par une pratique in vivo, c’est-à-dire dans la vie concrète, au contact des autres. Et si l’épidémie actuelle de Covid-19 était l’occasion pour chacun d’un stage intensif de perfectionnement de son humanité ?

Se mettre à la place de l’autre. Quel autre ? J’ai commencé par une pensée générale : tous ceux qui sont malades, aux proches des personnes gravement malades ou décédées, aux personnels de santé épuisés mais aussi à tous qui doivent continuer à travailler parce que leur tâche est indispensable, et à tous ceux qui se trouvent en grande difficulté matérielle, financière, angoissés ou en détresse psychologique, ou bien enfermés, trop nombreux dans un espace exigu. Puis, les choses se sont précisées, fixées sur des personnes précises et des pistes d’action in vivo se sont esquissées :

  • Respecter les consignes collectives, avec rigueur, pour protéger les autres, les passants, mes proches, moi-même. Ne pas les respecter, c’est empiéter sur les droits de la société dans son ensemble.
  • Prendre soin de mes proches. Dans ces moments de confinement il y a beaucoup d’occasions de s’aider, de montrer son affection – en même temps que de s’énerver et de se heurter.
  • Prendre des nouvelles d’une personne isolée, ou bien de telle amie, dont le mari est malade, qui est inquiète.
  • Aider une voisine ou un voisin âgé. Beaucoup de belles histoires dans les médias qui ressemblent à des contes de Noël.
  • Faire un don à une association d’aide aux démunis, ou bien aider comme bénévole. Faire quelque chose, pour quelqu’un dans la détresse.
  • Regarder autour de soi – qui est dans la difficulté économique, financière ? Comment l’aider, quel geste faire ? Qui est dans la gêne, autour de moi ?

Et vous, quelles sont vos expériences de l’épidémie ? Quelle est votre réponse à ce qui se passe ? Quels dilemmes avez-vous vécus, où votre discernement a-t-il été mis à l’épreuve ? Quelles ont été vos occasions de perfectionner votre humanité ? Partagez vos expériences.

Deux Paroles de Vérité d’Ostad Elahi, comme possibles sources d’inspiration :

Certains dépensent des sommes énormes en œuvres de bienfaisance, mais si ça se trouve, le simple fait de demander, avec une affection sincère, des nouvelles de quelqu’un qui a besoin d’affection a plus de valeur. Le mot « bonté » englobe tout ce qui est bien et ne s’applique pas seulement à des actions spécifiques.

Ostad Elahi, Paroles de Vérité, Paris, Albin Michel, 2014, parole 256.

 

Ne croyez pas que le « droit d’autrui » se limite au seul respect des biens, de la vie et de la pudeur d’autrui. Même quand vous répondez avec indifférence, quand vous parlez en lançant des piques, quand vous froissez le cœur de quelqu’un, etc. c’est une transgression du droit d’autrui. Le droit d’autrui existe à tous les niveaux : entre mari et femme, enfants et parents, parents et enfants, avec les autres membres d’une même famille, entre voisins, gens du même quartier, de la même ville et ainsi de suite. Dans la mesure où Dieu a donné des droits à un être, cela crée un « droit d’autrui ».

Ostad Elahi, Paroles de Vérité, Paris, Albin Michel, 2014, parole 333.


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20 commentaires

  1. Bernard le 25 Mar 2020 à 1:24 1

    Bonsoir
    Merci pour cet article qui est pleinement d’actualité.
    J’ai justement mon beau frère qui a rattrapé le coronavirus. J’ai trouvé normal d’aller faire les courses pour eux, ainsi que pour mes parents âgés. J’ai vu en effet que de simples actes permettent d’exercer in vivo son humanité. J’ai quand même un peu échoué car j’ai manqué de prudence dans la distanciation avec mes parents et mon beau frère. Décidément cette période est propice à exercer et développer de nombreuses vertus, courage, prudence, humanité ….

