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« Une vérité est tombée sur moi »

Ce qui lui est arrivé ce jour là dans une réunion de prière où il s’était rendu à contre-cœur, Thierry Bizot, producteur de télévision, l’a raconté en détail dans Catholique anonyme. Son épouse, Anne Giafferi, en a récemment proposé une adaptation cinématographique avec Qui a envie d’être aimé ? Au-delà du récit de conversion et des images convenues de la « rencontre avec Jésus », Thierry Bizot revient ici d’une manière personnelle sur les sentiments qui ont accompagné cette transformation intérieure aussi discrète que radicale, et sur les effets qu’elle continue d’avoir pour lui au quotidien. C’est une réorientation globale du regard sur la vie, sur les relations à soi-même et aux autres, que décrit Thierry Bizot.

En évoquant l’importance de la connexion de cœur avec un Dieu personnel, la difficulté de la prière, le caractère singulier du sentiment de gratitude, les moments de lucidité et de compréhension qui jettent une lumière spéciale sur les événements de l’existence, il nous fait pénétrer de manière concrète dans la perspective d’un chrétien qui se décrit lui-même comme « un débutant de la foi », et dont l’expérience a une portée universelle, dépassant tout dogme particulier.


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62 commentaires

  1. happiness le 15 May 2011 à 9:34 1

    Merci pour cette vidéo, émouvante de sincérité et d’humilité.

  2. igloo le 15 May 2011 à 22:51 2

    Une relation naturelle et décomplexée à la foi qui fait plaisir à voir et qui est rare dans la société actuelle. Thierry Bizot le dit lui-même: personne ne parle jamais de Dieu dans les dîners en ville et il est vrai que si on a envie d’en parler, on a souvent un peu l’impression de tomber comme un cheveu sur la soupe. Avec cet interview, il montre qu’il est possible de parler de son expérience intérieure de façon très rationnelle, très naturelle et même avec humour.

  3. George le 16 May 2011 à 16:16 3

    J’aime beaucoup ce que dit Thierry Bizot sur la prière, en particulier l’idée qu’une prière peut être aussi en acte et pas seulement en “paroles”. Sur la gratitude, ce qu’il dit m’a rappelé un article lu dernièrement dans lequel il était fait état de travaux sur la gratitude : ce sentiment n’est pas seulement juste moralement, il rend aussi plus heureux.

  4. Serena le 17 May 2011 à 12:19 4

    Je suis toute émue par cette vidéo. J’envie Thierry Bizot qui arrive à parler de sa foi et de Dieu avec humour et profonde sincérité. Je ne voulais pas qu’il s’arrête de parler!

    Je me reconnais lorsqu’il dit que les gens qui parlent de Dieu ou qui mènent un chemin spirituel ont des têtes qui ressemblent à ceux dans les experts sur TF1. Il faut toujours que j’en parle de manière grave et sérieuse, à plomber l’ambiance.

    Mais en fait non, j’en ai la preuve par Thierry Bizot. Je voudrais pouvoir en parler comme lui. D’autant plus que la foi c’est TRES important pour moi. Mais j’ai tendance à la garder pour moi, comme si c’était mon secret à moi, quelque chose que je surélève. Je crois que c’est juste pour justifier le fait que je ne sais pas en parler… parce que je ne comprends pas très bien ce que ça veut dire, je n’ai pas très bien intégré en moi les concepts de la foi au quotidien -ce qui est très triste à admettre d’ailleurs.

    Ecouter ce discours m’a rendu plus forte. J’ai envie de penser Dieu, vivre Dieu, aimer plus les gens, parce que si j’aime les gens au fond j’aime Dieu. Si je travaille, au fond je travaille pour Dieu etc etc. Et je suis gagnante. C’est ça que j’ai dû mal à assimiler.

  5. Dex le 17 May 2011 à 17:04 5

    Superbe témoignage qui m’a rappelé des souvenirs de ma propre expérience de vie.

    En l’entendant j’ai pensé : avant, sa vie était son but, alors que maintenant elle est devenue un moyen. Et c’est cela qui me semble enlever le poids que l’on ressentait “avant” et qui donne cette impression de légèreté, de sérénité. Dès que notre vie prend sa place de moyen et non de but toute notre vision du monde change !

    Puis il dit : “La foi c’est laborieux ! C’est un boulot !…”
    Cela m’a rappelé cette réflexion que j’avais écrite en 2008 : “Un jardin il faut le cultiver sinon cela ne donne pas un jardin. Cultiver, c’est-à-dire faire des efforts pour créer et entretenir un certain ordre harmonieux. Un effort est toujours une lutte, une énergie mise en branle contre une force opposée. L’art aussi se cultive. Les relations amoureuses se cultivent, et la foi aussi se cultive. Si on ne fait aucun effort pour l’entretenir, le plus beau jardin deviens vite un terrain vague et le plus bel amour une vie pénible voire haineuse. Un art – peinture, musique – si on ne le travaille pas tous les jours on le perd. Bref pour toutes choses sans exception il faut passer par des efforts et des luttes constantes. Sinon, l’entropie augmente sans cesse et l’emporte toujours sur l’ordonnancement. C’est une loi de la thermodynamique, mais c’est aussi et surtout une loi universelle. Rien n’est jamais acquis.”

    Oui, entretenir sa foi est un sacré boulot !

    Enfin, dans son témoignage magnifique sur la gratitude, j’aimerais juste dire que ce sentiment, quand il survient en nous, n’est pas toujours lié à une souffrance. Par exemple quand un reportage montre un aspect de la beauté de l’univers (du style deux cellules qui se divisent vues au microscope) le sentiment de gratitude que j’éprouve pour ce Créateur sublime capable d’avoir concue une telle merveille, est pure gratitude, pure admiration et c’est une jouissance et non une souffrance.

  6. Cogitons le 18 May 2011 à 0:14 6

    Beau témoignage. J’en retiens une chose essentielle: l’humilité. Point de grandiloquence, point d’emphase. Juste le partage simple et sincère d’une expérience intime, d’un petit bout de chemin vécu. Voilà qui a de la valeur.
    Bonne route, cher Thierry, et merci pour ce témoignage.

  7. MIA le 18 May 2011 à 8:37 7

    La simplicité qui émane de ce témoignage est très rafraichissante, très apaisante, Pas de show off, pas de besoin de convaincre, Thierry Bizot vit pour lui-même une découverte enrichissante dont il fait part… Si l’occasion lui est donnée. Non pas en recherchant forcément à en parler, à convaincre et à être tellement déçu si les interlocuteurs ne sont pas à l’écoute.
    Ce n’est pas toujours le cas dans ce que j’ai pu voir.
    Il arrive parfois qu’on soit tellement passionné ou dogmatique qu’on ne puisse pas s’empêcher de crier sa foi ou son enthousiasme. Cette rencontre avec Jésus est peut-être raisonnable et raisonnée et faite à un âge où on relativise les choses et où elles sont réfléchies…
    Est-ce dans cet esprit que certains juifs n’ont le feu vert pour lire des textes ésotériques comme la kabbale qu’après leurs 40 ans, âge auquel on est marié, parent, installé professionnellement et donc les pieds sur terre ?

  8. adissam le 19 May 2011 à 0:24 8

    Quelques passages qui m’ont fait sourire et réfléchir :

    “la foi je m’en occuperai quand je serai à la retraite”,
    “Depuis quelques mois, tu es beaucoup plus facile à vivre”,
    “Dans mon cheminement, tous les jours je comprends des choses nouvelles”,…

  9. Rosie le 21 May 2011 à 15:18 9

    Merci, vraiment grand merci pour ce témoignage qui m’a énormément touchée!! J’aime l’idée que la foi, c’est quelque chose de simple, qui s’impose à soi sans que ce soit laborieux… Quelque chose qui peut nous rendre plus facile à vivre pour les autres parce que tout simplement, cela nous rend heureux!
    Je me suis reconnue lorsqu’il parle de l’expérience des “bouffées de gratitude”. Moi, c’était des bouffées de joie intense… J’ai à plusieurs reprises changé de poste (travail) et j’ai toujours eu la sensation que c’est Dieu qui décidait pour moi de mes postes (parce que cela dépendait d’un classement à un concours, parce que le choix ne dépendait pas que de moi, etc) et la conséquence, c’est qu’une fois en poste, et pendant de long mois, j’avais ces bouffées de gratitude qui me prenaient… Cela me rendait joyeuse, vraiment joyeuse… un vrai délice!
    Je me rends compte en écrivant que cela fait longtemps que cela ne m’est pas arrivé… Alors, je m’interroge, et si j’avais perdu de vue qu’Il est toujours présent et là pour m’accompagner!?? Et si je ne me rends même plus compte de tous les bienfaits dont je dispose….??
    Ce qui est incroyable, c’est que le simple fait d’y penser me réchauffe et je sens poindre ce sentiment particulier de joie… :o)
    Être sur Son chemin, quel bonheur! Merci de me l’avoir rappelé!

