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Les devoirs de l’homme

Par , le 26 Oct. 2008, dans la catégorie Conférences - Imprimer ce document Imprimer - English version

Droits et devoirs : voilà deux notions qui paraissent en dehors de la modernité, au moins pour la seconde. Pour ce qui est des droits, on pense immédiatement aux droits de l’homme, et plus récemment à toute une série de droits dits « opposables » et qui font débat. Des devoirs on ne dit rien, ou presque rien, le mot répugne par son caractère contraignant, contrariant notre goût pour la liberté ; et on préfère l’évoquer indirectement à travers des notions comme la déontologie, la citoyenneté, l’éco-responsabilité ou la responsabilité juridique, etc.

La conférence Les devoirs de l’homme aborde les notions de droits et de devoirs sous l’angle existentiel, comme un retour aux sources même du droit. Par création, toute être, humain ou autre, dispose du droit de retourner à son origine, la source divine, selon un cheminement qu’Ostad Elahi appelle le perfectionnement. Mais pour obtenir ce droit, l’être humain doit accomplir un certain nombre de devoirs…

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27 commentaires

  1. Camille le 27 Oct 2008 à 19:24 1

    C’est vrai que le terme « devoir » n’a pas bonne presse et qu’on préfère utiliser des mots plus ou moins compliqués ou branchés pour le remplacer. Il n’y a pourtant pas besoin de réfléchir des heures pour se rendre compte que la notion de « devoir » est intimement liée à celle de « droit », que parfois elles semblent se confondre (est-ce que voter est un droit ou un devoir ?), que l’une ne va pas sans l’autre et que pour obtenir un droit, il y a un devoir à remplir. J’ai le droit de profiter des services publics de mon pays, si je m’acquitte de mes devoirs de citoyen. Si j’ai mon bac, j’ai droit à une éducation supérieure, mais vais-je vraiment pouvoir bénéficier de cette éducation si je ne m’impose pas le devoir de travailler les cours ? Je ne vois pas non plus comment je pourrais exiger des autres le respect si je ne m’impose pas à moi le devoir de les respecter.
    A priori, prendre conscience de tous ces devoirs à accomplir pourrait être décourageant ; mais le fait de considérer notre existence sous cet angle a le mérite de lui donner une raison d’être et une direction, ainsi qu’un moyen de la structurer. Les éléments d’analyse que vous donnez sont très précieux (les différents types de devoir, leurs liens entre eux, etc.) et même si l’on se dit que la route est longue et que les occasions de se tromper sont nombreuses, on a envie de se lancer. De même, si l’on peut être déçu dans un premier temps qu’il n’y ait pas de guide pratique où trouver une recette toute faite, on se rend vite compte que c’est bien mieux ainsi, que c’est bien à chacun de chercher sa propre solution en fonction des éléments qui le concernent en propre et que cela évite les risques de s’en remettre au jugement de quelqu’un d’autre ou de mettre quelque chose en pratique sans comprendre.

  2. Ali le 27 Oct 2008 à 23:05 2

    Bravo pour cette conférence !

    J’ai eu récemment une conversation avec une amie au sujet des devoirs envers autrui.
    Nous avions le débat suivant :
    Pour elle, aider les autres va au-delà du simple respect du droit d’autrui au quotidien. Il s’agirait plutôt de réussir à consacrer du temps (et éventuellement de l’argent) à ceux qui en ont vraiment besoin, en faisant par exemple de l’humanitaire ou en s’impliquant dans certaines associations sociales.
    Même si je n’étais pas en désaccord avec elle, je lui faisais remarquer que nos vies actives ne nous permettaient pas forcément de nous impliquer dans l’humanitaire et qu’il serait déjà bien de s’assurer que l’on respecte réellement les droits d’autrui dans nos actes du quotidien.

    Finalement, nous n’avons pas vraiment réussi à nous mettre d’accord…

    Je me demande si quelqu’un a une idée à ce sujet :
    Peut-on considérer que faire de l’humanitaire a plus de valeur que d’aider une personne de notre entourage au quotidien? Peut-être ne faut-il pas comparer ces deux notions?

