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L’altruisme (1) : Donner profit

Par , le 20 Sep. 2009, dans la catégorie Pratiques - Imprimer ce document Imprimer

feuilles vertes et soleil
Chaque créature a sa propre raison d’être, elle tire profit, elle doit donner profit.
Ostad Elahi (Bargozideh, p. 151)

Lorsqu’il évoque la « raison d’être » des êtres, Ostad Elahi fait référence tant à leur dimension matérielle (leur « rôle » dans l’écosphère, leurs besoins pour subsister) qu’à leur dimension spirituelle (le fait que chaque être, en vivant sa vie sur Terre, participe au mouvement de perfectionnement de l’esprit). Ces deux dimensions sont d’ailleurs intimement liées par la nécessité de l’incarnation dans des vies terrestres pour que l’esprit se perfectionne.

Par exemple : en réalisant la photosynthèse, le végétal produit l’oxygène nécessaire au développement de la vie biologique aérobie sur Terre, en même temps qu’il accomplit la première étape de la chaîne alimentaire, produisant les éléments nutritifs indispensables et transformant l’énergie solaire en énergie organique. Pour accomplir ce processus où il « donne profit » à toute l’écosphère terrestre et qui constitue sa « raison d’être » biologique, il reçoit tout ce dont il a besoin pour subsister (il « tire profit ») : lumière du soleil, matières minérales, eau… En accomplissant cette vie terrestre, l’esprit végétal se perfectionne. En même temps qu’il est mis dans les conditions lui permettant de se perfectionner (il « tire profit »), il contribue à l’apparition de l’esprit d’un niveau supérieur (sa « raison d’être ») et il donne profit à l’écosphère globale, matérielle et spirituelle.

Pourquoi en passer par là pour introduire le thème de cet article – premier d’une suite consacrée à l’altruisme ? C’est que l’altruisme procède pour lui d’une nécessité « organique » comparable à la photosynthèse. En effet, l’être humain est probablement l’être qui tire le plus profit de toutes les capacités de l’écosphère terrestre. Quel profit pourrait-t-il, devrait-il, donner en retour ? On pourrait dire : « qu’il commence par être moins nuisible ! »

La citation en exergue nous donne, en creux, une première définition de l’altruisme : l’altruisme consisterait à donner profit aux autres. L’autre, c’est avant tout l’autre humain, mais cela englobe toutes les créatures. Ce qui nous intéresse, dans cette première définition, c’est qu’elle inscrit l’altruisme comme une nécessité, au sens où le défaut d’altruisme (autrement dit, l’égoïsme) correspondrait à une situation de dérèglement de l’économie spirituelle du monde (un être tirerait profit sans donner profit), qui serait la projection d’un dérèglement intérieur de l’être concerné (la domination de la pulsion égoïste, qui correspond à l’état de soi impérieux).

Cette conception de l’altruisme nécessaire n’est pas neuve ; elle traverse pour ainsi dire toute la pensée éthique depuis l’antiquité. En simplifiant à l’extrême, l’altruisme a pu être vu comme

  • Une vertu à cultiver, à construire, qui permet à l’homme de réaliser pleinement son humanité (ou d’atteindre son salut).
  • Une forme de conditionnement utile au maintien des sociétés (auquel cas nous serions déterminés à être altruistes par nos gènes d’animaux sociaux).
  • À cette idée d’altruisme nécessaire a pu être opposée l’idée de l’acte altruiste par grâce, comme don gratuit ne répondant à aucune nécessité autre que l’impératif de l’amour.
  • Enfin, certains penseurs ont pu déconstruire l’altruisme comme une illusion imposée par les faibles aux forts, ou comme une sublimation de pulsions refoulées, ou encore comme une forme supérieurement hypocrite d’égoïsme.

L’originalité de la vision de l’altruisme selon Ostad Elahi tient, selon nous, à ce qu’elle envisage ces différents points de vue, et les transcendent, en s’intéressant aux conditions pratiques de réalisation de l’acte altruiste et à ses effets sur l’âme – en somme, « Comment ça marche, l’altruisme ? ». Il en découle une grande variété de situations altruistes et de formes d’altruisme, selon leurs conditions et leurs effets :

  • Les conditions concernent avant tout l’intimité de l’acteur, son état intérieur, ses motivations, l’ensemble des qualités humaines qu’il mobilise au service de l’acte altruiste. Elles concernent ensuite l’analyse des situations, des relations entre les individus : rapports de force, dettes morales, droits et devoirs en jeu…
  • De l’ensemble de ces conditions découle la qualité altruiste d’une action, qui détermine son impact plus ou moins positif sur l’acteur, c’est-à-dire contribue plus ou moins à la maturation de son âme, à son perfectionnement, à la captation de l’énergie divine – et, spécifiquement, à l’élaboration de la vertu d’altruisme en lui.

Pour conclure sur ce premier épisode de notre série sur l’altruisme, retenons ces deux idées clés :

  • L’altruisme, ce serait donner profit aux autres, à l’image de la plante réalisant la photosynthèse. Cette idée ouvre immédiatement la porte à de nombreuses pratiques : on peut à tout moment de la journée se poser la question : « comment pourrais-je donner profit à autrui ? » Cette seule question que l’on se pose sincèrement trouve une réponse intérieure avec toutes sortes d’opportunités d’altruisme qui s’offrent alors à nous. Qu’en pensez-vous ?
  • Selon les conditions d’accomplissement de son acte, l’altruiste en tire un bénéfice spirituel variable. En somme, donner profit à autrui pour en retirer un bénéfice spirituel pour soi-même – n’est-ce pas là un paradoxe ?

Notre prochain article portera sur l’analyse de la parabole du bon Samaritain. Au moins dans les aires occidentales, cette parabole fait pratiquement office de définition, d’archétype de l’altruisme, aujourd’hui encore. Il nous faudra donc caractériser ce point de référence et ses éventuelles ambivalences.


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46 commentaires

  1. camille le 22 Sep 2009 à 10:41 1

    Intéressant, cette approche presque ‘économique’ de l’altruisme. Au début, je me suis dit : quand même, mettre du profit dans l’altruisme et considérer les relations entre les humains en termes de rentabilité, c’est vraiment déplacé. L’altruisme, c’est donner sans rien attendre en retour, l’altruiste ne calcule pas ; « l’acte altruiste par grâce, comme don gratuit ne répondant à aucune nécessité autre que l’impératif de l’amour »: voilà, c’est ça. Altruiste, je le suis volontiers, spontanément… avec les gens que j’aime bien. Consacrer du temps et de l’attention aux autres : sans problème… quand mon programme me le permet. Je ne rends pas service pour qu’on me remercie… mais quand même, après ce que j’ai fait pour elle! Oui, bon, ça n’est pas simple du tout et je suis contente que cet article soit le premier d’une série qui va nous permettre d’y voir plus clair.

