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La quintessence des religions selon Ostad Elahi : réflexions (3)

ondes abstraites

Ce troisième article de réflexion sur la « Quintessence des religions » vient clore notre série consacrée à ce poème d’Ostad Elahi. Après avoir abordé la question de « Dieu » et celle du « mal » , c’est à la notion de « bien » que nous vous proposons de réfléchir au travers d’un dernier extrait du commentaire de texte proposé par Leili Anvar.

De la « Quintessence des religions »
(extrait 3 : le bien)

« […] Enfin, en tout temps et en tout lieu,
Ce qui est considéré par les sages comme bon,
Qui engendre l’ordre et la paix pour les hommes,
Qui émane du Droit,
Pratique-le pour toi et pour les autres,
Et de ce qui est contraire à cela, éloigne-toi. […] »

Pour donner une « idée quintessentielle » de ce qu’est le bien, Ostad Elahi reformule donc les deux moments de la Règle d’Or qui déterminent ce que le théologien Olivier du Roy définit comme une « éthique de la réciprocité et de [l’]intersubjectivité foncière de l’homme » (Olivier du Roy, La Règle d’or : histoire d’une maxime morale universelle, Paris, Cerf, 2012, tome 1, p. 17). Il s’agit de pratiquer le bien pour soi et pour les autres, dans les mêmes proportions et en se mettant donc à la place des autres. La multiplication des verbes d’actions utilisés (« pratiquer », « lutter », « faire », « agir », « appliquer ») indique qu’il s’agit de s’engager dans « le bien positif ». Pour Ostad Elahi, une lutte efficace contre le mal consiste à faire le bien et même plus, à devenir soi-même, à son niveau, une source active de bienfait. De même que le mal, le bien ne peut réellement être défini : en revanche, il peut se reconnaître par la source dont il émane (« qui est recommandé par les sages », « qui émane du Droit ») et par ses conséquences (« qui engendre l’ordre et la paix pour les hommes »). Nous aurons à revenir plus loin sur les « sages » ayant l’autorité pour dire le bien. ConcernantQuant à la notion de Droit, nous avons vu plus haut qu’il s’agissait en persan du mot « Haqq », mot éminemment polysémique qui signifie en même temps la vérité, la justice, le droit et Dieu lui-même. La source du bien authentique se doit donc d’être à la fois juste, vraie, en accord avec les droits et divine. Devant un choix éthique, il convient d’exercer sa raison pour savoir si le principe du bien que l’on veut appliquer est un principe juste. La tâche n’est évidemment pas facile ; c’est le sujet d’innombrables ouvrages de nature très variée. C’est pourquoi le meilleur critère pour évaluer le bien-fondé de ce qui est considéré comme « bon », ce sont les conséquences engendrées par une action. Le « respect », l’« ordre », la « paix », le « droit » sont des valeurs universelles, qui s’appliquent et se reconnaissent en « tout temps et en tout lieu ». Quand on veut appliquer un principe, on doit donc se poser deux questions fondamentales : d’une part, est-ce que ce principe que j’observe émane du « Droit » (Haqq) – en somme, est-il juste et en accord avec la « Vérité » ? – et d’autre part, est-ce que l’action que je veux entreprendre engendre l’ordre et la paix ? Que d’actions seraient suspendues si on se posait ces questions avant d’agir…

Il semble ici que lorsqu’Ostad Elahi évoque « l’ordre et la paix », il évoque à la fois l’ordre social qui est le but recherché, selon lui, par les législations religieuses (aujourd’hui remplacées dans les démocraties par le droit laïque[1]) et la paix intérieure du sage (ce que Sénèque appelait « la constance du sage » ou « la tranquillité de l’âme »). En réalité, dire « qui engendre l’ordre et la paix pour les hommes », c’est signifier qu’il y a une interaction profonde entre soi et autrui, et que de cette interaction dépend la paix intérieure, la paix des autres et l’ordre de la société pris comme un tout. En ce sens, Ostad Elahi se démarque de toute sagesse qui ne serait qu’une entreprise individuelle. Pour lui, le bien consiste certes à développer individuellement ce que l’on appelle les « vertus » mais la condition de ce développement, c’est d’intégrer autrui dans le processus :