  3. Camille le 28 Oct 2008 à 11:41 3

    @Ali
    Je trouve que c’est très noble et généreux de vouloir consacrer du temps et de l’argent à ceux qui en ont vraiment besoin, mais ces derniers temps, j’ai découvert (avec effarement) à quel point il y avait parmi mes très proches des gens qui avaient vraiment besoin qu’on leur consacre au moins du temps. En gros, ceux qui ont vraiment besoin ne sont pas forcément loin de nous et il est très utile de se mettre à l’écoute de notre entourage afin de déceler ces besoins, d’autant plus qu’ils ne sont pas forcément perceptibles immédiatement. J’ai en mémoire l’expérience de quelqu’un qui avait passé du temps à discuter avec un sans abris parce qu’il considérait que c’était son devoir d’être humain de lui apporter un peu de chaleur et il s’est rendu compte en rentrant chez lui que son épouse avait eu besoin de lui à la maison et qu’il aurait fallu s’occuper des devoirs de son fils. Où sont les priorités ? La question est là et ce n’est pas simple. C’est tout le sens de la perche de l’équilibriste, avec des ajustements permanents, en plus…

  4. George le 28 Oct 2008 à 18:30 4

    @ Camille :
    Avoir l’occasion de parler à un sans-abri et de lui apporter un soulagement ne se présente pas tous les quatre matins, alors qu’aider sa femme pour faire faire les devoirs des enfants est quelque chose que l’on peut faire tous les autres jours. Je me demande si le monsieur dont vous parlez a autant de scrupules à rentrer tard à la maison quand il le fait pour des raisons autres que celle d’aider un sans-abri, comme par exemple quand il traîne au boulot avec des collègues ou pour surfer tranquillement sur le net 🙂
    Nous avons souvent un drôle de conception de l’équilibre. Certes, il est bien d’aider ses proches. Mais cela doit-il nous conduire à tout sacrifier pour eux ?

  5. Han le 28 Oct 2008 à 18:42 5

    Pourquoi faudrait-il opposer faire de l’humanitaire et aider une personne de notre entourage au quotidien? Je ne vois pas où est le problème. Chacun agit en fonction de ses possibilités et des opportunités.
    Evidemment, si tout le monde aidait son entourage, il n’y aurait plus besoin d’humanitaire, mais comme ce n’est pas le cas, il faut bien que des personnes s’occupent de ceux dont l’entourage ne s’occupe pas, et je pense notamment aux personnes âgées (faire de l’humanitaire n’implique pas forcément de prendre l’avion).

  6. DAC le 28 Oct 2008 à 21:32 6

    George : La rareté de l’occasion d’accomplir un acte éthique n’augmente en rien sa valeur morale ; je dirais même que le fait d’accomplir tous les jours un devoir qui vous est pénible a probablement plus de mérite … Dans la situation décrite, il me semble évident que la priorité pour cet homme est de remplir ses devoirs de mari et de père au lieu d’aller soulager la solitude humaine ! Je dis bien dans la situation telle qu’elle est présentée : s’il s’agissait d’emmener quelqu’un à l’hôpital, d’aider un enfant qui serait perdu, ou tout autre cas d’urgence, bien sûr la priorité serait différente.

  7. leyli le 28 Oct 2008 à 22:59 7

    Souvent j’étais très motivée pour faire une grande action, par exemple aller aider les sans-abris et très souvent je me suis démotivé en me disant que c’est plus important d’aider mon entourages.
    La question pour moi n’est pas de savoir le quel est plus important. Je veux savoir selon quel programme on peut aider les autres ? Peut être qu’en bien s’organisant on peut non seulement aider son entourage mais aussi s’occuper des personne plus loin (ex : les sans-abris). Est ce qu’il faut avoir un programme ou il faut attendre que l’occasion se présente ? Et si l’occasion pour une action humanitaire ne se présente pas il faut donc le prévoir pour pouvoir l’accomplir?
    Si je n’ai pas un programme précis je deviens très passive envers les autres.

    Merci beaucoup pour cette conférence très intéressante et très concrète.