    Quelques remarques en vrac :
    – « Une forme de conditionnement utile au maintien des sociétés (auquel cas nous serions déterminés à être altruistes par nos gènes d’animaux sociaux) » me rappelle ce que j’ai cru comprendre en écoutant la conférence de Daniel Goleman (cf. rubrique « Lectures », à la fin de l’article sur l’intelligence émotionnelle) : les neurosciences nous apprennent que nous sommes naturellement (génétiquement) porteurs d’empathie vis à vis d’autrui. Donc, pourquoi ne le sommes-nous pas dans les faits ?
    – Commencer par voir tout « le profit que l’on tire » me paraît une attitude très saine pour entamer une réflexion sur comment « donner profit ». C’est vrai, pourquoi se plaindre toujours de ce qui ne va pas et oublier tout ce dont on bénéficie ?
    – Les conditions de l’acte altruiste me paraissent extrêmement difficiles à analyser et quant à évaluer la qualité altruiste d’un acte et son impact sur la personne, c’est carrément impossible, me semble-t-il. En revanche, l’image de la plante et de la photosynthèse me convient parfaitement et oui, je suis d’accord que se poser la question : « comment pourrais-je donner profit à autrui ? » offre toutes sortes d’opportunités d’altruisme. Et rien n’empêche de s’y mettre pour justement essayer petit à petit et en se trompant souvent, sûrement, d’y voir un peu plus clair sur les conditions évoquées plus haut.
    – « donner profit à autrui pour en retirer un bénéfice spirituel pour soi-même » : a priori, formulée ainsi, cette approche me gêne toujours, à cause du « pour » → un « et » me gênerait moins. Mais suis-je vraiment si désintéressée que ça ? J’ai eu mille fois l’occasion de me rendre compte que non. Et il s’agit ici d’économie et de profit « spirituels », à chacun de voir jusqu’où va son mercantilisme.
    – Cette approche se situe dans le système global présenté par Ostad Elahi que je trouve justement si passionnant : ce système où chaque être en particulier participe au mouvement global de perfectionnement de l’esprit dans son ensemble et où chaque acte, si insignifiant qu’il puisse sembler, prend une signification dans cet ensemble.

    Donc, merci d’avoir ouvert ce chapitre et vivement la suite !

  2. KLR le 24 Sep 2009 à 20:46 2

    Il est très en effet très difficile d’être altruiste, quelque fois on a l’intention de l’être et finalement on voit après coup que c’est très théorique.
    Il m’est arrivé à ce propos une petite expérience :
    J’ai mis sur mon site personnel internet, un document que j’avais fait, en ayant l’intention de le partager avec autrui. Ce document pouvant être télécharger.
    Récemment, quelqu’un m’a envoyé un message me donnant un lien sur you tube et me signifiant juste ces mots “en hommage”…
    Lorsque je suis allée sur le lien, j’ai vu cette personne qui, s’étant servie de mon document, avait enregistré une prestation sur you tube. Mon nom n’apparaissait pas sur le libellé de la prestation, et ma réaction a été immédiate. Cela ne m’a pas plu.
    En discutant avec un proche à qui j’expliquai que j’étais assez agacée par cette utilisation, celui-ci m’a dit juste une phrase qui m’a permis de remettre les pendules à l’heure, de changer totalement de point de vue, et de me souvenir de mon intention initiale. “Tu comprends la chose à l’envers, à chaque fois qu’une personne utilise ton document, toi tu en retires un bienfait”. Evidemment cela a non seulement calmé mon agacement, mais j’ai pu du coup répondre positivement à la personne qui m’avait envoyé ce fameux hommage. Mon intention de départ, je l’avais totalement oubliée…

  3. Andreu le 24 Sep 2009 à 21:26 3

    Merci beaucoup pour cet article qui à mon sens redéfinit l’altruisme comme l’un des moteurs et aliment fondamental du développement de soi. Certains pourront faire l’objection que faire de l’altruisme avec l’idée d’y gagner en perfectionnement intérieur, cela n’est plus vraiment de l’altruisme mais plutôt une forme de calcul et que cela nuit à la beauté du geste, à la vraie générosité, etc. Il me semble que ce serait là un faux problème, et que ce type d’objection pourrait bien faire le jeu de la part égoïste qui réside en l’homme. Si l’on part de l’idée qu’un acte altruiste allant dans le sens de donner profit, comme il est indiqué dans l’article, créé un évènement positif, aussi petit soit-il, dont la société bénéficiera et qui prendra sa part dans un enchaînement positif de causes et d’effets, alors certainement la question de la recherche de notre propre intérêt, fut-il spirituel ou éthique devient secondaire. Prenons un exemple banal de la vie quotidienne : vous êtes à la caisse du supermarché avec un caddy bourré à craquer, arrive derrière vous une personne visiblement très pressée avec seulement deux articles. Avec un grand sourire, vous lui proposez de passer avant vous, elle vous remercie, son stress diminue, son estime pour le genre humain se redresse un peu, elle sera certainement plus positive et avenante pour le reste de la journée, au travail ou en famille, elle sera plus encline elle-même à reproduire ce même genre d’actes, etc. En général, suite à ce genre de petits gestes, on éprouve une sorte de joie, de légèreté, de sentiment tout simple d’avoir bien fait. Le sentiment qu’on éprouve alors balaie tout esprit de calculs. Il me semble également que l’apport positif de l’acte dépasse de loin l’éventuel sentiment d’orgueil que nous pourrions retirer d’un tel acte.
    J’en profite pour m’associer à tous ceux qui ont remercié tous les collaborateurs de e-ostadelahi.fr pour cette première année d’existence. Bravo, surtout continuez !

  4. MKN le 25 Sep 2009 à 22:37 4

    KLR, merci pour ce témoignage. Je trouve que votre expérience illustre parfaitement bien l’analogie avec la photosynthèse de la plante : suis-je conscient de la plante qui a fabriqué la molécule d’oxygène qui rentre dans mes poumons et me permet de vivre? Sur le net, il y a des “choses” formidables qui rendent service aux gens, sans que l’on sache qui en est l’auteur. Je ne sais plus qui disait que le nec plus ultra serait de rendre service à autrui sans qu’autrui ne se rende compte qu’on lui a rendu service.

  5. Cogitons le 26 Sep 2009 à 21:33 5

    Il semble que l’expérience de KLR et la manière dont son agacement a été résolu n’ont pas grand-chose à voir avec l’altruisme et sa pierre angulaire qu’est le désintéressement. Si KLR se console de l’utilisation quelque peu abusive de son travail en se disant qu’il (ou elle) en retire un bienfait, ce n’est plus de l’altruisme, car quid du désintéressement? Et surtout, tire-t-il ou elle la bonne conclusion de sa mésaventure? Ne mélange-t-on pas deux chose? Ne s’agit-t-il pas plutôt d’un manquement à la défense de ses droits, en l’occurence, du droit d’auteur, même à but non-lucratif (se reporter à la page légale de ce site).
    @MKN: “le nec plus ultra serait de rendre service à autrui sans qu’autrui ne se rende compte qu’on lui a rendu service”.
    Ayez des enfants. Vous aurez le nec plus ultra à domicile pendant 20 ans 😉

  6. MKN le 27 Sep 2009 à 15:41 6

    Cogitons, pouvez vous developper le rapport entre rendre service et avoir des enfants.

  7. aldar le 27 Sep 2009 à 16:17 7

    @KLR / Cogitons : l’expérience de KLR me semble bien de l’ordre de l’altruisme, dans le sens de la définition donnée dans l’article : donner profit à autrui, quelle que soit la motivation.