« […] il est nécessaire de mettre en pratique les préceptes qui le rapprochent de Dieu, tels que la prière, la bonté, l’altruisme et tout ce qui est considéré comme bien du point de vue humain. »
(Paroles de Vérité, 449)

Les violences, les misères, et les désordres que l’actualité nous donne à voir tous les jours témoignent de ce qu’un monde où chacun ne prend pas sur soi de lutter dans son propre cœur contre le mal, la haine et l’injustice, est un monde où ne peuvent régner ni l’ordre, ni la paix, ni l’harmonie, ni l’amour. Pour Ostad Elahi, la vraie sagesse consiste à activer le bien en soi pour qu’il devienne efficient en dehors de soi :

« La première condition, c’est donc d’avoir une “intention bonne”. Quand vous serez engagés à dire le bien, à vous imprégner de bien, à rechercher le bien, cette intention deviendra votre “arbre de bienfaisance”, qui donnera des fruits délicieux dans ce monde et dans l’autre. » (PV, 415)

De fait, l’interaction avec les autres a un effet immédiat sur la nature de soi-même. Ostad Elahi emploie, pour faire comprendre cette idée, des métaphores du « goût ». Ainsi :

« […] L’homme, disait-il, doit devenir aussi doux que le miel de façon à être toujours une source de bienfaits pour les autres. De même que le miel est saturé de douceur, nous devons assimiler en nous tellement de bienveillance et de bonté qu’à la fin notre être soit saturé de bien. De manière générale, si l’homme est bon et fait le bien autour de lui, c’est-à-dire s’il voit le bien, dit le bien et agit en bien, il est le premier à en tirer un bénéfice et il se sent toujours bien ; ensuite, le bénéfice s’étend aux autres. » (PV, 342)

Cette « suavité du bien », chacun peut, à des degrés divers, l’expérimenter en lui-même et la développer puisque c’est dans le for intérieur de chacun que commence cette opération quasi alchimique de la substance même de l’âme. Elle s’oppose à l’amertume du mal et des pensées négatives qui l’empoisonnent. Le poète mystique persan Rûmî, dont Ostad Elahi avait profondément médité l’œuvre, employait une autre métaphore, celle du jardin, pour parler de l’espace intime de la pensée où plongent les racines du bien comme du mal :

« Si quelqu’un dit du bien d’une personne, le bien et la grâce qui en découlent lui reviennent à lui-même et en vérité, ses louanges et le bien qu’il dit, il les dit à lui-même. C’est comme quelqu’un qui planterait une roseraie et des plantes odorantes autour de sa maison. Chaque fois qu’il regarderait autour de lui, il verrait des fleurs et de la verdure, il serait sans cesse au paradis. Lorsque parler en bien devient une seconde nature et que l’on s’attache à dire le bien d’une personne, alors cette personne devient bien-aimée et lorsque l’on pense à elle, on pense au Bien-Aimé et le souvenir du Bien-Aimé est un jardin rempli de fleurs et d’âme et de bonheur. À l’inverse, quand on dit le mal d’une personne, elle nous apparaît comme une ennemie, et lorsque l’on se la représente en pensée, c’est comme si on avait dans l’esprit des serpents et des scorpions ou des épines et des chardons. Or, puisque tu peux être nuit et jour entouré de fleurs et d’un jardin d’Eden, pourquoi se promener dans un jardin rempli d’épines et de serpents ? […] » (Cité par Leili Anvar dans Rûmî, Paris, Entrelacs, 2004, p. 214-215)

Le paradis ou l’enfer sont donc tout intérieurs et ce sont les actions et les pensées qui les font advenir ici et maintenant, sans avoir à attendre une autre vie. Si, comme nous l’avons vu plus haut, l’horizon eschatologique de l’éthique se situe dans l’au-delà, il n’empêche que la pratique et les conséquences concrètes de l’action éthique se goûtent dès ici-bas. En somme, celui qui a atteint la sagesse, atteint aussi le bonheur. Toute la sagesse des maîtres antiques pourrait d’ailleurs se résumer à la recherche de ce bonheur particulier, le bonheur de sagesse, dont la condition même est la « vie bonne ». Se référant au « prince des philosophes », Cicéron ne dit pas autre chose, lorsqu’il écrit à l’un de ses correspondants :