    1. rosa le 12 Sep 2016 à 17:18 7.1

      J’ai trouvé des pistes pratiques dans cet entretien avec Bahram Elahi:
      https://www.e-ostadelahi.fr/eoe-fr/l-altruisme-entretien-avec-bahram-elahi/

  8. Ali le 29 Oct 2008 à 0:50 8

    @Han :
    L’objet de notre désaccord portait sur le fait que cette amie considère comme préférable de se fixer un objectif “ambitieux” lorsqu’il s’agit d’être altruiste.
    Ainsi, pour elle, être respectueux de son entourage est certes nécessaire mais n’est que “la moindre des choses” pour quelqu’un qui se veut éthique…du coup elle avait tendance à considérer un engagement de type humanitaire comme plus ambitieux (…à l’image de notre société qui valorise plus les actes visibles plus que les petits actes du quotidien ).

    Ce débat pose, à mon avis, la question de la valeur de nos actes : un petit acte (en apparence) est-il moins important qu’un acte visible et qui marque les esprits ? Contribuent-ils de la même manière à notre équilibre spirituel ? Y-a-t’il des facteurs additionnels à prendre en compte (telle que l’intention) pour juger de la valeur d’un acte?

  9. George le 29 Oct 2008 à 17:01 9

    @DAC :
    “Dans la situation décrite, il me semble évident que la priorité pour cet homme est de remplir ses devoirs de mari et de père au lieu d’aller soulager la solitude humaine !”.
    Ah bon ? Et en quoi est-ce une évidence ? Désolé, mais je ne vois pas du tout en quoi le fait de consacrer du temps, UN SOIR, à discuter avec un sans-abri empêche de remplir ses devoirs de mari et de père.
    Le devoir du père n’est-il pas également d’apprendre à ses enfants à être plus autonomes et à accepter que celui-ci puisse UN SOIR rentrer un peu plus tard à la maison pour “soulager la solitude humaine” ? J’aurais plutôt tendance à penser que le père a donné ici une grande leçon de vie à ses enfants : il leur aura montré que parfois, il y a des choses plus importantes que leur petite personne !

  10. Han le 29 Oct 2008 à 18:42 10

    @ Ali
    Je comprends mieux le débat, mais il me semble toujours qu’il n’y pas de désaccord sur le fond. Tout dépend en fait de l’angle et de la personne.

    Il y a tout d’abord un niveau social et un niveau individuel. Au niveau social, on peut sans doute considérer que la priorité est de s’occuper des personnes qui sont le plus dans le besoin. Au niveau individuel, tout dépend des possibilités de chaque personne et des occasions qui se présentent à elle, ou qui sont à sa portée, d’être utile, d’être altruiste. Cela me semble un peu “comptable de calculer la valeur de chaque acte.

    Ensuite, si l’on se place dans une perspective spirituelle, là encore, l’aspect comptable ne devrait pas rentrer en compte, ce qui devrait rentrer en compte, c’est le désintéressement dans l’acte d’aider ou d’être un soutien, que ce soit pour son entourage ou dans un engagement humanitaire. Donc, par rapport à ta question, ce ne serait pas la valeur extérieure de l’action qui entre en jeu, mais mon état intérieur : désintéressé ou intéressé (reconnaissance des autres, admiration, etc.), et ce travail intérieur de désintéressement peut se faire dans tous les cas de figures.

    Quoi qu’il en soit, je trouve difficile d’énoncer une règle générale. La situation d’un parent élevant seul ses enfants avec un travail à plein temps ne peut être la même qu’un retraité célibataire dont les enfants ou les proches sont totalement autonomes. Et donc je reviens à mon point de départ : tout dépend de ce que l’on veut et de ce que l’on peut (cf aussi le post de Zarian qui ouvre un débat intéressant sur le fait de se donner les moyens).

  11. DAC le 29 Oct 2008 à 19:39 11

    George : Excuse-moi mais le père en question doit sourire en réalisant qu’il « a donné une grande leçon de vie » à son fils en discutant avec un SDF au lieu de venir l’aider à faire ses devoirs ! Le père lui-même s’est « rendu compte qu’il aurait fallu s’occuper des devoirs de son fils », et c’est à partir de cette claire prise de conscience du père que j’en déduis que la priorité pour cet homme est de remplir ses devoirs de mari et de père au lieu d’aller soulager la solitude humaine. Cet homme est de bonne foi, ce qui n’est pas le cas de tous ; après cette tentative de soulager la misère du monde, je ne doute pas qu’il ait compris quelles étaient les vraies priorités !