    Bon courage à tous

    1. Marie le 27 Mar 2020 à 18:23 1.1

      Votre expérience me renvoie à celle d’une amie, désormais en télé-travail. Sa mère est très malade, ce qui est très lourd pour sa soeur, seule à s’en occuper. Elle a donc décidé, après avoir reçu leur accord enthousiaste, de les rejoindre pour les aider tout en continuant à travailler de chez elles. Pour cela elle a du prendre le TGV. Entendant cela, les autres membres de la famille lui ont lourdement reproché son “imprudence” et le risque qu’elle faisait prendre à celles qu’elle voulait aider.
      Cette expérience montre les difficultés auxquelles on se trouve confronté pour faire le bon choix, pour discerner, ici entre l’intention d’aider, secondée du désir de l’autre de recevoir cette aide, et la prudence.
      Quel était le bon choix, compte tenu des circonstances décrites? C’est tellement fin, et on est tellement dans le brouillard…

      1. Marie le 28 Mar 2020 à 13:11 1.1.1

        Pour poursuivre cette réflexion: on nous fait traverser des situations nouvelles, pour apprendre et développer notre raison saine et notre capacité de discernement, pour développer notre humanité, notre foi sincère,…le champ de travail est immense.
        Je ressens que dans certaines situations, j’ai de meilleures réactions et réflexes que dans d’autres.
        Dans le contexte actuel, j’aurais eu beaucoup de mal à la place de mon amie à discerner le bon choix. La solution qui me semble la meilleure est alors de purifier mon intention et de me relier à la Guidance divine, en La suppliant de m’inspirer.

        Une autre expérience, moins dramatique: n’ayant pas accès physiquement aux autres, j’utilise comme nous tous beaucoup le téléphone, internet et autres moyens techniques de communication. Comme je continue à travailler, je dois sélectionner mes appels, alors que ma liste devient de plus en plus longue. Devant ce dilemme, j’ai demandé hier de l’aide pour appeler les “bonnes” personnes, celles à qui mon appel ferait plaisir et du bien. Il se trouve que l’amie que j’ai appelée après cette prière intérieure était dans une grande détresse, car sa fille était atteinte du covid-19 et fragile par son asthme. Nous avons parlé, j’ai cherché des mots pour la rassurer (par exemple: “il y a 99 % de chance que tout se passe bien”,…) et en la rappelant le soir, elle m’a appris que le médecin avait été très rassurant, les résultats bons, elle était totalement tranquillisée.
        J’ai senti là que mon appel avait été juste, que j’avais été aidée pour cela.

        Je reçois aussi des appels, et comme je suis assez occupée, j’ai un peu de mal à donner du temps à la personne qui m’appelle. Prenant conscience de cette restriction intérieure, je me suis dit que je devais accueillir cet appel et y répondre, sans manifester d’impatience et en remerciant mon interlocuteur, qui s’était donné du mal pour moi: comme la réaction que j’aimerais recevoir dans la situation inverse. Depuis, c’est ce que je m’efforce de faire.

  2. Ia le 25 Mar 2020 à 9:17 2

    Merci beaucoup de cet article dont j’avais grand besoin.
    En effet, entre un certain degré de non pas superioritisme, mais presque (moi, je crois en Dieu, en la survie de l’âme, je pratique une spiritualité que je crois vraie, …), et donc un certain détachement presque fataliste… (pas bien), et des pointes d’angoisse avec quelques aggravations d’une condition physique et psychologique contre laquelle je lutte depuis quelques années due à ce sentiment d’incertitude et l’ambiance de peur qui règne… j’essaie de perfectionner mon humanité. Et donc je me rends compte à quel point je peux aussi me tromper.

    Faisant la queue devant un magasin alimentaire le premier jour de confinement lundi dernier, je bavarde joyeusement avec une jeune maman et son fils -tout en gardant la distance recommandé mais sans protection devant ma bouche. On parle de comment aider les personnes âgées (je ne fais rien pour ma part concrètement), ou la situation de l’école en télé enseignement et je me dis que je suis en train de me mettre in vivo à la place des autres en miroitant un peu cette personne. La dame me dit d’ailleurs des tas de compliment sur ma façon d’être etc.

    Mais je n’avais pas remarqué que juste derrière moi en biais, une jeune femme avec un masque de ski a l’air en détresse comme submergée de soucis peut-être pour un parent malade dont elle s’occupe. C’est une de mes profs de yoga. Je ne me souviens pas de son nom et ne lui dis rien parce que je suis gênée. Mais je m’aperçois qu’elle est gênée par mon bavardage (ou bien c’est ce que je crois). Elle est couverte de gants, bonnet et d’un masque de ski. (Alors qu’il faisait bon.)