    Ce qui est intéressant dans le cas de KLR c’est que c’est presque de l’altruisme a posteriori. En faisant le deuil de son droit d’auteur, KLR choisit a posteriori de donner profit à autrui.

    Dans le renoncement à son droit, c’est comme s’il ajustait son intention pour se rapprocher du désintéressement évoqué par Cogitons. Son acte altruiste y gagne en qualité : cela ne change rien pour la personne qui a tiré profit de son œuvre, mais cela change tout pour lui ; l’acte altruiste devient, en plus de l’effet positif sur l’autre, un levier de transformation de soi.

    Concernant les enfants : indubitablement, au moins dans la situation de parents “normaux” et dans le cas général, élever un enfant c’est “donner profit” à cet enfant et à la société. C’est donc bien un acte altruiste par essence. Le fait que cela réponde à une nécessité (s’il pleure en pleine nuit, on n’a pas vraiment le choix que de s’en occuper) n’enlève rien à ce caractère altruiste. Je suis assez d’accord avec l’idée qu’il s’agit d’une école d’altruisme idéale (en tous cas, c’est très vrai pour l’égoïste endurci que je suis, parent depuis quelques mois !).

  8. george le 28 Sep 2009 à 16:22 8

    “Élever un enfant est un acte altruiste par essence” : je serais d’accord si l’intention des parents étaient d’agir uniquement dans l’intérêt réel de l’enfant et/ou de la société. Mais l’expérience montre que c’est rarement le cas. On fait un enfant, puis on l’élève tant bien que mal dans le but de satisfaire avant tout son ego et son instinct de conservation. Conservation de ses gènes, de son système de valeur, désir de laisser quelque chose de soi après sa mort… Il n’y a là rien que de très naturel, et donc rien de “moralement” répréhensible. Je doute seulement que la difficulté à élever un enfant suffise à en faire un acte altruiste. Celui qui trime du matin au soir pour gagner sa vie et dans certains cas s’enrichir, renonce lui aussi à beaucoup de plaisirs égoïstes. Mais cela ne conduirait aucun d’entre nous à le qualifier d’altruiste, bien que ce faisant il se prive de pas mal de choses et se montre utile à ceux qui dépendent de lui et à la société…à moins bien évidemment qu’il ne le fasse que pour reverser un part importante de ses biens à ceux qui sont dans le besoin, et ceux en toute discrétion 🙂

  9. Cogitons le 28 Sep 2009 à 17:13 9

    Félicitations Aldar! Courage, et bienvenue dans le grand club des altruistes à vie (si l’on se donne la peine). Puisqu’un enfant, c’est tout de même un “autre”, et que la plupart du temps, les enfants ne se rendent absolument pas compte de ce que leurs parents font pour eux (nourrissons et ados pareillement).
    A propos de KLR, vous avez raison: l’on touche à la question du désintéressement. Il me semble que se dire “je vais tirer profit indirectement, même si mon nom n’apparaît pas” est une étape intermédiaire, mais qu’il ne faut pas s’arrêter là. C’est bien entendu beaucoup mieux que rien, le mieux étant l’ennemi du bien.
    Tout de même, il ne me parait pas très correct d’utiliser un auteur sans citer ses sources. Simple question de courtoisie et d’éthique. Prenons la phrase “droit d’auteur” dans son sens strict: le droit de l’auteur, c’est au minimum le devoir qu’a celui qui utilise son travail de citer ledit auteur. Difficile (mais d’autant plus méritoire) d’observer ce droit à l’époque d’Internet où l’on pense droit sans jamais penser devoir (piraterie anyone?). Y’a du pain sur la toile.

  10. Cogitons le 28 Sep 2009 à 17:25 10

    @George:
    Je suis en profond désaccord avec vous et vos généralisations quelque peu réductrices (ego, instinct de conservation). Quand on dit “l’expérience montre que” à propos de millions et de milliards d’individus, je pars en courant. Quelle expérience? Que savez-vous de l’expérience d’autrui?
    Bien élever un enfant au XXIè siècle dépasse, et de loin, le couple égo/instinct de conservation. C’est un sacerdoce. Je suis d’ailleurs pour la béatification immédiate de tous les parents responsables, aldar compris.

  11. aldar le 28 Sep 2009 à 19:59 11

    @Georges

    Si l’on suit la définition de l’article – “l’altruisme, ce serait de donner profit” – élever un enfant relève clairement de l’altruisme, fut-il plus ou moins, et peut-être plus que moins, intéressé. L’altruisme, même s’il est “intéressé”, permet toujours de “donner profit”, donc d’avoir un effet positif, de créer du lien social, etc. C’est toujours bon à prendre je pense, et cela ne disqualifie en rien l’acte comme égoïste. Quand même, il y a une différence entre celui qui fait des efforts qui donne profit à autrui (même si cela lui rend service à lui-même) et celui qui ne fait des efforts que pour son pur profit, voire même aux dépens d’autrui.

    Je suis d’accord avec vous que l’intention change la saveur de l’acte altruiste, mais cela n’enlève rien à sa nature altruiste en tant que tel. Et si l’on suit les idées de Bahram Elahi concernant l’effet de l’intention, cette qualité d’intention impacte directement l’effet de l’acte altruiste sur soi-même, sur son âme – plus l’acte est désintéressée, plus, comme le dit l’article, l’acte “contribue … à la maturation de son âme, à son perfectionnement, à la captation de l’énergie divine” .

  12. george le 29 Sep 2009 à 19:01 12

    @COGITONS : Élever correctement un enfant requiert des renoncements. Je suis 100% d’accord avec vous sur ce point…Donc compassion maximale envers tous les parents et bon courage à Aldar pour les trente prochaines années ! Mais de là à parler d’altruisme ! Pour en décider, il faudrait savoir pourquoi une personne choisit d’avoir des enfants (quand elle le fait par choix) et ce qui l’anime dans l’éducation de ses enfants. Pour ma part, je doute que ce soit toujours « l’amour désintéressé d’autrui » et soupçonne qu’il y ait dans ce dévouement pour ses enfants une part, bonne ou minime, c’est selon, de dévouement pour soi ! Je vous suggère la lecture suivante : http://books.google.fr/books?id=HMyXema8sxcC&pg=PA260&dq=“amour+parental”+désintéressé&ei=9-HBSpWYAZOwNr6vnfAD#v=onepage&q=%22amour%20parental%22%20d%C3%A9sint%C3%A9ress%C3%A9&f=false