  10. HESTER le 21 May 2011 à 18:40 10

    Très beau récit d’expérience. J’ai été émue également par cette sincérité et cette clarté d’expression. Je comprends Serena qui aurait souhaité en entendre plus encore…
    Personnellement, je souhaite revenir sur un sentiment étonnant décrit par Thierry Bizot.
    Il nous livre que suite à cette rencontre spirituelle, il a vu sa “capacité d’aimer rénovée”.
    Cela a vraiment fait écho en moi car je perçois quelque chose de similaire dans mon cheminement.
    En effet, je reconnais que durant une longue période, j’ai souffert d’une sorte de handicap qui m’empêchait d’éprouver de la compassion pour autrui. Ce n’est que très progressivement, en cultivant ma foi par de petits actes positifs (sans doute insignifiants vu de l’extérieur) que j’ai cessé d’émettre des critiques et des jugements constants.
    Je comprends tout à fait ce que signifie “capacité d’aimer rénové”. C’est comme si les “cellules” de ma capacité à aimer avait été remplacées par d’autres plus aptes à fonctionner.
    J’en éprouve effectivement une grande joie mais aussi une plus grande liberté intérieure.
    Je ne m’y attendais absolument pas. De plus, je trouve très rassurant qu’en réalisant un parcours spirituel on puisse obtenir les mêmes résultats. Merci pour cette forme d’encouragement.

  11. juliette le 21 May 2011 à 19:43 11

    Ce qui me frappe dans l’interview de Thierry Bizot, c’est sa conviction et sa sérénité lorsqu’il parle de la découverte de sa foi et de son attachement pour Jésus. Cela sonne simple, juste, solide et sans prosélythisme. Cela me conforte aussi dans l’idée que lorsqu’on a cette certitude dans sa conviction, on peut en parler, et avec humour, et avec tranquilité. La force est à l’intérieure de l’homme et les mots et les sentiments qu’il exprime sont mis à la portée de tout un chacun.

  12. MIA le 22 May 2011 à 8:51 12

    @Hester
    Merci pour ce commentaire qui m’intrigue… J’aimerai aller plus loin…
    Je suis intéressée par savoir quels sont les petits actes positifs qui ont permis de cesser d’émettre critiques et jugements …
    Je me sens moi aussi handicapée du défaut de voir et de juger et donc de critiquer…

  13. révo le 22 May 2011 à 9:12 13

    @serena
    Je réagis à mon tour Serena à ton commentaire.
    Moi aussi je le garde pour moi MA foi. Je sais que je ne sais pas en parler toujours adéquatement, “grave, sérieuse, plomber l’ambiance” je vois de quoi tu parles… et
    j’ai déjà gêné des amis dans mes propos alors je me méfie avec le temps. Savoir que je ne sais pas en parler … est devenu une force. Je dis le moins de choses possibles… Comprendre que certains concepts restent à intégrer est source d’émulation dans le sens où c’est une preuve de discernement et d’intelligence.
    Je me dis que ce qui reste à assimiler est enthousiasmant quelque part, c’est qu’il reste choses à faire. Quand je passe une journée dans un parc d’attraction avec un enfant et qu’il reste la moitié des jeux à faire, l’enfant n’est pas triste. Il est excité à l’idée de poursuivre des heures d’amusement et d’enrichissement. J’aime à penser ce qui me reste à faire ainsi, dans une version ‘un peu plus calme’ que l’enfant…

  14. George le 22 May 2011 à 13:00 14

    Cela dit, pas facile d’échanger sur sa foi avec les autres. Je travaille dans un milieu où l’athéisme est la règle et j’avoue que j’ai rarement l’envie de discuter avec mes collègues de mes convictions religieuses. Quand un ami vient à parler de ses questions, je sens également une gêne… peut-être la crainte de passer pour un “irrationnel” ! à creuser, donc.

  15. HESTER le 22 May 2011 à 23:23 15

    @MIA
    Les petits actes positifs qui me viennent à l’esprit sont d’abord les différents efforts quotidiens que j’ai du faire pour m’empêcher d’agir de façon conditionnée (par moi-même) et convenue (par la société).

    Conditionnée : j’ai remarqué que j’avais le réflexe de juger puis de critiquer les autres et beaucoup moins celui de me remettre en question. J’ai essayé de comprendre pourquoi je jugeais telle personne dans un contexte donné et cela m’a fait découvrir mes propres points faibles.
    Pour parer ce réflexe (juger/critiquer), je me suis d’abord demandée ce que je ferais si j’avais les mêmes attributs que la personne visée. Cela m’a ensuite permis de devenir plus lucide, de comprendre que j’avais des exigences déplacées, que je ne pouvais pas attendre des gens les choses que justement ils ne peuvent pas donner (patience, temps, générosité, écoute, tel type de talent ou de courage…). Je me suis dit qu’au contraire, compte tenu de la situation, la personne que je jugeais/critiquais avait des qualités (d’abord passées inaperçues) et j’ai commencé à ressentir une forme d’affection pour elle.
    Alors, j’ai essayé de sourire, de me montrer sympatique avec les gens que j’appréciais le moins, mais cela sans attendre de résultat ou de récompense. J’ai appris à mieux les comprendre, à moins les considérer comme des menaces et ce faisant, je n’ai plus éprouvé le besoin de m’en défendre en les jaugeant puis en les attaquant.

    Encouragée : l’éducation peut prédisposer à médire et à critiquer. Dans ma famille, comme dans beaucoup d’autres, c’était, et cela reste, monnaie courante. On finit par y excéler soi-même, en y prenant un certain plaisir. De même, au travail, entre collègues, il est quasiment impossible de ne pas critiquer, d’une manière ou d’une autre :
    – lever les yeux au ciel quand une personne déplait,
    – avoir un sourire en coin si l’autre paraît inadéquat,
    – mimer ses faiblesses,
    – l’affubler d’un sobriquet,
    – émettre subtilement des comparaisons pour se faire valoir.
    Aujourd’hui, je fais en sorte de ne pas répondre aux médisances. Par exemple, lorsque les critiques et les médisances fusent, j’essaye de changer de sujet de conversation, je souris à peine, je cherche la raison qui a pu pousser une telle personne à agir ainsi, puis, je tente d’en faire part à mes collègues.

    Tout cela contribue à me prémunir du jugement hâtif, porte ouverte à la critique. Pour moi, la prochaine étape sera de continuer ce travail sans me sentir affectée par toutes les critiques et médisances que j’entends régulièrement autour de moi… certains jours c’est difficile à supporter !
    Si quelqu’un a des idées je serai très heureuse de les lire.

    Je voudrais ajouter que modifier un peu ces deux comportements, éprouver toutes les résistances intérieures qui en ont découlé, ne m’a été possible que grâce à la foi et à un programme spirituel que je tente de suivre au mieux. Cela est très bien décrit sur ce site dans “La première des pratiques : se fixer un programme pratique”.

  16. adissam le 22 May 2011 à 23:50 16

    Ces questions deviennent de moins en moins «irrationnelles» même pour les scientifiques (études sur les NDE, sur la pensée, la méditation, la prière,…)

  17. mobizen le 23 May 2011 à 0:34 17

    Je suis ravie de découvrir la vraie personne qui était le sujet du film “Qui a envie d’être aimé?” J’avais vu ce film sans réellement en savoir le sujet à l’avance et j’avais été très intéressée et touchée par ce témoignage simple, sincère. Film à voir!
    De l’interview je retiens quelques thèmes et paroles qui m’ont frappée. A peu près cela:
    – Je fais les mêmes choses mais ça n’a plus la même importance.
    – Cela a chassé les peurs.
    – A partir du moment où tu crois en Dieu tu acceptes de na pas tout contrôler.
    – Chaque fois que j’allais témoigner je me re-convertissais.
    Et ce qu’il dit sur la prière est formidable. Toutes ces réflexions réconcilient avec la pratique de la foi, débarrassée de toutes sortes de rituels. Et quelle pêche cela lui donne!