    Plus tard, je me dis, je dois prendre plus au sérieux la souffrance des autres. Ne pas me dire qu’avec la bonne humeur ou une bonne attitude face à la vie tout va mieux.

    C’est difficile. Ma maman va bien. Elle est dans un endroit bien et ma famille s’occupe d’elle. (Enfin, elle s’occupe d’elle-même mais les autres lui déposent certaines courses lourdes devant la porte). Moi, je n’ai pas besoin de me faire du soucis pour un membre de ma famille proche dans ma ville. Mais en réalité, je me rends compte que c’est à chaque instant et dans chaque situation que je dois mesurer la manière d’interagir ou pas avec autrui.

    Je dois cultiver ma foi, mais tout en cultivant ma gratitude, mon humilité, et penser aux autres dans la mesure du bon sens et des opportunités raisonnables qui pourraient se présenter.

    J’ai l’impression que mon système immunitaire est fort, mais ça ne met pas les autres à l’abris si je suis porteur. (Je pourrais moi aussi porter des gants en faisant les courses? Mais je me dis, je lave mes mains avant de sortir et j’ouvre la porte avec un mouchoir en main…hm).

    Penser à tout ça, demander l’aide de l’Un pour lutter contre le soi impérieux, c’est en effet très intense en ce moment.

    Mille merci encore de votre article et pour la possibilité de ce partage/échange qui m’a donné l’occasion de m’analyser en ces temps et de voir un petit peu plus clair en moi.

  3. Dex le 25 Mar 2020 à 11:12 3

    Dès le premier jour de confinement nous avons mis un mot dans chaque boîte aux lettres de notre immeuble en proposant de rendre service : courses ou autres. Le jour même un voisin âgé nous a téléphoné en nous disant qu’il n’avait pas d’imprimante pour imprimer une “autorisation de déplacement”. Nous lui en avons mis plusieurs dans sa boîte aux lettres.
    Nous téléphonons à de nombreuses personnes (famille, amis, connaissances) pour demander si tout va bien, etc.

    1. Mome le 27 Mar 2020 à 20:06 3.1

      Merci pour cette bonne idée de déposer un mot dans les boîtes aux lettres de l’immeuble. Je veux aider mais ne connais pas bien mes voisins ; dans ce grand immeuble il doit y avoir des gens en détresse.
      Merci d’avoir partagé !

  4. KLR le 25 Mar 2020 à 11:18 4

    Merci pour cet article. Pour ma part, j’ai remarqué d’abord une opposition entre des aspirations vraiment humaine (penser aux autres, prier pour ceux qui sont en souffrance, aider les isolés…) et la force du soi impérieux. Par exemple : je commence mes journées avec des intentions spirituelles, j’essaye de me relier au divin, et au cours de la journée ces pensées se délitent petit à petit, ce qui fait que le soir je me dis : je n’ai pas fait ça, je n’ai pas eu assez d’attention… Il y a eu des jours où par exemple j’avais vraiment du mal à rester concentrée dans mes prières, alors que je me disais que c’était vraiment la période idéale pour se relier.
    Ensuite étant par nature assez obsessionnelle, je me suis lancée dans des travaux de bricolage de mon logement, ce qui fait que mon attention a été absorbée.
    Toutefois, sur la durée, j’ai le sentiment que les aspirations spirituelle et d’humanité restent présentes et même ont une petite tendance à se fortifier. A suivre…

  5. Sou le 25 Mar 2020 à 11:18 5

    Mille merci de nous rappeler un point essentiel : l’occasion en or pour faire un pas réel vers la pratique in vivo. Je me demandais en effet si ce que nous faisions était utile : demander des nouvelles des personnes seules, appeler les voisins plus âgés et demander s’ils ont besoins de commissions etc. Au moins faire un pas, c’est déjà ça. Aussi, de respecter les consignes. Cela nous met dans une optique plus pragmatique et simplifiée.
    Aussi, je me suis dit : je peux trouver chaque jour un aspect positif pour cette situation. En premier lieu, me dire que si jusqu’à présent j’ai pu faire des choses ou j’ai pu aider, ou j’ai pu visiter mes proches, c’était parce que la volonté de l’Un me le permettait. L’efficace en toute chose me le permettait.