« Nous, nous voulons qu’il y ait un bonheur parfait, et notre thèse s’appuie sur une célèbre déduction de Socrate ; voici en effet comment raisonnait le prince des philosophes : “Telle est la manière d’être de chacun, tel est l’homme ; et tel est l’homme, tel est son langage ; or ses actes ressemblent à son langage et sa vie à ses actes.” […] Or l’état de l’âme chez un homme de bien est louable ; donc la vie de l’homme de bien aussi est louable, et puisqu’elle est louable, elle est honnête. D’où on conclut que “la vie des gens de bien est heureuse”. » (Cicéron, « Le bonheur dépend de l’âme seule », Paris, Gallimard, 1962)

On voit ici comment se met en place le cercle vertueux de la sagesse : la pratique du bien transforme l’homme et le rend plus sage, ce qui lui permet d’avancer dans la pratique de la vertu et devenir de ce fait plus sage encore et plus heureux, car plus près du vrai et donc de la justice. Ce travail le transforme en profondeur, de sorte qu’il devient un avec lui-même, avec ce qu’il est réellement en tant qu’être humain, et qu’il n’a plus besoin de se forcer puisque le bien se manifeste désormais en lui comme une seconde nature.

« La sagesse, écrit Anne Baudart, ne réside ni dans le désir et l’intérêt, quelles qu’en soient les formes, ni dans les honneurs amassés et cultivés pour eux-mêmes. Elle est l’apanage de celui qui se voue, grâce à la raison, à l’exercice de son jugement, à la contemplation du vrai, au plaisir pur qu’ils engendrent […] L’homme vertueux et juste, épris de sagesse, dépasse d’une prodigieuse distance “en décence, beauté et mérite”, l’homme méchant et injuste (République, IX, 588 a). » (Anne Baudart, Qu’est-ce que la sagesse ?, Paris, Vrin, 2013, p. 66)

Chez Ostad Elahi, ce bien pratiqué dans la plus haute exigence envers soi-même est non seulement la condition nécessaire de la sagesse et du bonheur individuel, mais elle a pour horizon une bienveillance universelle et altruiste. Si « La Quintessence des religions » est un exposé général sur ce qui constitue le socle commun à toutes les spiritualités, il en énonce, dans Paroles de Vérité, les retombées pratiques dans sa propre expérience de vie. Ainsi :

« Ma devise religieuse est :

  • d’être bon envers tous ;
  • de vouloir le bien de tous ;
  • de ne jamais chercher à me venger et de ne jamais vouloir de mal à personne ;
  • d’être toujours prêt à rendre service, plus particulièrement aux gens qui m’ont fait du mal ; et quand on m’a fait du mal, de ne pas laisser mon cœur en être affecté. »(PV, 10)

Pour Ostad Elahi, le bien a immanquablement pour horizon l’amour d’autrui. Et c’est ainsi qu’il fait se rejoindre l’éthique du sage et la bonté universelle du saint.

« Lorsque nous aimerons fraternellement tous les hommes et que nous serons bienveillants envers tous, les différences disparaîtront et tout le monde se conformera à cette Vérité. Autrement dit, si ce que nous voulons et aimons pour nous-même, nous l’appliquons pour les autres avec le même élan que s’il s’agissait de notre propre corps et de notre propre chair, nous pouvons dire que nous sommes croyant. » (PV, 11)

>> Réflexion <<

« L’homme doit devenir aussi doux que le miel de façon à être toujours une source de bienfaits pour les autres. (…) De manière générale, si l’homme est bon et fait le bien autour de lui, c’est-à-dire s’il voit le bien, dit le bien et agit en bien, il est le premier à en tirer un bénéfice et il se sent toujours bien ; ensuite, le bénéfice s’étend aux autres. »

Avez-vous déjà essayé de « pratiquer le bien » (qu’il s’agisse de voir le bien, dire le bien ou faire le bien) dans votre vie quotidienne pour essayer de « devenir aussi doux que le miel » ? Comment vous y êtes-vous pris ? Une telle pratique vous a-t-elle mené à expérimenter en vous cette « suavité du bien » ? De quelle manière ?

