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La spiritualité comme médecine de l’âme et la perfection

Par , le 7 Sep. 2008, dans la catégorie Articles - Imprimer ce document Imprimer - English version

[Cet article fait partie d’une série de 7 articles sur La pensée d’Ostad Elahi]

Le cadre défini par la spiritualité naturelle est celui d’une pratique unifiée qui prend en compte les deux dimensions de l’être humain et leur interaction constante dans le but du perfectionnement. Pour s’en faire une idée plus claire, Ostad Elahi suggère que la part terrestre et la part céleste de l’homme forment une espèce d’organisme psycho-spirituel. La fonction de la spiritualité est de nourrir cet organisme, d’assurer son développement harmonieux jusqu’à maturation. Le modèle traditionnel du perfectionnement de soi s’en trouve nécessairement modifié : l’idée de purification, présente dans de nombreuses cultures religieuses, est encore trop sommaire, parce qu’elle n’envisage pas le point essentiel, qui est de comprendre pourquoi il est nécessaire à l’âme céleste de se trouver plongée dans la matrice du corps et de son milieu terrestre. L’âme céleste, en elle-même, est pure et innocente, mais elle est incapable de développer les multiples qualités dont elle est virtuellement capable : afin de mûrir, il lui manque un complément, que seule la matrice terrestre peut lui fournir. Avant d’être une nécessité métaphysique, le cycle de la vie terrestre est, si l’on peut dire, une nécessité physiologique : la part terrestre de l’être humain renferme, quoiqu’en excès, des ingrédients dont l’assimilation est indispensable à la croissance de l’âme céleste et au développement des qualités proprement humaines (c’est-à-dire « divines ») qui pourront transmuter sa substance.

Le processus fondamental de la médecine de l’âme s’apparente en ce sens à celui de l’osmose. Tout se passe comme s’il y avait entre l’âme terrestre et l’âme céleste une paroi osmotique qui réglait les échanges d’une substance vers l’autre. Le rôle de l’âme céleste est de contrôler la perméabilité de cette membrane afin d’établir un rapport parfait entre les entrées et les sorties. L’éthique n’est pas seulement une question d’équilibre, c’est une question de dosage.

Le travail éthique qui est le nerf de la pratique spirituelle, mais aussi le processus de connaissance de soi qui l’accompagne nécessairement, doivent se comprendre à partir de là.

Les éléments constitutifs des qualités ou vertus « divines» existent dans le corps humain, mais en excès. Ou plus précisément, c’est à partir du matériau fourni par l’âme terrestre que l’âme céleste va pouvoir absorber les ingrédients nécessaires au développement des qualités divines en établissant à chaque fois le bon dosage. Le travail de perfectionnement consiste alors à faire passer dans l’âme céleste, dans des proportions parfaites, les éléments présents en excès dans l’âme terrestre. Ostad Elahi rejoint par là, mais en en précisant les conditions d’exercice, l’idée de la vertu comme équilibre ou ligne de crête entre un excès et un défaut, dont on trouve une formulation célèbre dans la philosophie d’Aristote.

La médecine de l’âme définit les conditions d’une croissance équilibrée et progressive, où tous les éléments de la nature humaine trouvent leur place et tiennent leur rôle. Au terme de ce long et patient processus de distillation, l’âme, qui n’était au départ qu’un matériau pur mais imparfait, acquiert une qualité homogène à celle du divin : elle rejoint finalement sa source. C’est le stade de la perfection.

La perfection dépasse toute imagination : on y jouit d’une connaissance et d’une liberté sans limite, c’est un bonheur et une joie indicibles, un état de plénitude totale dont le paradis décrit par les prophètes des différentes religions ne peut donner qu’une pâle idée, et dont les moments d’exaltation ou de sérénité vécus au cours de cette vie par ceux qui s’engagent dans la pratique spirituelle ne sont qu’une sorte de préfiguration imparfaite et éphémère. Le bonheur parfait nécessite lui-même une compréhension parfaite de toutes les vérités. Mais cette connaissance-là n’est pas séparable de la connaissance de soi.

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2 commentaires

  1. Karl le 13 Sep 2008 à 12:09 1

    Merci pour ce développement qui a très bien clarifié le problème … et qui m’a amené à un constat : dans ce concept de médecine de l’âme qui est présenté, ce qui est assez perturbant, c’est de se rendre compte qu’au final on serait plein de dysfonctionnements, oserais-je dire de … maladies ? … une fois cela accepté, ce point de vue de prise en charge du soi et de ses dysfonctionnements au travers d’une médecine précise est vraiment intéressant.

  2. jaky le 22 Jul 2016 à 17:56 2

    la spiritualite est la fusion de l’ame et de l’esprit de sorte qu’ils forment une seule entite

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