  18. MH le 23 May 2011 à 9:53 18

    Bravo pour tous ces commentaires sur cet édifiant témoignage!
    Comme vous tous, j’ai apprécié cette simplicité pour parler de cette transformation!
    On comprend bien que Thierry Bizot est tellement chamboulé qu’il ait été amené à nous raconter cet événement, si important dans sa vie… Et il le fait d’une manière si naturelle que l’on ne se lasse pas de l’entendre!!!
    Son charisme n’en est que plus fort!
    Je serai incapable d’en parler ainsi moi-même… Peut-être parce que je n’ai pas vécu cette ouverture à la Foi comme lui, mais qu’elle est innée chez moi, comme une évidence… Je n’ai jamais eu à douter, mais j’ose rarement en parler!
    La dernière fois que j’ai parlé de mes concepts religieux de la vie, à table avec des amis, une des convives s’est moquée de moi, disant que c’était des balivernes! J’ai préféré couper court: ça n’aurait servi à rien de tenter de convaincre qq’un de complètement incroyant! Mais du fond de mon cœur, je l’ai beaucoup plainte…
    Ah si elle savait la Joie de Croire!
    J’ai cherché ensuite tous ses bons côtés (et il y en a!): c’est qq’un de généreux, doux, affectueux… Peut-être est-elle croyante sans le savoir???

  19. George le 23 May 2011 à 16:37 19

    @tous; vous arrive-t-il de parler de votre foi ?

  20. HESTER le 23 May 2011 à 18:57 20

    @George
    Très rarement.

  21. mobizen le 23 May 2011 à 23:00 21

    @Gerge, Hester, tous
    Mais on est bien bête de ne pas oser en parler. Il ne faut pas parler pour parler, mais quand c’est utile.
    J’avais un ami très très malade. J’ai abordé la question en disant: Quand on a la foi les choses sont plus faciles – je n’ai pas attendu de réponse. On comprend mieux ce qui se passe. Tu es en train de passer de l’autre côté, de commencer dans le vrai. Tu vas laisser ce corps qui se déglingue, qui te fait tant souffrir et tout commencera. Tu vas rattraper le temps perdu. Nous avons parlé longuement et il était très content.
    Aucun mot sur une religion ou une autre. Des généralités, mais j’ai vu que ma foi réveillait en lui des croyances anciennes, enterrées depuis l’enfance peut-être.

  22. Cogitons le 23 May 2011 à 23:32 22

    Le problème du “parler de la foi”, me semble-t-il, est qu’il est un peu tôt pour en parler vraiment “rationnellement”. Tant qu’il n’y aura pas de preuves expérimentales reconnues d’une survie extra-corporelle de la conscience, par exemple, une telle conception demeure une croyance, un article de foi. Donc, à mon avis, mieux vaut éviter de se lancer dans des affirmations sur le sujet. Tout au plus peut-on dire qu’on y croit, ou que cela parait raisonnable. Sauf pour ceux qui, bien entendu, ont fait l’expérience d’une NDE, et encore… puisque certaines NDEs n’en sont sans doute pas.
    Ma vieille rengaine: ne pas confondre foi et raison, croyances et réalités objectives, et accepter que ce qui semble évident pour soi peut sembler absurde pour autrui, sans qu’autrui soit pour autant de mauvaise foi, trop immature, et que sais-je encore. C’est si facile de tomber dans le piège de l’arrogance tout en prêchant l’humilité…
    Humilité vraie (pas celle de ceux qui font semblant) et expérience personnelle. Voilà me semble-t-il quelles sont les clés de la force du témoignage de Thierry Bizot.
    L’expérience personnelle étant, par définition, subjective, et donc à universaliser avec modération.
    Voilà ce que j’ai vécu, voilà ce qui me semble juste, ce en quoi je crois ou choisis de croire, en toute humilité, car je peux me tromper, voilà comment j’essaie de vivre ma vie, tout en sachant que je ne suis qu’un aveugle titubant…
    Je doute que ce genre de discours soit si difficile à tenir ou ne déclenche l’hostilité.

  23. Jules le 24 May 2011 à 0:04 23

    Quel détachement dans ce témoignage. Bel exemple d’humilité et de sincérité. Et merci à Hester pour le focus sur la capacitė d’aimer “rénovée”, cela m’a beaucoup touché et m’invite à la réflexion pour une pratique bien ciblée. Affaire à suivre 😉 Merci encore.

  24. Bolo le 24 May 2011 à 2:21 24

    @georges

    Il y a probablement autant de manières de parler de sa foi qu’il y a de croyants.
    Pour mon expérience, lancer un sujet comme ça est toujours un peu risqué, selon le milieu ou le moment.
    Pour autant, on peut toujours trouver un biais de faire part de ses convictions, notamment par la pratique d’un acte éthique par exemple.
    ex:je dis à mes collègues que moi je rends la monnaie au serveur( ou à la caissière ) qui s’est trompé en ma faveur car je crois qu’il existe un compte divin, un système d’action/réaction qui fait que si je me sers maintenant, j’aurai à sortir l’argent d’une autre manière, un autre jour. un PV ou une perte d’objet par exemple.
    ex:Je refuse les pots de vin, le mensonge ou tout autre acte anti-éthique, car j’ai toujours l’impression que le créateur me regarde et j’en éprouve de la honte….
    etc…
    On peut aussi, même en situation d’échec ( on a médit sur qqun, ou on s’est mis en colère)
    s’en référer au pardon divin , en public.( oups, que Dieu me pardonne….)
    On peut passer peut être pour un illuminé, mais très rarement en fait, les gens cherchent plutôt à lancer une discussion.
    L’avantage bien sur, en se mettant en scène de manière pratique, et même en position d’échec, est d’éviter le coté donneur de leçons théorique qui est toujours à éviter.
    La foi est qque chose de solide, qui ne se laisse pas facilement abattre.

  25. Cogitons le 25 May 2011 à 17:06 25

    @Bolo,
    Est-il possible que vos exemples puissent être mal perçus ? La plupart des gens sont, me semble-t-il, naturellement honnêtes, rendent la monnaie au serveur, refusent les pots de vin (à part à un coin de bar) etc, sans avoir besoin qu’un « Dieu-juge-et-comptable » surveille et note leurs moindres faits et gestes, tel un surveillant dans une cour de récréation (sinon, où en serait l’Europe laïque!). Qu’ils soient croyants ou pas, une telle conception pourra leur sembler enfantine ou triviale, voire offensante.
    Il me semble au contraire que l’inclinaison naturelle, la fierté, l’honneur de nombreux Hommes est d’être bons et honnêtes, bienveillants envers leur prochain sans attendre de récompense, ici ou ailleurs. User de leur liberté (ou de celles qu’ils pensent avoir) pour être de bons citoyens, de bons pères ou mères, bref, des « gens biens ».
    Je vois beaucoup et surtout des « gens biens » autour de moi, bien meilleurs que moi sur de nombreux points, qu’ils soient croyants, athées, théistes, déistes, agnostiques, ceci ou cela… Qu’importe le flacon.

  26. Bolo le 26 May 2011 à 0:12 26

    @Cogitons

    En fait, je donnais plutôt des exemples sur comment lancer une conversation sur le sujet de la foi et de ses convictions.
    Mon intention n’était pas de dire que la dignité, la droiture et faire le bien était l’apanage des croyants uniquement, loin de là.
    Ce que je veux dire, c’est que l’on peut utiliser la pratique éthique, que tout le monde en général pratique justement, comme starter à une discussion sur ses convictions et sa foi. Parce que il y a un lien direct entre la pratique éthique et la foi.
    Que maintenant on puisse trouver cela enfantin, trivial ou offensant est une preuve qu’il y a bien discussion. Que fait-on d’ailleurs en ce moment ?
    Parler de sa foi ou de ses convictions ne veut pas dire chercher à convaincre , comment serait-ce possible? mais plutot faire son “coming out”.
    Si je donne mes exemples à 100 personnes, 99 trouveront peut être cela enfantin (ou autre) et la discussion sera close, mais 1 trouvera que c’est un point de vue à investiguer et voudra en savoir plus .
    Dans tous les cas j’aurai affirmé mes convictions.
    Ce que j’ai d’ailleurs fait dans le précédent post 🙂

  27. George le 26 May 2011 à 0:19 27

    Je partage l’avis de Cogitons.
    En fait, je constate que le croyant est souvent condamné à taire sa vision des choses et de la vie, ce qui le coupe parfois des autres, qui ne partagent pas ses convictions. Pour moi, le fait de croire en une dimension spirituelle introduit bien une nouvelle dimension, une sorte de profondeur qui donne aux événements qui surviennent dans ma vie un sens qu’ils n’auraient pas sans cela. Le plus souvent, ce sens que je perçois dans tel ou tel événement est difficile, voire impossible à communiquer. En soi, ce n’est pas tellement un problème, si ce n’est que cela m’oblige à taire aux autres ce qui pour moi fait sens et induit une forme de solitude.