    @Aldar : « L’altruisme, c’est donner profit », cette définition me semble trop large pour exprimer l’essence de l’altruisme. Quand je me lève à 6h pour rejoindre mon lieu de travail où je vais consacrer ma journée à « donner profit » à mon patron, à « donner profit » à l’entreprise dans laquelle je bosse et plus généralement à « donner profit » à la société dans laquelle je vis, je « donne profit », vous l’aurez compris, mais ce n’est pas de l’altruisme. Car je donne pour recevoir en échange un salaire. L’altruisme, ce pourrait être éventuellement « donner profit dans une certaine intention, celle de faire le bien de l’autre en s’efforçant autant que possible de ne rien attendre en échange pour soi-même de ce don ». Le désir d’avoir un enfant, le désir de l’élever au mieux ne me semble donc pas relever de l’altruisme. Quand ma femme a voulu notre premier enfant et que je lui ai demandé : « pourquoi un enfant ? On n’est pas bien tous les deux ? 🙂 », à sa réponse, je n’ai pas eu l’impression qu’elle était animée par le désir de donner profit aux autres. Non, elle voulait satisfaire un désir, c’est tout. Et quand j’ai dit « oui » à son désir d’enfant, je ne l’ai pas fait non plus pour donner profit à ma femme, à la société, à cet enfant à venir, je l’ai fait simplement par désir de garder ma femme 🙂 ! Et quand l’enfant est venu au monde et que je me suis vu me dévouer nuit et jour, enfin presque, à un petit être qui m’empêchait de dormir et accaparait ma femme, ce n’est pas non plus en pensant au profit que j’allais donner à autrui. Non, c’est parce que dès que je l’ai vu, j’ai senti au plus profond de moi-même naître un attachement profond pour MA chair et MON sang… Car je vous le garantis, ce que j’ai fait pour lui depuis, je n’aurais pas pu ne pas le faire, pas plus que je n’aurais pu le faire pour l’enfant d’un autre.

  13. Cogitons le 29 Sep 2009 à 22:02 13

    @george: Vous avez mis de l’eau dans votre vin, je m’en réjouis. Le rapport parent/enfant est quelques chose de complexe, qui peut varier en fonction de l’enfant, du parent, et des circonstances. Nous ne somme pas (ou plus tout à fait) des singes, et tout placer sur le mode de l’instinct, de l’égo et de la filiation charnelle me parait hyper-réducteur, même si, bien entendu, il y a une part de vérité dans tout cela. Pour finir, je vais détourner une maxime d’Ostad Elahi qui apparait souvent sur ce site, et sur laquelle nous serons peut-être d’accord, vous appelant cela de l’instinct (sans nier tout à fait la part d’altruisme?), moi de l’altruisme (sans nier la part d’instinct): “Avoir un enfant, comme c’est facile, mais élever un enfant, comme c’est difficile!”.

  14. MH le 05 Oct 2009 à 14:36 14

    En effet: je crois qu’il ne faut pas confondre l’instinct de conservation ou l’envie d’avoir des enfants, et ensuite, le GRAND TRAVAIL d’altruisme que représente leur éducation !

    Il est bien connu que l’amour maternel véritable est le plus pur de tous : j’en fais l’expérience tous les jours, et pourtant mes enfants sont adultes… (bon courage, mes amis !)

    C’est un sacerdoce… et on le fait avec plaisir ! Je dirais même qu’on reçoit une joie intérieure immense en récompense de ce ‘travail sur soi’…
    😉

  15. MH le 05 Oct 2009 à 14:52 15

    Quant à notre profession, notre métier, c’est un travail contre salaire : ce n’est donc pas de l’altruisme ! Même si dans la journée, nous pouvons faire preuve d’altruisme pour certains collègues… Mais là aussi, dans cette jungle, l’altruisme est rare !!!

  16. Anna le 05 Oct 2009 à 17:50 16

    Je viens de lire un dossier passionnant sur les neurones miroirs dans la revue Nouvelles Clés, et entre autre un article intitulé “pourquoi nos neurones ont vitalement besoin d’autrui pour exister”. Une des conclusions de l’article est de dire que “La plupart des chercheurs et praticiens qui travaillent actuellement sur ces questions aboutissent à la constatation que l’altruisme est un instinct. Pourquoi ? Schématiquement, parce que nous ressentons, en nous-mêmes, la souffrance de l’autre, et qu’en le secourant, nous cherchons fondamentalement à nous soulager nous-mêmes. (…) Le gros problème de notre époque, c’est que nous vivons dans des conditions où cet altruisme est sans arrêt bloqué, ou détourné. ”
    L’article souligne la nécessité du contact avec les autres, d’établir une relation directe avec eux pour développer (ou retrouver) cet altruisme. C’est une conception intéressante, j’ai pris beaucoup d’intérêt à la découvrir, ainsi que tout le dossier, et je voulais vous en faire part. Acte altruiste ?

  17. MKN le 05 Oct 2009 à 23:08 17

    Premièrement avoir un enfant c’est facile. Ce n’est donc pas un acte altruiste. Sinon il y aurait des milliards d’altruistes sur cette planète et par conséquence un tel article n’a aucun interêt.
    Deuxiemement elever un enfant c’est difficile n’est pas égal à élever un enfant c’est altruiste. Elever un enfant que l’on a eu est avant tout une obligation aussi bien légale que “morale” ou “éthique” ou autre : à chacun sa définition en fonction de son vécu. Mais cela reste une obligation. Imaginez une seconde un parent qui n'”éleve” pas son enfant : dira-t-on de lui qu’il n’est pas altruiste?
    Troisiemement la relation parent-enfant : au fond (au fin fond) qui tire réellement profil de l’autre?

  18. Cogitons le 07 Oct 2009 à 11:38 18

    Bon, maintenant que nous avons épuisé le sujet de l’altruisme parental, à chacun de tirer ses conclusions à partir de sa définition de l’altruisme, de son expérience, etc… et surtout, de faire de son mieux envers ses enfants (mon conseil: envoyez-les plus souvent possible chez leurs grands parents, et prenez du temps pour le couple 😉
    En relisant cet article, ce qui m’intéresse finalement le plus, c’est l’idée assez simple mais marquante que nous sommes “redevables”. J’aime cette idée. Je la trouve convaincante, motivante et positive, et c’est surtout un excellent antidote à ce que la notion d”altruisme” peut avoir de sirupeux, de potentiellement “enorgueillisant”, voire grandiloquant (avec toutes les tartufferies possibles à la clé).
    Mais se sentir redevable envers le monde en général, c’est loin d’être évident. Cela implique au minimum, une certaine lucidité, une baisse d’égocentrisme, un brin d’humilité, parfois une grande force de caractère (en cas d’adversité) et de manière général, un travail sur la gratitude.
    Mettez un peu de gratitude dans votre moteur, et vous aurez envie de “donner profit”… Voilà un angle d’attaque que je vais tenter d’utiliser.

  19. MIA le 08 Oct 2009 à 16:03 19

    En lisant tous les commentaires…est-il possible d’être d’accord avec globalement toutes les remarques qui s’inscrivent dans une lignée qu’on peut qualifier comme « l’altruisme, une matière étudiée à tout âge, à tout niveau »…. ? Ca dépend comment on les considère : il me semble que les différents commentaires montrent que c’est comme une matière qu’on enseignerait à l’école primaire puis au collège puis au lycée puis à l’université ; la même matière a plusieurs niveaux, plusieurs champs d’expériences. Chaque commentaire reflèterait un niveau qui lui correspond.