  6. kbld le 25 Mar 2020 à 14:46 6

    La séparation physique peut pousser au rapprochement par les efforts volontaires que l’on fait pour combler une séparation qui devient apparente. Par exemple, le divorce est régulièrement très positif pour les rapports entre les pères et leurs enfants, dont ils s’occupent bien plus en tout du fait de la présence physique globale moindre : https://youtu.be/eLEtF0BpWj4
    Après, le fait d’être « enfermés » ensemble peut aussi à la discorde (https://fr.sputniknews.com/international/202003141043274211-en-chine-les-divorces-explosent-apres-la-fin-de-la-quarantaine/
    ), par bêtise sans doute mais aussi parce qu’il est probablement plus difficile de se dissimuler, ce qui peut aussi pousser au rapprochement à terme.

  7. Marie le 25 Mar 2020 à 20:50 7

    Merci pour ce partage, en ce temps de crise sanitaire exceptionnelle, jamais vu pour la très grande majorité d’entre nous, dans lequel nous cherchons nos repères, pour le vivre conformément à notre conscience morale et en recherchant Son contentement : que la recherche du développement de notre humanité et de la pratique de la règle d’or soit au coeur de notre journée, plus que jamais.
    Le paradoxe est qu’en apparence, nos moyens de pratiquer notre humanité sont faibles, vivant dans le confinement. Mais heureusement nos moyens de communication sont nombreux.

    1. Bouboulina le 26 Mar 2020 à 18:40 7.1

      En lisant votre commentaire, je me suis fait cette réflexion. Il est vrai que beaucoup d’entre nous se retrouvent seuls dans ce confinement et que nos moyens de communication sont nombreux. Un axe de travail intérieur s’est alors présenté à moi : commencer, rien que dans ma pensée, à ne pas me plaindre de cette situation, qui, je dois l’avouer, me pèse énormément. Et ensuite, dans mes communications avec les autres, chercher à être positive et joyeuse plutôt que de déverser sur eux ce qui me pèse. Dans cette optique, j’ai alors appelé une personne de mon entourage, qui se trouve être bien plus isolée que moi. J’ai essayé d’être joyeuse, de raconter des choses drôles. Et j’ai senti que cela lui avait fait du bien. Reste maintenant à persévérer dans cette voie…

  8. A. le 26 Mar 2020 à 9:31 8

    Bonjour et merci de cet article !
    Mon expérience est simple: dès le premier jour de confinement j’en ai profité pour faire un tas de choses que je n’arrive jamais à terminer comme par exemple un projet de marketing digital, un autre de création d’entreprise etc. (tout en travaillant quelques heures par jour – puisque mon travail a considérablement diminué).
    Bien entendu, j’ai fait cela tout en essayant de continuer à aider ma femme qui fait beaucoup plus que moi (elle travaille, cuisine, repasse, lave, et surtout aide mon cadet de 10 ans à faire ses devoirs). Je me suis mis à la cuisine (aussi), je fais des courses et j’essaie d’appeler régulièrement ma mère et aussi ma belle-mère.
    Cependant, un soir, en faisant un TP sur OstadElahi-inpractice.com, je suis tombé sur une parole qui m’alertait à propos du fait que la miséricorde divine ne s’appliquait pas aux droits lésés des créatures. Après un peu de réflexion je me suis rendu compte que je ne faisais pas assez pour mon cadet de 10 ans. J’ai pris donc la décision de jouer un peu au foot avec lui dans la cour de mon immeuble (l’immeuble s’étant quasi vidé).
    Morale de l’histoire, faire très attention aux droits de ses proches.