  28. adissam le 26 May 2011 à 1:18 28

    N’y a-t-il pas tout de même une différence dans l’intention de l’acte ?

  29. Rosie le 26 May 2011 à 14:00 29

    Je ressens également le sentiment de solitude de George… Souvent, j’ai envie de partager avec mon entourage proche cette vision spirituelle de la vie, ce qui lui donne tout son sens (à mes yeux)…. Et je n’y arrive pas!
    J’ai le sentiment d’être une idéaliste passionnée qui va déclencher au mieux de l’indifférence, au pire de l’hostilité… Alors, je me tais, mais quelle tristesse!!!
    J’ai l’impression de vivre ma foi comme un complexe, quelque chose dont on a honte et que l’on souhaite cacher pour éviter les moqueries…
    Je me pose souvent la question de comprendre pourquoi est ce que j’ai cette difficulté à assumer ma foi, mon amour pour Dieu et ma vision de la vie.
    Je n’arrive pas à trouver de réponse qui m’aide à progresser et à assumer! Je devrais être fière de mes convictions et je me retrouve comme une quasi handicapée de la communication lorsqu’il s’agit d’aborder le sujet… Si vous avez des pistes, cela m’intéresse!!
    Pour l’heure, j’essaye de m’en tenir à la méthode du père Gilbert qui “évangélise” (ce n’est pas mon but) en fermant sa bouche…. Frustrant et pas si facile…. Encore faut-il arriver à agir (et non plus simplement à parler) en conformité avec sa foi!

  30. Cogitons le 26 May 2011 à 18:53 30

    @Rosie
    « lorsqu’il s’agit d’aborder le sujet »… Avec qui, et dans quel contexte ?
    Je pense aussi que l’âge et l’expérience y sont pour beaucoup. Je ne sais pas quel âge vous avez. Thierry Bizot est un homme qui a déjà bien roulé sa bosse. Il aurait été intéressant de lui poser votre question. Avec l’âge et l’expérience (et sans doute le vieillissement biologique), on devient moins timide, on se laisse moins facilement déstabiliser. Pour ma part, je m’aperçois qu’en vieillissant, j’ai réussi à me libérer quelque peu du carcan du regard et du jugement d’autrui. Car, comme disait un personnage que j’aime bien, Richard Feynman, « What Do You Care What Other People Think ? »
    Il me semble qu’on ne peut pas être libre, devenir un peu soi-même, devenir fort, tracer sa propre route, si on ne se libère pas un peu du poids et de la crainte du regard et du jugement d’autrui.

  31. George le 26 May 2011 à 19:42 31

    Oui, “avec qui et dans quel contexte ?”. Ce point me semble très important.

    J’aime bien cette idée d’être soi-même, d’assumer ce que l’on est et pense. Dans les faits, c’est avant tout, je pense, une attitude intérieure.

    Taire ce que l’on pense par prudence est une chose, dissimuler ce qu’on est par peur de déplaire, c’est autre chose, une faille qu’il me semble important de surmonter. Ce n’est pas facile, mais il est vrai qu’avec l’âge, cela devient plus facile. Une fois un peu plus posé dans la vie, on devient moins sensible au regard d’autrui. Il faut juste espérer qu’entre temps, on ne se sera pas perdu soi-même ou qu’on ne sera pas passé, par peur de déplaire, à côté d’occasions de satisfaire nos aspirations réelles.

  32. adissam le 26 May 2011 à 23:12 32

    Selon moi, il n’y a pas de sujet particulier. Tout peut devenir un sujet spirituel, cela dépend de notre regard, de notre vision sur le sujet discuté.
    Par exemple quelqu’un se plaint, voir un côté positif dans ce qui lui arrive est déjà une sorte d’éclairage.

  33. MIA le 27 May 2011 à 7:48 33

    @ dex

    “entretenir sa foi est un sacré boulot !”

    merci pour le descriptif du jardin, c’est une analogie très claire pour comprendre comment on cultive sa foi… pour toute personne qui a été face à un jardin.
    C’est vrai que je n’ai jamais envisagé sous cet angle…
    Au quotidien j ‘essaie de garder la flamme, de l’entretenir… mais faire un plan général, comme pour un jardin, avoir des objectifs particuliers et des échéances,
    s’adapter aux saisons… j’aimerai bien creuser cette analogie pour voir comment
    entretenir sa foi.

    des idées ???

    1. zouzou le 29 Nov 2018 à 19:59 33.1

      C’est comprendre que la vie ne s’arrête jamais, que c’est une suite de transformations (de métanoïa) comme c’est le cas dans la succession des saisons où il y a une pour les semailles, une pour la germination, un temps pour la maturation et un temps pour la récolte.

      Ceux qui ont un jardin le savent bien les cultures se font en fonction des saisons étant de plus soumises à l’imprévu des caprices de la nature pouvant mettre en péril tous leurs efforts ,gardant tout de même l’espoir de jours meilleurs et de recommencer à semer l’année suivante…
      Il y a un temps pour tout. C’est comme pour la foi, il y a un temps des semailles, celles de la paroles de Jésus, un temps pour la germination à l’esprit, un temps pour la maturation des consciences et un temps des récoltes pour récompenser de ses efforts, et là aussi il peut y avoir des imprévus qui mettent en péril la foi que l’on n’avait mis à avoir une belle récolte sans perdre de vue que d’une année sur l’autre les saisons se suivent mais ne se ressemblent pas forcément et qu’il faudra faire preuve de beaucoup de foi en le retour du déroulement normal des saisons telles que nous les connaissons habituellement.
      C’est comme cela qu’il faut jardiner son jardin secret, avoir conscience avec humilité que rien n’est jamais acquis.

      Dominique, le jardinier de la foi.

      ps : La foi ne s’expliquant pas on ne peut la comprendre qu’en utilisant des métaphores ou ce que l’on nomme paraboles.

  34. révo le 27 May 2011 à 8:35 34

    Hester
    “Pour continuer ce travail sans me sentir affectée par toutes les critiques et médisances que j’entends régulièrement autour de moi”…
    Voici quelques idées … Est-ce possible de ne pas être affecté par la négativité tout court ?
    Est-ce possible de ne pas être affecté par des mauvaises odeurs (il faudrait ne pas avoir d’odorat développé)
    ou des bruits forts et répétés (il faudrait ne pas avoir d’ouïe développée) ?
    Etre affectée est donc positif, l’idée serait plutôt ne pas être trop affectée, et que les conséquences ne m’empêchent pas de poursuivre ce que j’ai décidé.
    voilà ce que je fais régulièrement j’observe mes limites : je gère les moments de négativité car je connais ma capacité à les supporter. Si je suis en forme, je peux en supporter beaucoup alors j’accepte. Si je suis obligée (Noël, réunion de famille avec toutes les jalousies qui ressortent), je souffle avant et après. Bref, je décide que c’est un moment court et bref à passer et j’essaie de l’écourter, de le minimiser, de l’éviter. Par ex. une personne de ma famille est spécialiste pour dire des vacheries et elle le fait plus facilement quand je suis seule avec elle, et là, vraiment je suis tellement mal à l’aise que j’ai envie de fuir. Impossible de l’aider malgré mes efforts, alors j’ai mis en place au fur et à mesure des années, une stratégie pour que les moments où je suis seule avec elle n’existent pas. Je me prépare, je gère, je prévois…Bien sûr elle me coince parfois et là, l’affrontement est obligatoire et j’essaie de me taire ou de prendre la défense…mais comme c’est rare, quand cela arrive je me dis que j’ai bien fait de préserver tous les autres moments… Je ne suis pas une poubelle, ni un défouloir pour ses problèmes perso car cela ne l’aide pas.