  12. Camille le 30 Oct 2008 à 12:14 12

    @Leyli
    « La question pour moi n’est pas de savoir le quel est plus important » : peut-être que si, quand même, sauf si on arrive effectivement à tout faire, mais comme le temps n’est pas élastique, on est amené à faire des choix et donc à repérer les priorités. Ce qui n’empêche pas d’être à l’écoute de tout le monde en permanence (dans l’idéal !) et de se faire des programmes pour aider les moins proches en plus, si on y arrive. Une clé serait peut-être d’analyser ses motivations quand on veut faire quelque chose pour aider les autres : est-ce que je veux faire ça vraiment pas pur élan de générosité, d’altruisme, … ou bien est-ce que j’en retire une petite satisfaction qui fait du bien à mon ego (qui est légitime aussi, peut-être, mais qu’il faut mettre dans la balance) ? Il est souvent bien plus difficile et « ingrat » de faire simplement ce qu’on a à faire vis-à-vis de nos proches que d’aller faire « une grande action » (d’ailleurs, c’est quoi, « grande » ?) Est-ce que cette difficulté-là est à compter comme indice de priorité, c’est à chacun de voir. En tout cas, c’est là que le terme de « devoir » me semble très utile, parce qu’il est neutre et qu’il nous oblige à faire un peu le ménage dans nos intentions. Il faut se rappeler aussi que le choix qui nous semble judicieux un jour ne sera pas forcément le même le lendemain (cf. les « ajustements permanents » de la conférence).

  13. Ali le 01 Nov 2008 à 14:33 13

    En fait, il me semble que ce débat pose le problème suivant: la société ne nous incite-t-elle pas à établir une échelle de valeur des actes éthiques? Je m’explique…
    En société (au travail notamment), il devient utile d’être éthique et respectueux envers les autres pour progresser. D’ailleurs on voit de plus en plus apparaître des directives internes dans les entreprises incitant les employés à adopter un comportement éthique à l’égard de leurs collègues.
    A côté de cela et dans un autre registre, la société à tendance à banaliser certains comportements anti-éthiques, comme par exemple, l’infidélité…
    En somme, nous adoptons tous une éthique de “façade” en société…et la question est finalement de savoir si nous continuons à être éthique une fois sortie de notre lieu de travail?
    Je force volontairement le trait mais il me semble que la société a tendance à “banaliser” les actes éthiques du quotidien et à nous habituer à une éthique faconnée par les hommes. C’est sans doute une des raisons pour laquelle il y a une tendance à valoriser l’humanitaire…parce que nous sommes finalement tous à peu près “éthiques”.

  14. Radegonde le 01 Nov 2008 à 17:54 14

    je suis très impressionnée par la réponse de Camille.
    J’ai le privilège de travailler avec les personnes qui souffrent (handicap, exclusion, vieillesse malade..)Bien que ce soit mon métier, j’en retire parfois une grande satisfaction qui rengorge mon”moi”, mais le plus souvent une immense fatigue. Ma grande difficulté est de rester disponible pour ma famille, ce qui m’est souvent reproché.C’est ainsi que j’ai raté des sorties d’école, en laissant mon fils sur le trottoirà 6H du soir, parce que j’étais trop prise par mon travail envers les autres.
    Il est difficile de respecter le Droit des autres. et les autres sont aussi ceux qui vivent avec soi.