N’hésitez pas à partager vos réflexions, exemples et expériences dans la section commentaires.


[1] ^ Voir par exemple Paroles de Vérité, 16 : « Un grand nombre de commandements religieux ne concernent pas les affaires spirituelles, ils ont été émis pour régir l’ordre social. C’est le cas par exemple des lois sur l’héritage, etc. Pour ce qui est des affaires spirituelles, toutes les religions disent la même chose, et pour les affaires matérielles et sociales, on peut se référer aux lois en usage. » Ou encore PV, 344 (sur les trois catégories de lois : loi religieuse, loi sociale et loi morale)


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10 commentaires

  1. Sou le 03 Apr 2018 à 9:04 1

    Merci beaucoup pour cet article extrêmement doux et encourageant ! Se transformer de manière “à être aussi doux que le miel”, est tellement bien décortiqué, qu’on devient complètement motivé.
    Il faut dire que se transformer en miel, en faisant le bien est souvent agréable à l’ego, mais quand on doit faire le bien envers ceux qui nous ont fait du mal, cela prend toute son intensité, car l’effort devient plus grand.
    Dans cette direction l’aspect très encourageant dans cet article est le fait que nous serons nous mêmes plus légers, plus heureux et dans ce jardin entourés de roses. Par ailleurs nous contribuons à engendrer l’ordre et la paix !

    De ma part, quand je réussis à faire le bien, en plus je me sens en meilleure santé !
    J’ai un membre de ma famille proche qui est un peu âgé qui m’a raconté un jour avoir réconcilié sans le programmer, des membres de sa famille qui ne se parlaient plus à cause d’une mésentente et qui sont arrivés par hasard en même temps à sa maison. A la fin, elle s’est rendue compte qu’après une longue journée elle n’était même pas fatiguée. Quand elle a réfléchi, elle s’est rendue compte que c’était dû à sa bonne action !!
    Cela m’a beaucoup touché. On est aligné avec Son contentement et en même temps “on est bien”.
    Pour ma part, c’est une oscillation journalière, dès que je fait le bien je le ressens (cette légèreté) et dès que j’ai une pensée critique je le ressens (cette lourdeur) ! Dans cet article on a la confirmation que la pensée doit aussi être pure et bienveillante, donc dans sa tête on ne peut pas critiquer et croire qu’on est bienveillant.
    Donc, pourquoi souffrir?! Quand on peut rester toujours léger et en meilleure santé, il faut vraiment en profiter.
    Encore mille merci.

  2. corrado le 03 Apr 2018 à 9:19 2

    Bonjour mes compliments pour cet article ! Ostad Elahi dit 《 Lorsque nous aimerons fraternellement tous les hommes…》 et dans la parole 414 de Paroles de Vérité, il dit que « L’amour et le pardon ne sont applicables que dans la mesure où les autres n’en abusent pas ; sinon ils sont nuisibles à la société. Il ne faut faire preuve d’amour qu’envers ceux qui le méritent. » Je me demande alors si on doit appliquer ce conseil à tous ou seulement à ceux qui le méritent. Pouvez vous me donner des éclaircissement ?