    Pour répondre aux multiples remarques sur l’altruisme et le fait d’avoir des enfants, quel étonnement … Un peu de narcissisme caché ? Un devoir envers un enfant serait-il altruiste ?
    Il est vrai que parler d’altruisme quand il s’agit d’enfants qui sont ta chair et ton sang peut sembler un amusement de l’esprit. Et si c’est le cas, cela restera un cas particulier de la matière ” l’altruisme”, encore que tout dépend de qui, quand, comment, pourquoi … puisque regardons autour de nous, le parent (en général) bénéficie d’une aide notable qui est « d’aller vers lui-même » quelque part, même un tout petit peu. Aller vers son sang, sa chair, son psychisme, son intérêt, ses goûts, ses envies… Par exemple, l’enfant n’est –il pas une réplique de nous-même ou du conjoint ? On a tellement de plaisir à aller dans notre sens ou dans le sens de quelqu’un qu’on aime…et l’inverse est vrai aussi : n’est-ce pas parfois douloureux et difficile quand les parents se séparent et que l’enfant ressemblant au parent/conjoint désormais détesté, il faille alors maintenir l’effort d’éducation et d’affection ?
    altruisme et responsabilité : à réfléchir!

  20. KLR le 08 Oct 2009 à 23:18 20

    Je reviens un peu tard dans le débat, je m’en excuse…
    je remercie Cogitons de sa sollicitude quant aux droits d’auteurs éventuels que j’aurais pu obtenir. En réalité lorsque j’ai mis ce document en téléchargement libre sur mon site, c’était “dans l’intention de donner du profit”. Mais je m’aperçois que l’intention est difficilement pure. Cette expérience m’a appris qu’en réalité je me suis trompée sur mon intention initiale, elle était mélangée. j’avais sans doute envie de me mettre en avant en mettant ce document à disposition (J’ai fait telle chose !) mais également de donner du profit car je savais que ce document intéressait d’autre personne. Ma réaction d’agacement était le baromètre de mon intention. Sans l’intervention de cet ami proche, je n’aurais pas pris conscience et je serais passée à côté d’un véritable acte altruiste. Maintenant je peux dire que cela me fait plaisir de savoir que cette personne utilise ce document…

  21. Cogitons le 09 Oct 2009 à 13:09 21

    Mia,
    je ne sais pas si l’on peut hiérarchiser les commentaires comme vous le faites: de la maternelle à l’universitaire. Que les avis soient partagés (sur ce sujet en partie théorique mais on le voit, très personnel), c’est tant mieux! Mais les placer sur une sorte d’échelle de la sagesse me pose problème. Mais peut-être vous ai-je mal compris.
    Pour ma part (et j’ai l’impression que c’est aussi votre avis), je conclus de ces débats qu’élever un enfant est un acte plus ou moins altruiste, ou même pas du tout, en fonction de la situation et de la perception de chacun.
    Pour l’un, par exemple, élever cet enfant du divorce (excellent exemple), ou cet enfant non désiré, ou encore, cet enfant charge trop lourde, en renonçant pour cela à tout un tas de choses, carrière, plaisirs, intérêts personnels, pourra être considéré comme un véritable acte altruiste. Car cet enfant est vraiment perçu comme un “autre”, et non comme une simple extension de soi. De mon point de vue, l’effort requis dans ce cas vaut tous les altruismes du monde.
    Pour l’autre, bien que plus ou moins difficile, le processus restera naturel, allant instinctivement de soi, “comment peut-il en être autrement”, et dans ce cas, sans doute le terme d’altruisme s’applique-t-il moins ou pas du tout.
    Je verrais bien un sage dire à deux pères ou mères de famille exprimant leur désir de travailler sur l’altruisme: toi, occupe toi de tes enfants, et toi, occupe toi d’orphelins… Supérieur? Inférieur? Non. Différents.

  22. MH le 10 Oct 2009 à 20:22 22

    Élever un enfant est certainement un acte d’altruisme, mais il nous est facilité par l’amour qu’on lui porte (même s’il s’agit d’un devoir !).
    Il faudrait donc qu’on arrive à aimer autrui ‘comme notre enfant’ (ou comme nous-même*!) pour être également altruiste avec autrui!!! (cf. Message du Christ : ‘aime ton prochain comme toi-même’).
    C’est donc là la clé : aimer l’autre, le considérer comme un autre soi-même, ou comme un frère…
    Non ?
    Et puisqu’on nous parle d’un instinct qui nous porterait vers l’autre (cf. Daniel Goleman – merci Camille !), alors : qu’est-ce qu’on attend pour être altruiste ?
    😉

  23. MIA le 11 Oct 2009 à 14:13 23

    @Frédéric Perrault « comment pourrais-je donner profit à autrui ? »
    Voici une histoire qui circule sur le net, exemple de vécu…

    Un homme âgé évoque avec sa femme, dans leur passé, un souvenir particulier. Lors de leur première rencontre, ils ont partagé du pain. C’est lui qui a coupé le pain, sans y penser, comme il faisait à son habitude : la croûte dure et craquante d’un côté, la mie souple et moelleuse de l’autre. Il a laissé le meilleur à sa (future) femme, qui l’a pris avec joie. Ils ont continué à partager ainsi le pain… « Et bien tu vois », dit l’homme, « pendant tout ce temps, ça m’a fait bien plaisir de manger le morceau que je détestais, rien que pour le plaisir de te voir profiter de mon morceau préféré ». Et la femme de sourire en pensant : « je comprends, c’était la même chose pour moi… »

  24. MKN le 12 Oct 2009 à 22:28 24

    MH
    Il y a une différence fondamentale entre aimer autrui et considérer un autre comme un autre soi même. Ces deux notions sont mêmes opposées (mais ce n’est que mon opinion).
    Dans l’altruisme (pour revenir au sujet), il n’ y a pas (nécessairement) de l’amour. Relisez le texte de l’article attentivement et vous verrez en quoi l’idée d’Ostad Elahi est différente de celle des anciens.

  25. nanou le 13 Oct 2009 à 15:48 25

    Merci à tous pour ce fil de discussion animé. Au sujet de la question des relations entre altruisme et être parent, le fait du jour porte à réfléchir : une femme de 39 ans réclame auprès de la justice de pouvoir récupérer le sperme de son mari décédé pour se faire inséminer. Je ne sais qu’en penser. Vos avis m’intéressent…

  26. KLR le 13 Oct 2009 à 21:32 26

    Je voulais donner un exemple à propos de l’acte d’élever des enfants que je trouve intéressant. Il me vient à l’esprit le cas d’une personne qui élève les enfants de son conjoint comme si c’était ses propres enfants. Pour moi c’est un cas majeur d’altruisme.
    Il y a, à l’heure actuelle beaucoup de famille recomposée, et il n’est pas toujours facile d’être au service, ou d’être tout simplement altruiste lorsqu’il ne s’agit pas de ses propres enfants…
    D’ailleurs je me demande toujours comment les parents vivent ces situations, certains semblent très sereins, et pour d’autres c’est une difficulté, une source de tension…

  27. MH le 15 Oct 2009 à 13:15 27

    Pour des personnes ‘de haut niveau spirituel’, l’amour d’autrui est évident… mais pour moi, pauvre quidam, c’est évident que j’aime moins les ‘étrangers’ que mes proches !!! L’altruisme envers les étrangers est donc plus difficile à réaliser que pour mes proches : donner à un pauvre dans la rue me demande plus d’efforts que donner à mes enfants, c’est indéniable…

    Dans le texte dont nous parlons, il y a justement une ‘qualité’ d’altruisme :
    “Les conditions concernent avant tout l’intimité de l’acteur, son état intérieur, ses motivations, l’ensemble des qualités humaines qu’il mobilise au service de l’acte altruiste. Elles concernent ensuite l’analyse des situations, des relations entre les individus : rapports de force, dettes morales, droits et devoirs en jeu…” (c’est évident q’en ce qui concerne nos enfants, il y a le rapport de ‘devoir’ qui entre en jeu ; d’où nos discussion ci-dessus…)
    “De l’ensemble de ces conditions découle la qualité altruiste d’une action, qui détermine son impact plus ou moins positif sur l’acteur, c’est-à-dire contribue plus ou moins à la maturation de son âme, à son perfectionnement, à la captation de l’énergie divine – et, spécifiquement, à l’élaboration de la vertu d’altruisme en lui.”