  15. Marco le 02 Nov 2008 à 20:26 15

    Je n’ai pas pu visionner la conférence avec mon PC, je ne dois pas avoir le bon logiciel. Quant aux commentaires…j’avoue que j’ai eu du mal à les lire car selon moi, le problème n’est pas vraiment dans la question débattue. Est ce que tel acte (dit humanitaire) a plus de valeur que d’aider son enfant ? Je ne vois pas l’intérêt de mettre une hiérarchie dans les actes altruistes. Et surtout, je me demande bien qui , et selon quels critères, pourrait décréter la valeur d’un acte altruiste ?
    Ce qui est intéressant, c’est l’essence de l’altruisme et je ne vois pas trop l’intérêt de ce débat stérile et factice. Et puis on ne décide pas du jour au lendemain d’être Mère Theresa, l’abbé Pierre, Marie de Hennezel ou un bon père de famille…C’est le produit d’une histoire. De plus, on n’a pas tous les mêmes capacités. En matière d’altruisme, on fait ce qu’on peut, selon ses moyens, sa sensibilité, son tempérament, ses propres problèmes à surmonter, ses difficultés.
    On aide d’autant mieux que l’aide apporter est en harmonie avec sa propre sensibilité. Mon père était très bricoleur, il rendait beaucoup de service dans ce domaine chez ses amis. Ma mère à sa retraite faisait du soutien scolaire en français et anglais dans un collège de ZEP. Je ne me suis jamais demandé lequel des deux actes était le meilleur sachant que les rôles n’auraient de toute manière pas pu être inversés.
    Ils étaient matériellement tous les deux désintéressés mais en même temps ils trouvaient tous les deux leur compte en réalisant ces actes qui leur procuraient une forme d’épanouissement, une vie social, une forme de reconnaissance, le sentiment d’être utile, une chaleur humaine. Donc il y avait une forme d’intérêt. Et alors ! : Ou est le problème puisqu’ils ne demandaient rien en retour. En tout état de cause, ils n’avaient aucun intérêt spirituel car leurs pensées et leurs actes ne s’inscrivaient pas du tout dans une démarche spirituelle.

  16. MIA le 05 Nov 2008 à 7:53 16

    Intéressant l’idée que le corps est un autrui… afin de le prendre en considération à sa juste valeur.
    Excellente Conf, merci

  17. KLR le 05 Nov 2008 à 19:54 17

    “Le devoir envers l’âme est centrale puisque c’est à son accomplissement que contribuent tous nos autres devoirs”. Il me semble très intéressant d’envisager au quotidien nos différents devoirs, et en particulier ceux envers autrui, comme étant utiles à notre âme. Cela permet de changer la vision que l’on a des actes que l’on accomplit, et de quitter la perspective matérielle immédiate pour une perspective plus globale. J’ai eu récemment une discussion intérieure à ce sujet : je partageais mes connaissances en matière d’art avec une collègue en détresse morale. J’étais au départ très contente de pouvoir la soulager. Puis le fait de passer du temps régulièrement et de façon gratuite avec elle, a suscité en moi des plaintes “Je perds mon temps, cela n’est pas utile, en attendant je n’avance pas dans mon travail…” J’ai rebondi sur cette notion d’utilité mais dans la perspective du perfectionnement de l’âme et cela m’a permis de changer d’état d’esprit et de continuer d’aider cette personne de façon sereine.

  18. KLR le 09 Nov 2008 à 20:14 18

    A propos du respect des droits des autres, je me pose une question : est-ce que le fait d’éviter de transgresser les droits des autres ne nous rend pas individualistes et égoïstes ?
    Je m’explique : évidemment un des moyens d’éviter de transgresser ces droits est celui de ne pas s’engager dans les relations avec les autres. Or, on remarque déjà que dans notre société très individualiste, nous avons tendance à agir de la sorte. Par exemple : une personne est en difficulté avec la garde de son enfant, mais elle préfèrera ne pas demander à sa voisine de le garder, et ainsi n’aura pas à rendre la pareille…
    Vous me direz que cette frilosité dans les relations à autrui est certainement d’avantage liée à l’égoïsme et l’individualisme qu’au souci de ne pas transgresser les droits d’autrui.
    Pourtant, pour celui qui essaye d’accomplir les devoirs envers autrui, il me semble que le souci du respect des droits d’autrui n’amène pas naturellement vers l’altruisme.
    J’aimerai beaucoup avoir des avis sur ce point…