  35. MIA le 27 May 2011 à 8:40 35

    merci Hester pour ce bilan perso qui est vraiment une mine d’or sur comment chaque jour je peux faire des petits actes positifs, j’imagine que, au delà d’un programme pratique, tu as mis un bilan en place et une organisation pour arriver à cette précision… C’est encourageant et ça me relance pour le faire… Pour le réflexe (juger/critiquer), j’ai vu moi aussi que quand on connaît mieux les gens on est moins critique car on sait ce qu’ils peuvent faire ou pas. Je ne demande pas à un chien de se comporter comme un être humain… Il est indispensable d’avoir du bon sens donc je m’acharne sur ce point qui est une forme d’intelligence adaptée au monde qui m’entoure. Cette démarche me rend plus sage et moins attachée à ce que font les gens.
    Pour le fait de chercher les qualités des autres, je suis moins systématique et donc je perds ce ressenti pour l’affection et aussi le fait de les admirer; je sais que c’est l’objectif…
    Pour la médisance, je n ‘ai réussi qu’à me taire car en parlant des qualités ou côté positif, les “médisants” ne sont plus intéressés par discuter avec moi, voire ils ne souhaitent plus de contacts privilégiés avec moi; je me demande si tout simplement, c’est à cause du fait que je ne vais pas dans leur sens. Ils aiment médire et si je ne les aide pas, alors ils cherchent quelqu’un d’autre. Ca me coupe de bien des personnes… Ca m’isole… Je ne sais pas si c’est possible de faire mieux et si oui, comment… peut-être en se focalisant sur leurs qualités et en leur montrant de l’affection, des suggestions ?

  36. HESTER le 27 May 2011 à 23:51 36

    @mobizen
    Vous avez raison, on peut toujours dire ou laisser penser que l’on a la foi, sans attendre de réponse, sans entrer dans un débat, sans faire de démonstration. Au détour d’une phrase, d’un soupir, d’une inquiétude, d’une joie…

    @rosie
    Bien sûr, cela ne résout pas le problème de la solitude et du manque de partage sur des thèmes spirituels, mais, cela permet de ne pas être complètement inhibé dans sa foi.
    Aujourd’hui, j’en arrive à me demander s’il n’est pas tout simplement naturel d’éprouver un sentiment de solitude face à l’expérience de la foi et du travail spirituel. Dans nos sociétés cette sensation n’est pas valorisée, elle est plutôt signe de mal-être, mais est-ce bien de cela qu’il s’agit ?

    @révo
    merci pour votre soutien : je trouve ce rappel de l’observation des limites très efficace. Vous semblez gérer avec ingéniosité avant, pendant et après, les interactions qui risquent de vous affaiblir. Cela ressemble à la préparation d’un sportif : personnellement, je crois que je devrais essayer de l’aborder plus souvent de cette façon.

    @MIA
    Effectivement, la plupart du temps, je ne comprenais pas qu’il était important d’exercer son bon sens dans les relations humaines. J’avais plutôt tendance à agir de manière spontanée, sous le coup de l’émotion, donc je me retrouvais pieds et poings liés livrée à des mouvements intérieurs non analysées et non identifiées, rangés sous une seule étiquette “franchise”. C’était ma personnalité. Il ne fallait rien y changer ! Aujourd’hui je suis convaincue qu’il est essentiel d’exercer son bon sens dans toutes les relations humaines mais je suis loin d’y parvenir de manière continue tout au long d’une journée !

    Médisance : un jour, j’ai demandé à un monsieur bien plus âgé que moi à l’époque (et que je trouvais très respectable) pourquoi il critiquait toujours tout et tout le monde alors qu’il était aussi conscient. Il m’a répondu que s’il devait ne pas médire il trouverait la vie moins drôle car cela l’amusait énormément de critiquer les gens.
    Je pense qu’il était sincère. On peut supposer que d’autres personnes sont dans son cas. Et lorsqu’elles se rencontrent, c’est la fête !

    Est-ce que si l’on ne médit pas avec les autres on est rejeté (de la fête)?
    On peut avoir de l’humour, distraire autrement qu’en critiquant, rendre service, être fiable, alléger la peine d’autrui, réaliser une tache qui pèse à l’autre, être généreux, il y a divers moyens d’être apprécié sans médire… selon sa personnalité. Effectivement, cela demande plus d’effort au début, mais c’est ce qui se passe quand on nage à contre-courant (d’où la solitude du nageur de fond!).

  37. MH le 05 Jun 2011 à 9:26 37

    @ ROSIE
    Bien sûr que dans le contexte d’aujourd’hui, si on parle de sa foi avec charisme, voire “gourmandise”, le plus souvent, on est taxé d’illuminé!!!
    Alors, le plus souvent, on se tait… même après avoir lancé timidement ce sujet…, ça fait un “flop”! Nous ne sommes pas là pour faire du prosélytisme! (quelle frustration, n’est-ce pas?)
    @ HESTER
    Lorsqu’on se retrouve dans un groupe de médisants, on se sent mal à l’aise, et si on cherche à apporter des aspects positifs aux “pauvres médits”, les médisants nous fuient; forcément: on fait l’effet de la conscience “qui blâme et culpabilise” et c’est douloureux pour eux! Ils ont fait taire cette conscience, alors, notre comportement, nos paroles, réveillent cette clochette de moralité!!! Ouille!!! Douleur pour eux!!!
    Alors que beaucoup me disent que médire leur apporte un plaisir savoureux…

  38. Cogitons le 05 Jun 2011 à 21:34 38

    Contrepoint: le monde est en majorité religieux. Dans de nombreux endroits, ce sont les agnostiques ou les athées qui se sentent bien seuls, et pas seulement dans le monde peu développé économiquement, suivez mon regard outre-atlantique, surtout au Sud. Fuir lorsqu’on entend un discours religieux ou se taire poliment en attendant que ça passe, c’est très souvent un signe d’intelligence et de bon sens.

  39. mike le 05 Jun 2011 à 22:20 39

    @mobizem et tous ; super de parler de la foi, il faut parler de choses vivantes, des expériences personnelles validées par le bon sens ou un certain esprit critique et surtout il faut la transmettre aux jeunes générations qui cherchent qui cherchent et se perdent dans les valeurs de ce monde ou dans les choses faciles; on nous enseignent dès l’enfance l’histoire, les maths, etc. Personne ne nous enseignent la nature de notre âme simplement et pourquoi on a ou pas le germe de la foi, par quels mécanismes nos instances intérieures spirituelles ou terrestres interagissent et fonctionnent… c’est une lacune dans notre enseignement laïque!… on en voit les effets sur le comportement des jeunes, certains craquent, lâchent tout, d’autres s’orientent vers la philo etc, les hauts et les bas, les dérapages pourraient être atténués (il restera toujours le libre arbitre) ; mais si on nous apprenait dès l’enfance la structure de notre âme, le pourquoi du comment, les choses seraient nettement plus simples et il y a aurait du respect et de l’harmonie dans ce monde… arrêtons de nous cacher!

  40. mike le 06 Jun 2011 à 0:35 40

    @cogitons et Georges et hester; on tait le sens profond aux autres mais souvent c’est un problème d’éducation depuis l’enfance; certains le taisent aussi mais on est sur la même longueur d’onde quand même ‘ de celui qui a trouvé la vérité personne n’entend plus parler’ c’est une évidence profonde mais là le rôle que l’on se donne est d’échanger pour s’habituer à remettre au grand jour les nécessités profondes de chaque être humain, les vérités qui sont de l’ordre du tabou dans nos sociétés, ce sont finalement des échanges altruistes pour de l’entraide comme un devoir que l’on se donne; d’ailleurs parler de notre foi sur ce site est un bon acte et en plus réchauffe le cœur de celui qui n’a pas l’occasion d’en parler dans la société, par timidité ou parce que son entourage ne le permet pas.
    Mais au fond se taire et avoir un comportement exemplaire est beaucoup mieux en vrai et l’ouvrir seulement si notre comportement attire les cœurs; comment avez vous fait avec votre femme et vos enfants? il faut être pareil avec ses amis, le véritable ami nous reconnaît je pense et lit dans le cœur.

  41. Bolo le 06 Jun 2011 à 11:10 41

    La religion sépare les gens. la spiritualité les rassemble.

    Dois-je supporter le discours passionné d’un quidam qui me récite la théorie de sa foi extraite de son livre, aussi sacré soit -il ?
    A l’inverse, comment parler de ses convictions intérieures, sans tomber soi même dans ce travers moraliste et générique ?
    C’est la force du témoignage vécu de thierry Bizot, que de rester dans l’expérience vécue personnelle.
    Se taire est probablement la chose la plus sage à faire, dans toute situation, et surtout si on ne nous demande rien.
    Et on peut toujours essayer de soigner son envie de prosélytisme en adoptant un comportement quotidien en actes qui soit tellement conforme à nos aspirations intérieures que, sans avoir jamais ouvert une discussion, les autres viennent vous demander.
    @MH
    Quant à l’exemple de la médisance de groupe, c’est effectivement une épreuve sur ses convictions. Dois je les sacrifier pour ne pas risquer une exclusion, ou bien dois je m’y accrocher au risque de déplaire, voire de me faire exclure ?
    Je pense encore qu’il y a manière de présenter la chose.
    si je dis que médire c’est mal, je donne des leçons. Si je dis que , pour une raison inconnue, la médisance me rend mal à l’aise, que je n’arrive pas à ne pas me mettre à la place de la victime, voire que c’est probablement une faiblesse de ma part , le regard des autres sera surement différent, et le message sera passé.
    Quand je dis message, je veux dire exprimer son ressenti et ses convictions, et non, bien sur, essayer de convaincre les autres d’arrêter, ce qui n’est pas de mon ressort.