    1. Lepersan le 04 Apr 2018 à 0:57 2.1

      Comme il est écrit dans l’extrait du texte de Rumi, dire du bien de quelqu’un, c’est se rappeler Dieu en pensant à cette personne.
      Quelle que soit la personne, en s’efforcant de voir le bien aussi infime soit-il, on se rappellera Dieu en pensant à cette personne. Voir le bien ici consiste à trouver ce que la personne fait qui peut être considéré comme bien.
      Cela n’empêche pas d’être réaliste et de constater qu’il a des défauts qui pourraient nous être nuisibles si l’on ne fait pas attention.
      Par exemple un “requin de la finance”, malgré tous ses défauts, on peut constater qu’il présente une certaine intelligence même si celle-ci est utilisée à mauvais escient, et qu’il ne sera pas forcément bon de faire affaire avec lui car il pourrait nous escroquer…
      Dans la parole 414 il y a la notion de “faire preuve de” qui peut être comprise comme manifester (extérieurement) de l’amour envers ces personnes.
      Pour reprendre l’exemple du “requin”, on peut reconnaître intérieurement ses qualités qui viennent d’une certaine manière du Bien Aimé sans pour autant le manifester envers la personne. On ne peut pas sacrifier, pour cette personne, nos droits et ceux de la société. Mais il n’empêche que nous l’aimons quand même parce qu’une parcelle de Dieu est en lui et c’est cela que nous aimons. De la même manière, nous aimons le requin (l’animal) car c’est une créature divine mais nous n’irons pas nager à ses cotés. On garde ses distances.
      De plus il est écrit dans la Parole 10, “d’être toujours prêt à rendre service, plus particulièrement aux gens qui m’ont fait du mal ; et quand on m’a fait du mal, de ne pas laisser mon cœur en être affecté”
      Pour reprendre l’exemple de ce “requin de la finance”, il faudrait être prêt à lui rendre service, donc sous-entendu à renoncer à un de nos droits, mais uniquement si cela n’entraîne pas pour nous une perte irreversible, si seulement nos droits sont engagés (et pas ceux d’autrui) et si la personne le mérite.
      Concernant le fait qu’il faut que seuls nos droit soient engagés, je pense que ceux de la société comptent aussi. Si la personne prend notre gentillesse pour de la faiblesse je ne pense pas qu’il faille lui rendre trop de service parce qu’on ferait du tord à la société.
      En ce qui concerne le mérite, il faut essayer de l’évaluer à sa plus juste mesure…

    2. Etienne le 05 Apr 2018 à 12:15 2.2

      Selon ma comprehension, ”faire preuve” établit une distinction entre attitude intérieure et extérieure: il faudrait qu’on cherche à aimer tout le monde, mais on ne devrait faire preuve d’amour, c’est à dire montrer cet amour extérieurement, qu’envers ceux qui le méritent et qui le comprendraient avec maturité. Sinon, cela pourrait passer pour de la faiblesse, de la crédulité et contribuer à voir des droits lésés.

  3. A. le 04 Apr 2018 à 21:33 3

    Avez-vous déjà essayé de « pratiquer le bien » (qu’il s’agisse de voir le bien, dire le bien ou faire le bien) dans votre vie quotidienne pour essayer de « devenir aussi doux que le miel » ? Comment vous y êtes-vous pris ? Une telle pratique vous a-t-elle mené à expérimenter en vous cette « suavité du bien » ? De quelle manière ?

    J’ai eu une série d’expériences qui m’ont permis de déceler un point faible important en moi : le désir de vengeance. Ce point faible se manifeste surtout dans le cadre de l’éducation des enfants. Confronté à leur entêtement (extrême parfois) et désobéissance, je me suis rendu compte que je leur donnais des punitions non tant pour les éduquer mais aussi par désir de vengeance, voir que par désir de vengeance.

    Un jour j’ai demandé l’aide de la Source et j’ai été confronté à des comportements de mes enfants, qui ont suscité en moi des désirs de vengeance vraiment intenses. Tellement intenses que ma raison en était affectée d’une façon très importante.

    La seule solution que j’ai trouvée est de ne rien faire, ne pas donner suite au soi impérieux, attendre jusqu’à pouvoir réfléchir calmement. Aussi, j’ai vu que l’aide de la Source est magique, un véritable baume pour ma raison et le choix de mes actions. Je passe d’une situation de mal être, de tension à un état où je lâche prise, je ne souhaite point me venger mais juste corriger mes enfants.