  19. juliette le 10 Nov 2008 à 16:59 19

    La sensation que j’ai, lorsque je lis toutes ces réflexions “réfléchies”, ces multiples pensées constructives, ces expériences de mises en pratiques désirées, cette sensation ressentie, donc, est proche de l’allégresse ! Certains diront que “devoir” et “allégresse” sont antinomiques. Eh bien non ! Quelle joie de voir que le mot “devoir” a acquis sa vraie lettre de noblesse, s’est dépouillé de sa raideur et de sa contrainte, qu’il est employé avec une profondeur et une évidence de bon aloi, qu’il à trouvé un sens clair et qu’il est mis en lumière avec une légèreté réconfortante. Car au fond, quoiqu’on en dise, quand on a rempli ses devoirs avec du coeur et une bonne connaisance de la raison de le faire, aprés avoir pris conscience du sentiment de justesse que prône l’auteur, on a le coeur léger et le cerveau calme ! On trouve parfois dans les écrits et les actes des chercheurs en pensées et en actions, ces superbes joyaux de vérités qui vous mettent l’âme et le coeur en joie. C’est mon cas et merci à l’auteur.

  20. Marco le 19 Nov 2008 à 19:52 20

    Merci pour cette conférence très intéressante qui suscite des questions.

    En quoi est-il problématique, de faire du « divertissement et du plaisir, l’unique but de sa vie » pour peu qu’ils soient légitimes et qu’ils ne transgressent pas les droits et les devoirs fondamentaux ?

    Est-ce que le divertissement et le plaisir : LE BONHEUR, n’est pas une quête universelle, y compris pour ceux qui pratiquent une démarche de perfectionnement ?

    La recherche de la perfection, considérée comme devoir, peut aussi être vue comme un divertissement et une recherche d’un plaisir toujours plus grand ou d’un plaisir futur. C’est d’ailleurs ainsi que l’état de perfection ultime est présenté dans la conférence.

    Notre capacité à différer un plaisir, peut être interprétée comme un devoir, mais elle est souvent, dans les faits, motivée par l’espérance d’un plaisir futur plus grand.
    Un exemple parmi d’autres : on accepte le sacrifice de faire des études difficiles et ingrates, de renoncer à des plaisirs immédiats car on a le désir d’accéder à un état futur qui procurera un plaisir durable (métier intéressant, peu pénible, très rémunérateur…).

    Merci de me donner votre avis.

  21. mike le 10 Jun 2011 à 23:30 21

    super! quelle clarté, quelle limpidité, quelle universalité!
    à diffuser largement…

  22. mike le 10 Jun 2011 à 23:41 22

    @marco
    1/ parce que plaisir et divertissement peuvent devenir des habitus qui nous font perdre la notion de devoir envers les autres instances (l’âme, les autres, le créateur); c’est une question d’intention et d’équilibre
    2/ tout dépend de la définition de Bonheur : le B absolu est un état de plénitude indépendant des 5 sens qui restent limités dans leur perception et durabilité
    3/il faut bien une carotte pour faire avancer l’âne: l’exemple que vous donné est un état qui permet justement de trouver un équilibre de vie et d’avoir plus facilement la tête à l’accomplissement des autres devoirs (si vous n’avez plus à trimer pour gagner le pain quotidien)

  23. Ms le 12 Jun 2011 à 5:04 23

    @KLR: je pense qu’il faut tenter de trouver le juste équilibre dans tout ce que nous entreprenons …

    Pour revenir à ce que vous dites, si j’ai bien compris: d’un côté, éviter de transgresser les droits des autres pourraient nous rendre individualistes (on a donc tendance à ne pas aller vers les autres) et, de l’autre, l’idée de l’altruisme à savoir l’opposé même de cette forme d’individualisme … J’ai le sentiment que vous employez les deux extrêmes possibles en la matière dans votre raisonnement et, qu’en ce sens, la contradiction logique qui en découle amène à un conflit qui pose, de fait, un problème de compréhension, de logique …

    J’en reviens donc à cette argument du juste milieu. C’est souvent ce qui est difficile; faire la part des choses pour le trouver. Les exemples que vous citez me rappellent ceux donné dans un précédent article concernant, d’une part, l’homme actif dans la société et, de l’autre, celui qui s’était réfugié dans les montagnes hors de toutes formes de vie sociale …

    Je trouve que toute la difficulté, au quotidien, est justement de ne pas tomber dans l’un ou l’autre excès. Il faut prendre ce qu’il y a de bon dans chacun – trouver l’équilibre – et avancer par la lutte.