    Si, donc, l’effort est ce qu’il y a de plus important, le véritable altruisme, l’altruisme de ‘meilleure qualité’, qui ‘contribuera à l’élaboration de la vertu d’altruisme en soi’, consiste à donner profit à autrui… qui n’est pas un proche, voire même, un ‘autrui qu’on n’appréciera pas vraiment’ ?

  28. MKN le 18 Oct 2009 à 12:20 28

    MH, nous sommes d’accord. Il est dit intimité, état interieur, qualité humaine, etc.
    Ce qui me frappe dans tous les commentaires, c’est l’amalgame entre aimer autrui et altruisme. Ne peut-on pas être altruiste sans aimer autrui? D’ailleurs que veut dire aimer autrui?
    J’en suis arrivé à avoir honte de ne pas aimer autrui.

  29. joseph Locanda le 24 Oct 2009 à 8:30 29

    savoir recevoir pour savoir donner.
    Pour moi c’est la base de la pratique de l’altruisme. Celui qui ne comprend pas ce que lui apporte son environnement et combien il dépend avant tout des autres pour exister ne peut pas comprendre pourquoi il faut qu’il “rende” à sa manière une partie de ce que les autres lui ont donné. Cela nécessite de comprendre d’ou l’on vient, qui nous a construit, d’être à l’écoute des actes qui ne relèvent d’une relation contractuelle… Camille rappelait notre empathie génétique qui permet la l’humanité de ne pas n’être qu’un loup pour l’homme. Comment ne pas voir tout ce que nous recevons des autres. C’est une véritable pratique introductive à l’altruisme.
    Cette compréhension de cette relation entrante qui nous enrichit (au sens que nous tirons profit) doit nous conduire à une relation sortante de même ordre (dans le sens donner profit). la logique est ici contrecarrée par la pulsion de l’égoisme qui trouble le jeu et peut détourner le mouvement de balancier. Nous ne sommes pas déterminé et par conséquent l’acte altruiste doit provenir d’une intention, d’une volonté et se matérialiser par un acte. C’est ce cheminement vers l’altruisme qui est intéressant à analyser et à pratiquer. Savoir recevoir mériterait qu’on creuse cette notion car j’ai remarquer un corollaire implicite : ceux qui ne savent pas recevoir ne savent pas donner.

  30. Luce le 25 Oct 2009 à 9:56 30

    Merci Joseph Locanda pour ces réflexions. Elles m’ont aidées pour répondre à la question “comment donner profit à autrui ?”. On pourrait dire: Là où j’ai compris avoir reçu telle ou telle chose (matérielle ou spirituelle) , comment le rendre / le partager avec autrui ?
    plutôt que d’essayer de repérer des besoins chez autrui, qui peuvent induire des erreurs de jugement de notre part.
    D’autres interrogations :
    Ce n’est pas non plus, parce qu’on sait recevoir qu’on sait forcément donner.
    Ce n’est pas parce qu’on a pas reçu qu’on ne sait pas donner. Au contraire, parfois, le fait d’avoir conscience de ne pas avoir eu permet d’être encore plus empathique me semble-t-il ?

  31. danielle le 25 Oct 2009 à 12:39 31

    Je retrouve dans ce passage de « Le cœur pur » de Maxence Van der Meersch, une réflexion sur la générosité vraie qui m’a beaucoup touchée, l’expérience vient de celle qui reçoit. Nous sommes au début du XXème siècle, l’héroïne a 17 ans, privée de son travail par une grève imposée, elle se voit contrainte d’aller mendier pour sa famille dans les maisons de la ville, elle observe et analyse les différentes formes de générosité qu’elle reçoit jusqu’à distinguer une générosité différente. L’altruisme en action ? Cette charité là aura des conséquences positives pour le reste de sa vie…

    Quelques passages :
    « Je mendiais toute la journée. A toutes les maisons c’est ma sœur qui allait sonner. Après quoi, elle partait et me laissait seule avec Didi. Didi était trop jeune, il ne comprenait pas encore la honte. « ….(…)…… »
    Tout de même, une fois sur quinze, on me disait d’attendre l’on m’apportait du pain. « ….(…)…… »
    On se disait sans doute : « Si elle a faim, qu’elle mange du pain ! Et si elle espérait nous rouler, elle sera bien attrapée elle-même. »
    Une sorte de piège, au fond, qu’on me tendait «. (…)…… »
    Je ne sentais pas tout cela, je ne le devinais pas. J‘étais trop heureuse déjà qu’un geste de pitié m’adoucit l’affreuse amertume de devoir tendre la main. « ….(…)…… »

    Boulevard Descat, un midi, je sonnai à la porte d’une grande maison. C’est un homme de quarante à cinquante ans qui vint m’ouvrir. Il écoutât mon histoire, il réfléchit une seconde. Puis il me dit : Entrez
    Nous entrâmes tous les trois, à la queue leu leu, affreusement intimidés dans le couloir sombre. Au bout, il y avait une vaste véranda fraîche, ombrée de feuillages de vigne, où toute la famille achevait le repas de midi. Autour d’une table large, toute une bande d’enfants, six ou sept au moins, de deux à quatorze ans, la serviette nouée autour du cou se tenait sages. La mère les servait « ….(…)…… » Elle nous regarda, gênés et horriblement gauches avec nos sacs et nos souliers troués, en face de tous ces yeux qui se tournaient vers nous. Elle nous sourit, et son sourire nous mis un peu à l’aise. Elle nous demanda : « Est-ce que vous aimez les poires ? » Nous répondîmes oui. « Eh bien venez au jardin. » « ….(…)…… »

    Bénie soit-elle, celle qui m’a laissée ce souvenir là, elle et son mari, et tous ces enfants heureux que j’ai vu à table et dont pour une fois j’ai envié sans amertume le bonheur paisible. Elle n’a pas eu peur de nos poux, de notre crasse, de nos regards et de notre jalousie. Elle a tout racheté, elle a effacé en moi la rancœur d’avoir dû un jour à mendier. Pour l’avoir rencontrée, pour avoir connu cela, cette bonté, cette compassion, cette douceur, cette tendresse, toute ma misère en a été allégée. « ….(…)…… »
    Elle n’a jamais soupçonnée la richesse, la fécondité de sa charité. Elle m’a montré le spectacle d’une vie dans l’ordre, d’une vie à laquelle j’aspirai sans la croire possible. Elle me l’a montrée possible, réalisée. …/… Si je suis restée pure et droite, je le lui est dû pour une part. elle m’a sauvée de l’avilissement, de la déchéance. Elle m’a sauvée de la haine. Par elle m’a révolte s’est apaisée.