  42. Ms le 06 Jun 2011 à 11:58 42

    Je suis d’accord sur le fait que tout passe par notre comportement, notre travail sur nous-même qui se reflète dans le regard des autres et, pourquoi pas, dans leur comportement …

    Pour ce qui est de se taire quand on entend un discours religieux ou quelque peu spirituel, je pense qu’il y a plusieurs cas de figure à considérer:

    – Bien évidemment, je me dis que lors d’une conversation, il ne faut pas chercher à imposer quoi que ce soit, notamment parce que ce genre de comportement braque souvent la personne avec qui on parle.

    – Par contre, j’ai aussi souvent le sentiment que je ne suis pas assez courageuse pour ce qui est des principes auxquels je crois. Pourquoi ne pourrions-nous pas faire part de notre opinion, de nos croyances avec courage et fierté (pas dans le mauvais sens du terme…). Je trouve que si l’on se tait dans ces cas cas là, par peur je ne suis pas certaine que ce soit la meilleure solution… Là non plus, je ne dis pas d’imposer nos idées, d’être courageux mais plutôt, si la situation se présente de faire preuve de courage.

    En effet, j’ai souvent remarqué que je suis trop en retrait, par peur, alors que les personnes avec lesquelles je parle, quel que soit leurs opinions, leurs croyances, n’ont pas peur d’affirmer leurs points de vus eux …

  43. Cogitons le 06 Jun 2011 à 21:53 43

    @Mike: « c’est une lacune dans notre enseignement laïque ! »
    Il me semble plutôt que tant que l’existence, la nature, le fonctionnement (etc) de l’âme (si une telle entité existe) ne sont pas mis en évidence de manière indiscutable par les sciences “matérielles”, un tel sujet n’a rien à faire dans l’enseignement laïc (par définition). Car sur quelles bases voudriez-vous imposer « votre vérité » plutôt qu’une autre ?
    @Ms: Pourquoi ce manque de courage ? Manquons-nous de courage quant il s’agit de défendre, par exemple, le droit pour nos semblables d’avoir un toit sur leur tête et de quoi subsister dans leurs assiettes ? Non. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’une évidence viscérale.
    Il y a des choses que l’on sait et il y a les choses que l’on croit. Pour moi, ce n’est pas la même chose. Et il faut être lucide sur ce qui relève d’une catégorie et ce qui relève de l’autre. Moi, je « crois » tout un tas de choses mais je ne sais presque rien… N’est pas Saint ou prophète qui veut. Mais peut-être est-ce juste, en ce qui vous concerne, la timidité ou la crainte du jugement d’autrui.

  44. mike le 07 Jun 2011 à 18:41 44

    @cogitons, on n’impose aucune vérité, on propose des hypothèses de travail, nuances! vous parlez comme les détracteurs de Galilée à son époque, personne ne croyait en lui et pourtant la terre est bien ronde et à cette époque s’était une hypothèse de travail et c’est cette considération ou croyance que cela puisse exister qui a fait que la science trouve les moyens pour le découvrir; la science de l’esprit fait de même; arrêtez de mettre le discrédit que ce qui n’est pas palpable pour le moment, ayons un regard de chercheur qui met en application des hypothèses et qui arrivent à des conclusions validées par des critères de jugement (hypothèse de travail- mise en application de principes- effets – conclusion)

  45. Ms le 07 Jun 2011 à 20:42 45

    @Cogitons: Vous répondez, vous-même, à ce “pourquoi?”… C’est, en effet, je le pense, “la timidité”, “la crainte du jugement d’autrui”, en somme, un manque de courage qui fait que, dans certains cas, nous préférons garder le silence plutôt que d’affirmer ce qu’on l’on pense au plus profond de notre coeur. Cela, non pas pour imposer quoi que ce soit, mais bien dans le cadre d’un échange tout bonnement … Dès lors, l’idée n’est pas de dire “moi je sais mieux”, “tu n’as rien compris”, mais cela n’empêche pas d’oser faire preuve de courage, comme j’ai dit, et de faire part de ses pensées et convictions … J’irai même plus loin, c’est surement le sujet en question qui peut amener à ce genre de réaction; c’est un sujet délicat, parfois même tabou pour certains, que l’on peut être amener à devoir prendre avec des pincettes suivant notre interlocuteur … Encore une fois, j’ai le sentiment, d’après ce que je peux voir ou entendre, qu’il arrive que cette peur prenne le dessus … Sans raison valable à mon sens …

  46. KLR le 07 Jun 2011 à 21:08 46

    @Ms, Cogitons
    J’ai le sentiment que parler de nos convictions en matière de foi, nécessite une intention juste
    Il m’est arrivé souvent de parler avec des amis, mais en analysant mon comportement, j’ai vu que j’avais envie de parler spiritualité mais que mon intention était double : j’avais envie de partager ma foi, mais j’avais aussi envie de me mettre en avant en parlant de ma foi.
    A d’autres moments je n’ai pas saisi l’occasion de parler spiritualité avec autrui par égoïsme: j’ai un trésor, je suis heureuse de l’avoir, je le garde pour moi, et n’ai pas envie de faire l’effort ou d’avoir le courage de me lancer dans une discussion difficile avec autrui…
    En réalité pour parler de sa foi avec les autres, j’ai le sentiment qu’il faut que cela vienne d’un véritable élan altruiste: comme j’aime autrui, j’ai envie de partager ce trésor avec lui. Lorsque l’on a cette intention, les choses sont plus faciles. Mais il est tellement difficile d’être altruiste que ces intentions sont assez rares !
    Finalement je suis assez d’accord avec @cogitons, lorsqu’il parle d’évidence viscérale. Lorsque la foi devient une évidence viscérale, alors on doit trouver naturellement la manière et les mots pour en parler.

  47. Cogitons le 07 Jun 2011 à 22:52 47

    C’est bien, y’a de l’ambiance. Je remarque que les hommes (dont je suis, enfin j’imagine) sont toujours les plus agressifs. Et aussi ceux qui écrivent le moins (les exceptions ici-présentes confirmant la règle). L’arrogance dont nous faisons (nous les hommes) naturellement preuve est utilement tempérée par notre moindre propension à nous exprimer.

    @MS: « nous préférons garder le silence plutôt que d’affirmer ce qu’on l’on pense au plus profond de notre cœur »… Je ne sais pas. Pour dire à quelqu’un ce qu’on pense « au plus profond de son cœur », il faut que la personne et le moment soient biens choisis. Il faut que l’instant soit de qualité. Refuser d’entrer dans une polémique inutile ou savoir se taire (ce dont nous avons discuté ailleurs) c’est souvent une preuve de sagesse. A l’autre extrémité, parler à tors et à travers, ou au mauvais moment, ce n’est pas faire preuve de courage. Ce peut être de l’arrogance, de l’aveuglement, du désir de se faire mousser, de se rassurer sur ses propres croyances, ou que sais-je encore. Ce peut être aussi un manque de maturité et d’expérience, choses qui ne viennent malheureusement qu’avec l’âge.
    Personnellement, je n’ai plus aucun problème à discuter de ce que je pense, des hypothèses qui me semblent intéressantes, et de mes expériences, si le moment est opportun (sachant qu’une fois de plus, je ne prétends sincèrement pas « savoir » grand-chose, ce qui me paraît essentiel. Comme beaucoup l’ont noté, la modestie et l’humilité non-feintes font que le discours de Thierry Bizot passe plutôt bien).