    Certes, il ne faut pas transgresser les droits des autres mais il ne faut pas non plus aller jusqu’à l’égoïsme pour autant. Je pense, au contraire, qu’opter pour l’un ou l’autre est une solution de faciliter, une sorte de fuite contre la lutte. Si l’on ne va pas vers l’autre pour ne pas léser ses droits, on ne lutte pas. Ce qui me parait plus intéressant est plutôt de développer l’altruisme tout en faisant attention de ne pas transgresser les droits de la ou des personnes en question … ! Dès lors, je trouve que l’on peut parler de lutte véritable et, donc, d’un véritable travail sur soi …

  24. Ms le 12 Jun 2011 à 5:18 24

    @Marco:
    Je pense que la réponse à votre question réside dans ce que vous entendez par les termes “divertissements” et “plaisirs” …

    Suivant les définitions données, ces termes peuvent constituer un danger, une forme de déviation nous empêchant d’accéder à notre perfectionnement … C’est véritablement le terme de déviation qui me semble crucial ici. Tant que ces “divertissements” et “plaisirs” n’empêchent pas voire même aident dans notre perfectionnement, je ne pense pas que cela pose problème et, en ce sens, je suis d’accord avec votre point de vu (cf: exemple de “plaisir futur” que vous donnez).
    Par contre, si ces derniers ne vont pas dans le sens du perfectionnement, je comprends alors en quoi ils ne doivent pas être “l’unique but de notre vie” …

    Je pense que chacun se doit d’analyser ce qui constitue une déviation dans sa vie de manière à garder une efficacité dans son objectif final: son perfectionnement ! Je pars du principe que nous sommes constamment dévier de manière partielle (cf: exemple de la prière que j’ai donné dans le commentaire précédent). Notre optique doit donc être de garder ce postulat à l’esprit de manière à anticiper ces déviations au maximum voire même de les contrer une fois qu’elles sont détectées …

    En somme, je dirai que la question que vous posez relève de l’interprétation que l’on peut faire des termes; chacun de nous étant les plus à même de faire le point sur notre situation …

  25. mike le 12 Jun 2011 à 21:11 25

    @Marco “En tout état de cause, ils n’avaient aucun intérêt spirituel car leurs pensées et leurs actes ne s’inscrivaient pas du tout dans une démarche spirituelle.” n’est-ce pas un jugement, comment peut-on le savoir, on ne connaîtra jamais le for intérieur d’une personne, ce qui le pousse à bien ou mal agir; peut -être était ce pour eux un moyen de travailler pour leur rédemption éternelle, à savoir?
    “On aide d’autant mieux que l’aide apportée est en harmonie avec sa propre sensibilité”. j’aime beaucoup votre phrase, elle me semble très pratique et surtout évite les écueils de l’imitation par comparaison (il fait, donc je vais faire, même si j’ai pas envie) c’est malheureusement un fléau et cela empiète sur notre sincérité.

  26. Ms le 13 Jun 2011 à 2:46 26

    @mike:
    Vous soulevez l’importance de l’intention. C’est sur, ce que l’on ressent au plus profond de nous est déterminant. C’est notre état d’esprit qui va conditionner nos actes, leurs impacts, d’éventuelles conséquences négatives ou positives, etc.

    La fin de votre commentaire me rappelle un point important en ce qui me concerne. La matérialité a tendance à trop prendre le dessus sur la spiritualité dans ma vie. J’explique cela, principalement, par le fait que je vis pour les autres. En d’autres termes, ce que je fais émane souvent d’une réaction à l’autre alors même que mon raisonnement devrait être basé sur moi, ma progression, mon travail sur moi, des actions axées dans le sens du contentement de Dieu, etc., en tenant compte de l’autre bien sûr, mais sans que cela soit l’élément déterminant au point d’en oublier mes valeurs par exemple.

    Je pense que cela vient d’un manque d’éducation de ma pensée – un manque de travail sur moi – qui fait que je ne parviens pas encore à discerner ce qui est important et vaut la peine de ce qui ne l’est, justement, pas …

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