    – Maxence Van der Meersch – Les gens du Nord – Paris – 2007 – Omnibus –
    – p 999 à 1006

  32. MKN le 25 Oct 2009 à 15:07 32

    Doit-on être conscient et comprendre “tout” l’écosystème qui nous entoure pour qu’un acte devienne altruiste? Je ne sais pas.
    A partir de quand un acte positif pour autrui devient un acte altruiste?
    Voici comment je vois les choses.
    Trois situations :
    1 – Il existe une demande d’autrui “verbalisée”. Par exemple, si quelqu’un me demande de lui rendre service (bien sûr le service en question est tout à fait réaliste et faisable). Si je refuse, la personne repart véxéé et là j’ai peut être commis une faute (à condition que mon refus provienne par exemple de la paresse). Si j’accepte, on peut dire que j’ai empêché que la presonne ne soit véxée. J’ai accompli mon simple devoir. Cela ne change pas que cette personne ait un droit ou non sur moi : ce fait ne pourrait constituer qu’une condition atténuante mais en cas de refus la vexation existera.
    2 – Il n’y a pas de demande d’autrui, mais si je ne fais rein pour autrui, les conséquences peuvent être préjudiciables. Par exemple, les éboueurs nettoient tous les jours les rues : ils sont payés pour. Si je jette quelque chose par terre, suis-je responsable? Si je garde les déchets dans un sachet pour les jetter dans une poubelle plus tard, ais-je accompli un acte positif pour autrui? Autre exemple, je me propose de ramener quelqu’un chez lui en voiture alors qu’il allait rentrer en métro : je lui rend service sans qu’il m’ait demandé quoique ce soit. Est-ce de l’altruisme ? Dans ces cas, il y a quand même, quelque part, un devoir caché de rendre service à autrui, il suffit juste d’être vigilant.
    3 – Il n’y a aucune demande d’autrui ni de devoir envers quiconque. Par exemple, un enseignant qui va faire des heures supplémentaires pour que ces élèves puissent réussir. Cet enseignant préfère la réussite de ses élèves à son propre plaisir et se donne du mal (on admet qu’il ne fait des heures sup pour sa propre gloire). En réalité, le fait-il vraiement pour ses élèves? Ou bien il y a quelque chose en lui qui le pousse à le faire et il l’interpète dans sa conscience comme voulant le faire pour le bien de ses élèves.
    A mon sens, l’altruisme a quelque chose qui surpasse la nature de l’Homme, qui n’est pas issu d’une réflexion cartésienne. L’altruisme est fait pour autrui et peut même être préjudiciable pour la nature de la personne qui l’accompli.
    Mais tout ça pour dire que je ne sais toujours pas ce qu’est l’altruisme ni comment le cerner.

  33. siata le 25 Oct 2009 à 17:52 33

    @ Joseph Locanda, merci pour votre réflexion intéressante, je partage votre avis sur l’importance d’assimiler l’idée que l’on a reçu, et que l’on reçoit sans cesse de notre environnement. En revanche, je ne pense pas que l’on soit incapable de passer à l’action sur la pratique de l’altruisme dans le même temps. Je dirais que ce passage à l’action dans les meilleurs délais, même s’il n’est pas immédiatement optimum devrait même nous apporter des éléments de compréhension supplémentaires et nous permettre de faire des découvertes sur des bienfaits dont nous avons été les bénéficiaires.
    Pour moi, il s’agit d’agir envers autrui comme on on aurait aimé qu’autrui agisse envers nous-même, vouloir pour autrui ce que l’on veut pour soi-même. Autrement dit je me mets à la place de l’autre, dans les choses/situations simples de la vie, je vois ce que je peux faire. Je crois que s’il l’on essaie de garder cette idée à l’esprit, en veillant à ce que notre intention soit la plus dénuée possible de l’attente d’un résultat (cf article sur ce site “Le résultat de l’effort, c’est l’effort”), ou d’une quelconque recherche d’intérêt personnel, alors cela devrait porter ses fruits. Quant à se tromper sur la nature des besoins d’autrui, une intention pure devrait nous en préserver ? Et quand bien même … ne vaut-il pas mieux être à l’écoute des besoins d’autrui et agir au mieux en conséquence, quitte à se tromper une fois ou l’autre (ce qui je crois fait partie de tout apprentissage), et puis se dire qu’avec l’expérience notre discernement s’affinera, plutôt que de ne rien faire dans l’hypothèse ou l’erreur est possible ?

  34. joseph locanda le 25 Oct 2009 à 20:02 34

    Mon expérience m’a montré que les gens les plus généreux étaient toujours des gens qui savaient recevoir. Recevoir implique des qualités humaines certaines : avoir conscience de ce que l’on reçoit, ne pas considérer cela comme un du, savoir remercier (aussi bien Dieu si l’on est croyant que sa voisine qui serait l’auteur de l’acte), savoir accepter un acte généreux d’autrui… ce point mériterait d’être creuser car nous y trouverions matière à mieux comprendre l’altruisme. J’ai rendu un service hier à un ami qui pour moi n’était rien, ni effort, ni temps passé mais qui visiblement a une une véritable valeur positive pour lui. Il vient de passer m’apporter un cadeau pour me remercier. J’ai été réellement touché de son geste et géné car j’ai eu l’impression que son retour (se déplacer un dimanche soir et amener un cadeau qu’il est allé acheter spécialement) était démesuré par rapport à ce que j’avais eu l’impression de faire pour lui. Il m’a expliqué en quoi le service rendu avait permis de débloquer une situation bloquée et qu’il y avait eu des implications corollaires inattendues et positives pour lui. Cet ami est un caractère généreux, attentif aux autres, éthique dans son métier.
    A contrario, j’ai connu des personnes qui avaient la réputation d’être généreuses mais qui pour moi avaient une attitude calculatoire dans leur générosité et qui ne voulaient jamais recevoir des autres de peur de devoir leur rendre ou de dépendre des autres. Certaines personnes donnent avec l’espoir que leur générosité soit reconnue, d’autres agrémentent leur générosité de conditions…
    quand je parle de la corrélation entre recevoir et donner, je veux dire que les qualités qui conduisent à l’altruisme sont souvent les mêmes que celles de celui qui sait bien recevoir. C’est un aller retour permanent autour de qualités identiques qui créé une dynamique positive dont l’âme se nourrit dans les deux sens. Qui reçoit bien, donne en retour ; qui donne, reçoit en retour, souvent plus. La clé du dispositif est bien sûr l’intention : plus elle est pure, plus la corrélation sera dynamique. Plus l’intention sera mercantile, moins la dynamique sera efficace.

  35. MH le 25 Oct 2009 à 20:54 35

    @ Danielle
    Quelle belle histoire… qui me rappelle celle de Jean Valjean, dans les Misérables, qui a décidé de faire le bien, après la si généreuse action de Monseigneur Myriel : l’évêque a fait preuve d’un altruisme et d’une abnégation incroyables ; l’acte était si merveilleux qu’il a eu un effet bénéfique radical sur le bagnard qu’était Jean Valjean.
    Comme dans votre histoire : cette famille a fait preuve d’une telle rare générosité qu’elle a eu un effet ‘purifiant’ et décisif sur la jeune fille.