    @Mike (la baston): Je vous ai probablement mal lu. J’ai simplement un profond respect et une grande gratitude pour la laïcité et tout ceux qui se sont battus pour l’obtenir. Et je ne prends certainement pas à ce stade, les hypothèses sur l’âme (il en existe des milliers à travers le monde, contradictoires de surcroît), fussent-elles éventuellement celles auxquelles j’adhère, pour des sujets susceptibles d’être enseignés aujourd’hui (en tant que vérités) à l’école laïque. De même que l’on n’y enseigne pas l’astrologie, les chakras, la métempsychose, et que sais-je encore, ni même la « religion » en général (l’histoire des religions devrait être enseignée, mais je fais référence ici au dogme).
    Enseigner l’éthique, le « savoir vivre », c’est tout autre chose, et j’imagine que les enseignants y travaillent déjà, chacun à sa manière.

  48. Ms le 07 Jun 2011 à 23:26 48

    @KLR: Je suis d’accord avec ce que vous dites. Si je ne me trompe pas, vous êtes aussi d’accord avec le fait qu’il y a plusieurs situations possibles amenant, en gros, à ne pas aborder le sujet ou bien, au contraire, à le faire …

    Forcément, comme dans tous domaines dans la vie, tout dépend de notre attention quand nous faisons quelque chose; seul nous pouvons savoir si la situation permet que ce sujet se développe et si notre intention à nous dans cet acte est pure ou non … D’où l’importance du cas par cas à mon sens …

    Pour ce qui est de la fin de votre commentaire, ma vision des choses me poussent à aller plus loin: certes, l’altruisme peut être un élan décisif dans le partage de sa foi avec autrui. Cependant, là encore (décidément !), je me dis qu’il y a une nuance à faire, et pas des moindres. Je m’explique: souvent nos actes, malgré une intention pure au départ – telle que l’altruisme d’ailleurs – ne sont pas interprétés comme il se doit … En effet, la personne qui nous écoute peut penser que l’on veut la changer par exemple, etc. En ce sens, je trouve que la difficulté commence au moment où l’on doit faire le choix de partager ce trésor ou non, au moment où l’on doit analyser et voir si la situation est propice à une telle chose ou non car, encore une foi, malgré une intention pure au départ je pense véritablement que par manque de réflexion, si la situation n’était pas propice les conséquences de certains actes peuvent être pires que si l’on avait rien dit du tout (je pense notamment au braquage partiel ou total d’une personne pour ce qui est de la foi qui est probable …).

    Pour ma part, c’est un sujet délicat qui ne peut amener à une réponse générale. Plusieurs éléments de réponses sont donc possibles, mais ces mêmes possibilités peuvent amener à des cas particuliers … A chacun d’apprécier …

  49. mike le 09 Jun 2011 à 0:05 49

    @cogitons, on enseigne pourtant bien la psychologie et la philosophie, quelle différence? avons-nous besoin d’y croire pour les apprendre? il me semble que vous reléguez la spiritualité à sa forme la plus traditionnelle -mystico non vérifiable parce que super émotionnelle et dépendant totalement de la croyance de l’individu qui la vit-.
    A mon avis la spiritualité de nos jours peut très bien s’adapter à la vie la plus laïque qui soit par le manager, le toubib, l’avocat ou l’éboueur; j’imagine très bien un incroyant et athée mettant en application des principes éthiques et divins justes, (vérifiés par le temps, l’histoire, leur côté universellement reconnu et même d’intérêt publique par nos instances) et vérifier les effets sur sa personne et son entourage; on nous inculque bien des tas d’autres principes pas toujours vérifiables et utiles d’ailleurs que l’on suit comme des moutons de Panurge pour pouvoir être acceptés par les autres; pourquoi ne pas apprendre dès l’enfance la structure de notre soi et apprendre à distinguer et à développer les émotions nobles ou viles qui en émanent dans un objectif d’études scolaires ou universitaires au départ, puis par maturation progressive de notre pensée dans un but de véritable développement de l’altruisme par exemple, qui lui même nous fera ressentir ou non (là est la seule énigme) la véritable nature de notre soi et le but de notre vie au même titre que le processus de maturation qui fait de l’étudiant en médecine bête et discipliné de première année qui veut réussir un concours d’entrée devenir un véritable soignant compatissant et humain; l’énigme n’en vaut -elle pas bien la chandelle, qu’a -t’on à perdre?

  50. Hello le 09 Jun 2011 à 11:28 50

    Mike, si je te rejoins dans le fait qu’enseigner la spiritualité comme on enseigne la philosophie serait l’idéal, en pratique, cela me semble à l’heure actuelle bien peu réalisable. Tu parles d’enseigner dès l’enfance la structure du soi, je suppose que tu veux dire de l’âme, ou en tout cas un “soi” qui intègre la dimension spirituelle de l’esprit humain (sinon la psychologie fait déjà l’affaire). Mais comment se mettre d’accord sur le modèle de l’esprit humain à enseigner? On peut répondre qu’il suffit de les enseigner tous dans une perspective historique et à chacun de faire son choix. Mais où fixe-t-on les limites? Va-t-on enseigner les théories raéliennes par exemple? Et si non, sur quels critères les exclure? Autres questions: va-t-on laisser juge l’enseignant de son programme? Si oui, comment évaluer s’il est qualifié? Ne peut-il pas en profiter pour faire passer ses idées, quelles qu’elles soient? Si non, qui sera en charge de mettre en place un tel programme? Sur quels critères? Et comment ménager les susceptibilités confessionnelles, résister aux lobbys religieux, éviter que le politique ne s’en mêle? Etc.

  51. mike le 09 Jun 2011 à 16:18 51

    @ hello; c’est sûr les choses se prépare, on ne peut pas répondre dans cet encadré; c’est un véritable sujet de thèse de psychologie pourquoi pas? la psychologie de Freud ne s’est-elle pas construite pas à pas sur une théorie et une mise en application au fil des décennies? mettre en application un modèle est expérimenter sur le comportement des individus volontaires. (et déjà soi même!) mais comme toute étude fiable doit être multicentrique, randomisée, comparative…
    chacun à son niveau avec ses amis, sa famille, ses élèves, ses patients exerce déjà un programme spirituel qu’il s’est choisi et constate les effets sur lui et son entourage;
    les critères sont dores et déjà évaluables mais le lobbying est inévitables, regardez ce qui se passe au canada avec le cours d’enseignement éthique…
    à réfléchir, je vais essayé de concocter un article…

  52. KLR le 09 Jun 2011 à 21:27 52

    @Ms : je pensais surtout à quelques expériences que j’ai eu avec des amis, avec qui, pendant un certain temps, nous avons parlé assez intensément de spiritualité.
    Puis mon intérêt face à leur quête qui était différente de la mienne, a diminué.
    Je n’ai plus été motivé pour aborder le sujet et je pense que c’est dû en partie à une intention mélangée. Même si mon intention de départ était pure et que j’avais un certain enthousiasme, je me suis fatiguée.
    Vous avez raison les difficultés commencent lorsque l’on fait le choix de partager ce trésor, et les miennes sont de n’avoir pas pu suivre ces discussions enrichissantes.
    C’est là qu’il me semble que l’élan altruiste m’a manqué…
    Mais il y a aussi des moments où dans un élan altruiste j’avais envie de partager ce trésor avec une personne mais les circonstances ne s’y prêtaient pas. Cette personne étant gravement malade, je ne pouvais pas aborder la question de la foi comme cela… J’ai fait alors l’expérience de dire à cette personne des choses générales sur l’âme ou l’esprit mais avec une affection spéciale à son encontre, et cela l’a touchée.
    Peut-être que mon intention à ce moment là était un peu plus pure…

  53. Ms le 09 Jun 2011 à 22:38 53

    @KLR: En vous lisant, je me dis que si le moment se présente, non seulement on le ressent mais en plus il y a une raison à cela … Je pense, entre autre, à votre exemple de la personne malade. Et c’est là, pour moi, que l’intention prend tout son sens. En effet, dans mon cas, l’objectif ne doit pas être de parler pour parler (que se soit pour la spiritualité que pour un autre sujet, bien évidemment la spiritualité étant un sujet plus délicat, je trouve que cette idée est davantage de rigueur…). Si mon intention est bonne, je peux détecter si la situation est adaptée et, dans la continuité, l’effet sera le bon (qu’il soit neutre ou qu’il permette d’aider quelqu’un, même partiellement …). Je trouve donc que si je me concentre sur moi – mon intention – tout le reste coule de source suivant les étapes que je viens de citer et tout se passe donc au mieux. A partir de là, tous les effets qui peuvent être négatifs (dont certains ont été cité dans les commentaires précédents) n’entrent, de fait, plus en compte …

  54. DAC le 17 Jun 2011 à 0:42 54

    La foi ne se dit pas, elle se vit. Elle n’a besoin ni de « coming out », ni de profession intempestive. Moins on en parle, plus elle s’intériorise ; et plus elle s’intériorise, plus elle anime tout notre vécu. Et c’est à ce niveau, par ses effets bénéfiques sur nos comportements quotidiens qu’elle peut être utile à ceux qui, souvent sans le savoir, sont en manque de spiritualité ou en quête de sens. Quant aux autres, croyants ou incroyants, ils n’en ont rien à faire, de notre foi, et c’est bien comme ça. La foi, il me semble, est une certitude intérieure si prégnante qu’elle ne laisse guère de place à tout sentiment de solitude ou de frustration puisque c’est elle qui nous conforte dans le bien-fondé de ce qui nous arrive.