  9. Zaz le 26 Mar 2020 à 10:17 9

    Merci pour cet article très attendu, qui nous rappelle si justement l’un de nos devoirs essentiels, perfectionner son humanité. Auparavant, les occasions de le mettre en pratique étaient plus restreintes ou moins évidentes, moins fréquentes.
    Aujourd’hui bien que multiples et flagrantes, il reste difficile cependant de donner priorité d’abord aux personnes dans la difficulté et envers qui par exemple on a eu des griefs ou des ressentiments , sur qui l’on porte des jugements pas toujours positifs, où cela nous coute en efforts ou en renoncement… et tout naturellement on se tourne vers ses amis ou connaissances. J’ai constaté qu’il est plus facile de s’enquérir de personnes que l’on aime bien, proches ou amis. Le soi impérieux lui aussi a trouvé de multiples occasions de nous duper, de nous persuader que nous faisons tout pour aider, respecter l’autre… Mettre en pratique la bienveillance, la générosité, la compassion peut paraître simple en apparence mais si difficile dès lors qu’avec sincérité on souhaite agir dans l’intention de Son contentement. Il s’agit en l’occurrence de trouver, par quels mots et par quels actes je peux apaiser, rassurer, apporter ce dont l’autre a réellement besoin et non pas ce dont moi j’ai besoin, un appel pour réaliser un bon acte, sans réellement me soucier si cela lui a apporté, si cela l’a aidé, soulagé. Veiller à ce que la discussion ne dévie pas vers un simple bavardage, alors que désormais la liste des personne à contacter se rallonge de jours en jours. J’appelle mon enfant durant 2 heures et le temps à consacrer aux autres se restreint. Savoir écourter une communication sans brusquerie et avec douceur, en promettant de rappeler régulièrement…
    Et enfin je pensais avoir progressé sur différents points, en particulier le fait de voir l’Un comme l’efficace en toute chose et le reste n’étant que rouages de la causalité. Mais dans la tourmente j’ai pris une belle leçon d’humilité. L’angoisse et l’anxiété ont gagné du terrain. Bien sûr je me rappelle sans cesse ce principe, mais dans les faits, mon angoisse, mon anxiété, mes efforts pour trouver les meilleures solutions, m’ont révélé la différence entre connaitre un principe en théorie et l’avoir assimilé. C’est là un point sur lequel je m’auto-suggestionne quotidiennement, mais le naturel prend le pas encore et encore. J’ai peut-être un peu oublié aussi l’importance de demander Son Aide.

    1. A. le 28 Mar 2020 à 8:41 9.1

      Merci de vos de votre commentaire en particulier la dernière partie par rapport au fait de voir Dieu comme l’efficace à toute chose. Acquérir vraiment, intégrer vraiment ce principe = acquérir une véritable confiance en Lui. C’est le travail de toute une vie. J’en fais aussi l’expérience, on est mis dans des situations où le soi impérieux se manifeste sous la forme d’une peur extrêmement intense, d’angoisse qui prend le contrôle de la raison. Il faut continuellement chercher refuge en Dieu jusqu’à développer graduellement en soi cette confiance et cette prise de conscience que c’est Lui qui décide toujours de façon bienveillante et c’est toujours Lui qui a le dernier mot

  10. Danielle le 28 Mar 2020 à 21:19 10

    Perfection son humanité face à cette situation inédite, parfois dramatique c’était accepter de renoncer à mes habitudes sans se plaindre, avec compréhension pas seulement par obligation. Une chaine amicale et solidaire s’est mise en place spontanément. Ce temps qui nous manque toujours à tous, il a fallu l’apprivoiser, du temps pour les autres au téléphone, un de mes proches qui c’était éloigné de moi m’a appelé, une attention aux autres dans une ville silencieuse et plus paisible. Sans oublier ceux qui souffrent et ceux qui les soignent, applaudir comme une prière.

  11. Radegonde le 29 Mar 2020 à 1:40 11

    Quelle étrange époque!!! Je me suis rende compte que je téléphonais aux êtres chers régulièrement pour avoir des nouvelles. Ce qui me faisait aussi plaisir de les savoir en pleine forme.
    Il est venu le temps d’appeler ceux avec que je suis brouillée. il a fallut prendre la decision, et ne pas écouter les”bonnes raisons” de mon soi impérieux.
    Je suis contente d’y être arrivée.Je remercie Dieu de me montrer le chemin, particulièrement en ces temps incertains.

  12. zaz le 29 Mar 2020 à 10:39 12

    Merci pour le prolongement de cette réflexion, « Voir Dieu comme l’Efficace ». Je crois en effet avoir compris que seule la lutte sans relâche dans les épreuves successives qu’Il nous envoie, nombreuses en ce moment, nous permettra progressivement de graver dans notre être profond les principes mémorisés, théorisés, archivés. J’espère simplement que dans ces moments-là, et il y en aura d’autres sans doute, où la raison cède le pas à la peur et à l’angoisse, je parvienne toujours mieux et plus à entendre et écouter mon guide intérieur plutôt que mon soi impérieux et mon égo. Renoncement, détachement, le droit d’autrui, se réfugier en Lui…tout cela commence à prendre sens ! Bien sûr aussi ne pas perdre de vue que l’Un est le bien absolu, Il ne crée pas le mal..que Son intervention est toujours positive et bienfaisante. Elle est bénéfique dans nos vies même si en apparence ce n’est pas le cas.

