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Médecine de l’âme, extrait – Les conditions de la pratique éthique

Médecine de l'âme

Les conditions de la pratique des principes éthiques originels, pp. 41-43

Lorsque l’on a trouvé les principes éthiques originels adaptés a son temps, il reste à les mettre en pratique, car c’est en pratiquant que l’on se nourrit et qu’on les assimile. Une alimentation saine, qu’elle soit physique ou spirituelle, doit répondre à certains critères. Pour l’organisme physique, il faut par exemple qu’elle soit variée et équilibrée. De la même façon, pour avoir un effet positif sur l’organisme spirituel, la pratique d’un principe éthique originel doit obéir aux règles suivantes :

a) Elle doit être itérative : seule la pratique répétée, persévérée, d’un principe éthique permet de le fixer dans notre substance spirituelle et d’en faire une habitude, une seconde nature. Ce n’est pas en se forçant une ou deux fois à être généreux, par exemple, que l’on peut acquérir la vertu de générosité; il faut s’y contraindre de manière répétée.

b) Elle doit être intégrale : il faut absorber chaque principe éthique dans son intégralité. Pour rendre cette règle plus tangible, prenons l’exemple de la maladie du béribéri ou avitaminose B1, qui se traduit surtout par des troubles nerveux. Cette maladie a été observée pour la première fois dans les pays d’Extrême-Orient où la population se nourrissait principalement de riz. Elle touchait alors surtout les couches aisées de la population qui consommaient du riz non intégral, entièrement décortiqué. Or, c’est dans l’enveloppe du riz que se trouve la vitamine B1. De la même façon, lorsqu’il s’agit, par exemple, de pratiquer l’altruisme, il faut l’absorber intégralement, c’est-à-dire avec son corollaire qu’est l’ingratitude des bénéficiaires. Si nous ne le faisons pas, l’altruisme risque de dégénérer en amertume. Ou encore, lorsque l’on veut pratiquer le principe du courage, il faut l’absorber avec son “écorce”, c’est-à-dire avec son corollaire qu’est la peur. Sans son corollaire, le courage devient témérité et nous pousse à commettre des imprudences aux conséquences parfois irréparables.

c) Elle doit être variée. Nourrir l’organisme spirituel avec un seul nutriment provoque un déséquilibre alimentaire; de même, nourrir l’organisme spirituel avec un seul principe éthique crée un déséquilibre qui lui est préjudiciable. Par exemple, si une personne ne pratique que le dévouement à autrui sans s’occuper conjointement du respect des droits, elle tend à avoir un comportement irraisonné qui encourage les profiteurs et lèse aussi bien les droits de son soi que ceux de la société. Il est donc nécessaire de pratiquer simultanément une variété de principes éthiques, pour éviter de créer un déséquilibre dans l’alimentation de l’organisme spirituel.

d) Elle doit être contextuelle, c’est-à-dire adaptée au contexte. ll est important de comprendre le sens profond d’un principe afin de ne pas tomber dans une pratique aveugle, qui ne tiendrait aucun compte des circonstances. Par exemple, s’il est juste de cultiver en soi l’humilité, il n’est pas opportun de l’extérioriser n’importe quand et devant n’importe qui. Il faut d’abord voir à qui l‘on a affaire et tenir compte de la situation dans laquelle on se trouve. De même, la sincérité doit être pratiquée sans que cela n’empiète sur la défense des droits du soi et de la société. Par exemple s’il est juste de ne pas mentir, il est contraire à l’éthique d’être sincère envers les escrocs et les tartufes.

e) La pratique de l’éthique doit être équilibrée : chaque principe doit être pratiqué de manière équilibrée, sans excès, ni défaut. Prenons le principe de non agression. L’instinct d’agression est un caractère de notre système irascible. Il est indispensable entre autres à la conservation du soi et à la défense des droits. Chercher à paralyser cet instinct n’est pas juste, car l’absence ou l’insuffisance de l‘instinct d’agression conduit l’homme au manque de dignité et à la passivité stérile. Une pratique équilibrée du principe de non agression consiste à limiter l’utilisation de l’instinct d‘agression à la défense de sa dignité, de ses droits légitimes etc., sans transgresser le droit d’autrui.

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1 commentaire

  1. alain le 14 Mar 2014 à 5:02 1

    Merci pour le prezi! Il est très pédagogique et permet de bien comprendre le raisonnement et les exemples.

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