    J’imagine que le véritable altruisme est de pouvoir être capable d’aider autrui d’une façon considérable et sans rien attendre en retour…

    Nous sommes émerveillés par les actes de générosité de ces deux exemples altruistes car ils sont si naturels chez ces personnes !

    Quel travail, quels efforts me reste-t-il encore à faire pour arriver à leurs niveaux… mais quels beaux exemples, quels beaux modèles !
    🙂

  36. claude le 27 Oct 2009 à 9:46 36

    l’altruisme? une qualité humaine bien dangereuse en ce qui concerne les relations humaines! la manipulation n’est pas loin!

  37. Domido le 27 Oct 2009 à 22:42 37

    @ Claude Pour éviter la manipulation et rabattre son caquet à l’auto-suffisance : être altruiste, mais discrètement, sur la pointe des pieds, sans rien dire, en cachette … Haute voltige ! Quelqu’un a -t-il expérimenté quelque chose de ce genre? Merci !

  38. MKN le 28 Oct 2009 à 21:16 38

    La nature humaine est dangereuse (le mot est faible). Pas “ses qualités” (par définition). Le problème c’est d’en avoir. La manipulation est de faire croire aux gens qu’ils ont des qualités.

  39. siata le 28 Oct 2009 à 22:48 39

    @Claude. Vous l’avez dit : il s’agit d’une qualité avant tout, d’une qualité HUMAINE : pratiquer l’altruisme participe à honorer notre dimension d’êtres humains dans le vrai sens du terme. A mon humble avis, tant que l’on reste dans une mise en oeuvre équilibrée, il n’y a pas de “danger”. En effet, qui dit “altruisme” ne dis pas “naïveté”.
    Et puis, s’il arrivait qu’une fois ou l’autre on soit réellement manipulé, n’en aura-t-on pas moins retiré le fait d’avoir bien agi pour autrui ? Si le bénéficiaire de notre acte, nous a manipulé, c’est son tort, pas le nôtre. Nous en tirons simplement une leçon pour la prochaine fois ! Et puis bien souvent quand on se concentre sur un point particulier de travail sur soi, comme cela peut être le cas avec la pratique de l’altruisme, on est d’abord excessif, et petit à petit on rétabli l’équilibre en se rapprochant de la pratique juste, différente pour chacun d’entre nous. En ce qui me concerne, mon point de départ est proche du défaut majeur d’altruisme, je suis prête à être manipulée, histoire de me donner la première impulsion;-)

  40. danielle le 29 Oct 2009 à 11:45 40

    Claude
    Votre propos me surprend, « On parle de manipulation mentale lorsqu’un individu ou qu’un groupe d’individus exerce une tentative de prise de contrôle de l’esprit et du comportement d’une personne ou d’un groupe, en usant de techniques dites de persuasion ou de « suggestion mentale », en cherchant ou non à contourner les capacités critiques et/ou d’auto-critique de la personne, c’est-à-dire sa capacité à juger ou à refuser des informations ou des injonctions.
    Certaines formes de manipulations pourraient être altruistes, mais la notion de manipulation mentale est généralement négativement connotée, évoquant les manipulateurs aux comportements égoïstes ou malveillants. »
    Wikipédia – Manipulation mentale
    Toutes les qualités et vertus humaines peuvent dans ce cas être perçu une manipulation, générosité, sincérité, patience, courage, empathie, pudeur… Cela dépend de l’intention – bienveillante ou malveillante- de la personne envers l’autre.

  41. siata le 29 Oct 2009 à 18:01 41

    Je relis les derniers commentaires et je me demande si on a tous compris celui de Claude de la même manière, en ce qui concerne la manipulation …

  42. joseph locanda le 01 Nov 2009 à 12:53 42

    Claude a raison : l’altruisme est une qualité spécifiquement humaine. Et la manipulation peut être proche ou du moins tentante. Certaines courants religieux ou spiritualistes l’utilisent bien comme pratique doctrinaire en s’appuyant sur la dimension positive de l’altruisme et en détournant ses caractères individuel et sincère. L’altruisme est l’affaire des individus et se comprend à l’aune de l’expérimentation. Chacun d’entre nous aime plus ou moins son prochain et aime à rendre service. Qui peut affirmer que dans sa nature il ne ressent aucun besoin ni envie de s’intéresser aux autres ? le besoin de reconnaissance et d’existence nous poussent à nous intéresser aux autres ne serait-ce que par intérêt bien compris. La difficulté réside, en s’appuyant sur ce penchant naturel mais social, dans la démarche de purifier notre intention. Mais il est clair que certains utilisent l’altruisme des autres à leur profit, ce qui peut être assimilé à de la manipulation.

  43. siata le 02 Nov 2009 à 21:15 43

    @joseph locanda, merci pour ce commentaire. Donc si j’ai compris, deux sortes de manipulation : celle que nous menons nous-même, liée à un problème d’intention, en étant altruiste par intérêt (que ce soit volontaire ou inconscient), et puis celle venant des autres, qui profitent de notre bonne volonté, éventuellement empreinte de naïveté. A bon manipulateur, salut ;-).

  44. MIA le 03 Nov 2009 à 5:42 44

    @Danielle 31
    Merci pour ces extraits de Maxence Van der Meersch – Les gens du Nord, Danielle, je suis très touchée par cette expérience d’une vie. Ecriture qui secoue clairement les objectifs qu’on se donne, on voudrait bien aider les autres sans qu’ils ne puissent avoir honte … Qui n’a jamais ressenti la honte ? On ne souhaite à personne ce sentiment. Nourrir un mendiant, C’est clairement une expérience d’altruisme. Une très belle scène pour
    des « sentiments » qui obligent à l’action car notre cœur est touché.
    En plus… Elle répond par ailleurs à une question de fond : quand on aide quelqu’un, comment faire pour que la haine ne se déclenche pas ? Pour que la jalousie soit évitée ? « j’ai envié sans amertume le bonheur paisible. »
    Il est clair que l’altruisme dans sa forme la plus idéale ne devrait laisser que du positif, sur le cœur des personnes aidées ?… Bien sûr on peut aider les autres sans se poser de question : …
    En fait parfois les questions nous rattrappent ? Aider quelqu’un qui est mécontent ensuite, qui nous en veut, qui nous le reproche, qui souhaite qu’on ne l’aide pas. Comment trouver la bonne dose de bon sens… pour faire ce qui est juste et adapté.

  45. Radegonde le 11 Nov 2009 à 19:16 45

    Aider autrui c’est aussi le voir dans un moment de “faiblesse”, un moment où il est à “nu”.Et dans notre société l’on peut perdre un ami qui ne supporte pas d’avoir été connu dans une telle situation.
    Cela dit , il faut continuer à aider autour de soi, mais c’est aussi un risque “à prendre” dans tous les sens du terme.
    celui de la rencontre, de la “fraternité” et celui de ” l’ingratitude”, du sentiment d’infériorité…

  46. Patrice le 15 Feb 2016 à 18:19 46

    Merci

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