  13. mia le 29 Mar 2020 à 11:28 13

    Merci pour cet article bienvenu.
    J’ai beaucoup aimé la remarque du gouverneur de New York durant cette crise sanitaire : elle confirme la difficulté d’atteindre la perfection et me relance sur les expériences au quotidien.
    Comme les efforts à fournir sont incommensurables, je peux facilement tomber dans le découragement et l’inaction. Pourtant … j’ai décidé de focaliser mon intention et actions sur ce qui est accessible. Les attentions, les pensées, les paroles, et les actes immédiats qui respectent et font plaisir à mon entourage, soulagent mes proches et tous les autres…; ma liste est longue en confinement : bref se mettre à la place de chacun.
    Cette crise sanitaire m’apporte un éclairage particulier : il est utile de déterminer une hiérarchie adaptée à cette période exceptionnelle. En faisant par exemple le point sur :les personnes qui m’aident, qui comptent vraiment, ce qui est important réellement ? … Du coup, je me rappelle cette maxime n° 160 « Dans la vie, prenez toujours le parti de la prudence »

    1. Bouboulina le 29 Mar 2020 à 11:52 13.1

      Tout à fait d’accord avec vous 🙂 Commencer par ses proches est essentiel et s’observer dans nos interactions est en tous les cas riche d’enseignement sur soi.
      J’ai eu à ce sujet une petite expérience il y a quelques jours. Il était 11h du matin et j’avais décidé de faire une pause dans mon travail et de me préparer un café. Mon café prêt, une petite voie me souffle : “tu aurais pu aussi en préparer un pour ton mari et le lui apporter dans son bureau !” Au moment om j’ai repoussé cette voix d’un : “oh là là,….” j’ai fait tomber mon café. Conclusion : un petit “non acte” qui m’a mis sous les yeux une des facettes de mon égoïsme.

  14. bolo le 29 Mar 2020 à 14:59 14

    On vit une époque formidable..

    Au moment où toute personne un peu intéressée par développer son parcours spirituel
    et son humanité se demande chaque jour qu’elle doit être son action, voici qu’un quidam
    quelque part dans l’empire du Milieu mange une chauve-souris crue et nous permet par la même occasion de réfléchir à comment mettre en pratique quotidiennement tous ces petits actes éthiques tant recherchés..
    Dieu nous donne le beurre, la tartine et le couteau. Y a qu’à étaler.
    Évidemment, certains préfèreront détaler, comme de coutume, mais sinon quel élan positif
    autour de moi, dans le quartier, ou en ligne virtuellement, ça fait chaud au cœur et c’est très motivant !
    On réapprend les gestes simples. Je n’ai jamais autant fait la vaisselle depuis 20 ans, ni passé aussi peu de temps sur AMAZON. Et c’est très bien.
    Jamais autant les consignes de la maréchaussée, notamment sur le confinement ,m’ont paru aussi proches du respect du droit d’autrui ( respect de ne pas le contaminer)
    Et j’ai un plaisir intense à ouvrir ma fenêtre tous les soirs à 20h pour applaudir.
    Je n’ai jamais été aussi proche de mes parents depuis que je converse et déjeune régulièrement avec eux par SKYPE, pour casser leur solitude.
    Je renoue avec des tas d’amis perdus de vue. Ils n’ont jamais été aussi faciles à joindre, puisqu’ils sont aussi confinés chez eux.
    J’ai pu proposer mon imprimante, mon Karsher, mon abonnement livraison nourriture, et des tas de petits services sur mesvoisins.fr.
    Bref, la vie est presque belle si on occulte le risque et la pensée de l’après.
    Je me rappelle un journaliste qui avait demandé à Charles Aznavour de lui parler de sa douloureuse jeunesse pendant la 2eme guerre mondiale. Il lui avait répondu : « Douloureuse ? vous plaisantez ? j’avais 20 ans, c’était la plus belle période de ma vie ! »
    Je n’ai plus 20 ans, et je ne souhaite pas que cette période dure particulièrement, mais j’aime à penser que c’est une période bénie pour travailler sur soi, et en retirer un immense plaisir. Il est probable que je garderai quelques réflexes de bonne attitude une fois la guerre passée. C’est ce que je souhaite.
    Bon courage à tous

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