  55. Ms le 17 Jun 2011 à 17:46 55

    @DAC: C’est sur, il faut vivre la spiritualité … Cependant, il arrive des cas de figure où une conversation, un débat amène à traiter du sujet de la foi; non pas comme un “coming out” ou une “profession intempestive”, mais bien souvent dans la continuité de ce qui se dit …

    La question que nous nous posons, si j’ai bien compris le débat, est de savoir quel comportement adopté dans ce genre de situations qui peuvent se présenter pour chacun de nous … En effet, bien que ce sentiment soit propre à chacun et intérieur, le sujet peut être aborder en ce qu’il peut paraitre abstrait et peut facilement amener à débat … C’est là, je pense, une difficulté potentiellement majeure qui nous permet d’évaluer l’éducation de notre pensée suivant le comportement que l’on décide d’avoir avec autrui (est-il adapté ou motiver par une forme d’orgueil de notre part? etc.) …

  56. KLR le 20 Jun 2011 à 9:10 56

    @DAC : vous avez raison la foi se vit. Je comparerai la foi à une passion, ou un amour…
    Lorsque vous aimez quelque chose ou quelqu’un, n’avez vous pas envie d’en faire part à vos proches ou à vos amis ? Si vous ne pouvez pas le faire naturellement, c’est là qu’est ce sentiment de solitude…
    Parler de sa foi c’est aussi se réchauffer, et Dieu sait si nous en avons besoin ! (enfin j’en ai besoin pour ma part)

  57. DAC le 21 Jun 2011 à 21:51 57

    Ms (55) La foi peut faire l’objet de débats intellectuellement utiles et d’y participer est un bon exercice, mais cela ne produira pas de la foi chez celui qui n’en a pas. La foi ne se partage pas, ce n’est pas un gâteau ! Ni d’ailleurs un trésor que je garde jalousement. C’est une force – une force de conviction – transmissible à travers l’observation des effets qu’elle engendre dans le vécu de celui qui la possède, et que seuls les sujets en mal de spiritualité peuvent capter.
    KLR (56) je ne suis pas d’accord, la foi n’est pas vraiment une passion : la passion est obsédante, c’est pour ça qu’on veut en parler constamment à son entourage ; la foi se suffit à elle-même, elle me paraît être plutôt libératrice justement de ce besoin de s’exprimer et que les autres sachent … enfin, c’est peut-être une question de nature !
    Quant à « se réchauffer », au lieu de parler de sa foi, est-ce que ce ne sont pas plutôt les applications de la foi qui réchauffent ?

  58. KLR le 24 Jun 2011 à 9:48 58

    @DAC, oui c’est peut-être une question de nature, ou de maturité, ma foi est en chantier, et je ne me sens pas la même assurance que vous.
    Par exemple, j’ai la chance d’avoir un conjoint et un fils qui ont la foi, et les discussions que l’on peut avoir ensemble, comme d’ailleurs celles qui ont lieu sur ce site, sont de nature à me réchauffer, et surtout à diminuer l’emprise de la matérialité. Je me fais souvent cette remarque, si je n’avais pas cette chance ce serait difficile…
    J’en profite pour dire que bien souvent on ne profite pas assez de son entourage: par exemple en tant que parents, on néglige souvent par manque de temps d’avoir des petites discussions spirituelles avec nos enfants.
    j’essaye de temps en temps d’aménager quelques moments avec mon fils de 13 ans pour discuter éthique ou pratique spirituelle. je peux dire qu’à chaque fois que nous avons eu ces moments, l’atmosphère de la famille a changé. Nous y avons gagné de l’unité familiale, une atmosphère de légèreté et d’affection, et en plus la lourdeur de ce monde matériel a diminué. Mais pour moi ces discussions sont aussi une façon de pratiquer sa foi !

  59. Ms le 27 Jun 2011 à 13:48 59

    @DAC: Je ne suis pas certaine de partager votre avis.

    Vous dites: “La foi peut faire l’objet de débats intellectuellement utiles et d’y participer est un bon exercice, mais cela ne produira pas de la foi chez celui qui n’en a pas”.

    C’est une possibilité, certes, mais non un principe général à mon avis. Personne n’est là pour guider qui que ce soit ou pour “produire de la foi” chez autrui (j’estime que chacun de nous à suffisamment de travail à faire sur lui-même ou elle-même et, au-delà de cela, qui sommes-nous pour le faire?). Le sujet n’est donc pas là. Cependant, il arrive des situations où une personne semble réceptive, je dirai même à la recherche de réponses à des questions ou d’un simple avis (voir comment une autre personne voit les choses). C’est, je pense, ce que vous dites quand vous parlez “de débats intellectuellement utiles”, néanmoins, cela peut produire la foi chez une personne qui ne la pas. Bon nombre de personnes se sont intéressés à des principes, des croyances quelles qu’elles soient de cette manière. Encore une fois, ce n’est le rôle de personne de prêcher quoi que ce soit mais, je pense, que le partage est possible et même de rigueur quand la situation le permet (cf: cas de la personne réceptive qui fait le premier pas …). Tout dépend de notre intention, seul nous sommes les meilleurs juge en ce qui concerne son interprétation.
    Autrement, l’idée générale étant que c’est par le comportement que tout passe, par notre lutte, notre travail …
    Vous le dites vous-même, la foi n’est ni un gâteau que l’on partage, ni un trésor que l’on garde jalousement. Il y a donc un juste milieu que l’on doit trouver dans chaque situations qui se présentent à nous, comme dans tous les domaines d’ailleurs, ce qui montre bien que tout dépend, le principe ne se pose pas pour tout le monde … L’idée de juste milieu devant s’appliquer à tout dans notre vie, me semble être trop facile, une forme d’excès même …

  60. Ms le 27 Jun 2011 à 14:00 60

    @DAC: Rectificatif quant à la dernière phrase de mon précédent commentaire suite à une faute de frappe.

    “L’idée de juste milieu devant s’appliquer à tout dans notre vie, généraliser me semble donc trop facile, une forme d’excès même …”

  61. DAC le 18 Jul 2011 à 15:20 61

    Ms, vous écrivez : ” Personne n’est là pour guider qui que ce soit ou pour « produire de la foi » chez autrui (j’estime que chacun de nous à suffisamment de travail à faire sur lui-même ou elle-même et, au-delà de cela, qui sommes-nous pour le faire?) “.

    On ne peut parler de ce qu’on n’a pas ; le plus apte à parler de la foi est bien celui qui l’a. Je réponds donc à votre question, sans fausse modestie, que le désir de parler de leur foi de probablement tous les participants à ces échanges est parfaitement légitime, et j’ajoute que cela fait partie du travail sur soi dont vous parlez. Quant à la notion de guidance, il me semble que personne n’en a parlé ; pour le coup, et pour vous citer “le sujet n’est donc pas là”.

    Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire par “la foi peut faire l’objet de débats intellectuellement utiles”. Dès le moment où un débat n’est qu’intellectuel, il peut être utile parce qu’il permet de présenter des arguments, de les mettre à l’épreuve du raisonnement des autres, de développer son agilité cérébrale et aussi des qualités comme l’impartialité et la pertinence du propos, mais pour ce qui est de féconder cette graine mystérieuse de la foi en dépôt dans chaque être, il y faut un souffle que nous n’avons généralement pas.

    “La foi n’est ni un gâteau que l’on partage, ni un trésor que l’on garde jalousement”, et il n’y a pas, comme vous le suggérez, de “juste milieu” entre les deux images. La foi est une force éminemment individuelle, bien que capable de se conjoindre à d’autres et ce faisant, de déplacer les montagnes. C’est comme la liberté intérieure, personne d’autre que soi ne peut l’entamer ou l’amplifier et les autres ne la ressentent que par ses effets. C’est ce que j’ai voulu dire. Pas d’énoncé de principes là-dedans, simplement des constatations personnelles.

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