  4. Lepersan le 07 Apr 2018 à 16:15 4

    “Etre aussi doux que le miel”
    Je pense qu’être doux intérieurement est l’une des signification de cette expression, avec toute la bienveillance qui va avec. Mais… doit-on le comprendre aussi comme être doux exterieurement autant qu’intérieurement? On voit parfois des personnes extrêmement douces qui nous touchent au plus profond de nous-même rien que par leur manière d’être. Est-ce qu’on doit chercher absolument à développer cela? Il est vrai que l’on a souvent un très bon souvenir de ces personnes (qui sont souvent de type “empathique” prédominant selon la classification employée dans la process com).
    En écrivant ce commentaire, je me dis qu’on peut être ferme tout en le disant avec une extrême délicatesse, sauf peut-être avec ceux qui prendraient cela pour de la faiblesse.
    En général j’essaie d’être bienveillant (à mon niveau en tout cas, mais j’ai encore du travail) en essayant de faire ressentir au minimum la différence hiérarchique. Mais j’ai remarqué récemment que mes subordonnés en profitaient légèrement. Aujourd’hui l’un d’eux m’a écrit un sms un peu déplacé. Je lui ai répondu par un sms ferme mais restant gentil en disant que je ne me permettais pas de faire cela envers mes subordonnés et donc que je demandais à mes subordonnés de ne pas se permettre de le faire.
    Je ne sais pas si c’était la meilleure chose à faire, mais ma conscience me laisse tranquille alors que ce ne serait peut-être pas le cas si j’avais envoyé un sms méchant. Moi aussi j’étais plus arrogant quand j’étais à sa place. J’essaie de me rappeler ses qualités de manière à rester dans la “roseraie” odorante tout en essayant de trouver une solution pour modifier mon comportement de base, pour que mon comportement ne permette plus que mes droits soient bafoués, sans esprit de vengence… c’est dur la spiritualité! Mais c’est vraiment intéressant, ça nous sort de notre monotonie….

    1. kbld le 10 Apr 2018 à 14:12 4.1

      @Lepersan
      Personnellement, c’est plus envers les supérieurs que j’ai tendance à faire preuve de fermeté lorsqu’ils abusent de leur position, tout en essayant de rester tout à fait respectueux (notamment à travers des formules de politesse) et en prenant compte de la situation et en gardant un sens de la réalité bien entendu.
      Envers les inférieurs hiérarchiques, par contre, je ne mentionnerais pas ce fait, et j’essaye d’être le plus doux possible. Bien entendu, cela n’empêche pas d’indiquer la fonction de quelqu’un pour qu’il sache ce qu’il doit faire et ce qu’il ne doit pas faire, ni d’être un peu plus ferme si vraiment les choses dérapent. Mais d’emblée, je ne mentionnerais pas ce fait qui est à vrai dire non pertinent, et qui ne fait que créer une frustration chez l’autre. J’essaierais au contraire de lui faire sentir que je ne lui parle pas d’en haut, mais amicalement, et dans le but que les choses se passent bien.
      Être sympathique en général, mais au moindre problème expliquer à quelqu’un qu’il doit se tenir à carreau car il n’est pas notre égal non plus, ce n’est pas de la vraie sympathie, c’est seulement donner à l’ego le plaisir de se croire sympathique, et cela rend la sympathie apparente encore plus frustrante pour autrui. Après, rester gentil sans se faire abuser demande un certain charisme, mais cela s’acquiert (avec le renforcement de la foi et la persévérance dans le bien, je pense).

  5. ina le 09 Apr 2018 à 22:57 5

    par ex. appeler un membre de sa famille
    au début il faut franchir le pas, puis on se sent tout léger après…

  6. adissam le 15 Apr 2018 à 12:23 6

    Avez-vous déjà essayé de « pratiquer le bien » (qu’il s’agisse de voir le bien, dire le bien ou faire le bien) dans votre vie quotidienne pour essayer de « devenir aussi doux que le miel » ?

    Un exemple vu à la télé: une journaliste intervient lors d’une émission en direct; après les premières explications arrive un bref moment où l’on sent qu’elle commence à chercher ses mots, à bafouiller, et avant même que cela ne se voit, sa collègue présentatrice, sort le mot juste, “oui, c’est exactement cela” lui répond-elle, ayant repris le fil de ses idées.

    J’ai trouvé très élégant et doux, ce geste d’entraide.

    1. kbld le 16 Apr 2018 à 12:44 6.1

      @adissam
      La difficulté réside dans le fait d’« entraider » par altruisme, et non pour l’ego. Puisqu’on observe beaucoup de comportements d’entraide chez les animaux. Bien entendu, il est déjà mieux d’avoir le comportement d’un animal positif, que celui d’un animal nuisible, et entraider pour l’ego par exemple dans un tel cadre professionnel est tout à fait sain et bénéfique. Mais je voulais souligner qu’il ne faut pas confondre l’entraide et l’altruisme ; cela se recoupe mais pas totalement, et l’entraide en soi ne suffit pas pour le perfectionnement spirituel.

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