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Un antidote pour la colère (1) : analyse

Par , le 26 Dec. 2016, dans la catégorie Pratiques - Imprimer ce document Imprimer - English version

colère interrogation

La colère dont il est question ici n’est pas ce « défaut chic », ce trait d’humeur qui trahit un caractère impétueux ou un tempérament à fleur de peau. C’est une tendance qui à la longue peut miner une vie et ruiner l’atmosphère d’un foyer. Quand elle ne s’extériorise pas, la colère s’accompagne souvent d’un état de déprime et de pensées sombres. Ravalée et subie, la fatigue aidant, elle finit toujours par exploser, et ses effets sont parfois incontrôlables. Comment rompre le cercle vicieux ? Comment amorcer une pratique efficace, qui se donne les moyens de lutter pied à pied avec ce défaut caractériel ? Ce récit d’une expérience vécue nous fait pénétrer dans le vif du sujet. Première phase : analyser la situation, identifier les situations critiques et les mécanismes-types, d’ordre psychologique ou relationnel, enfin mettre en place un programme d’action, une stratégie. Cela suffira-t-il pour attaquer le mal à sa racine ?

Le défaut de la colère ne s’est réellement révélé en moi qu’assez tard, et plus précisément quand j’ai eu des enfants et que j’ai commencé le difficile apprentissage de la dialectique éducation/opposition. J’avais déjà travaillé sur ce point mais de manière plutôt sporadique et sans résultat vraiment durable. Plusieurs fois déjà, j’avais élaboré un petit programme de lutte mais qui se limitait à mettre des croix chaque fois que j’avais réussi à avaler ma colère ou à ne pas crier sur mes enfants, mais faute d’un vrai travail de réflexion, cela ne m’avait pas appris grand chose et les résultats étaient restés limités dans le temps.

« La colère, c’est quand l’homme, au plus profond de son cœur, perd le contrôle de lui-même. Elle est le résultat d’une faiblesse de la raison et un signe d’impuissance. Celui qui a une raison et un entendement forts comprend que la colère est mauvaise, il se contrôle et ne se met pas en colère. Il va sans dire que la colère est nuisible à tous les points de vue pour la personne elle-même.

La colère est une maladie très grave. Elle est nuisible aussi bien pour l’âme que pour le corps. Elle affaiblit même la raison. (…) »

(Ostad Elahi, Paroles de Vérité, Albin Michel, 2014, Parole 357)

Quand j’ai décidé de travailler sur ce point de manière plus systématique et approfondie, il m’a fallu un temps de latence avant de trouver une méthode de travail. Cette phase a duré à peu près deux semaines, pendant les lesquelles je me suis simplement astreinte à une forme de méditation « continue » sur la question. En voiture, en faisant la vaisselle, en écoutant de la musique spirituelle, mais aussi après une confrontation tendue avec des proches, toutes les occasions étaient bonnes pour réfléchir aux « pourquoi ? » et aux « comment ? » d’un travail sur la colère. Au début, c’était évidemment assez nébuleux mais peu à peu, j’ai vu apparaître les contours de cette problématique à l’intérieur de moi et cette première phase m’a amenée à faire plusieurs constats.

  1. En étudiant mon comportement, je me rends compte que je me mets essentiellement en colère avec les gens de ma famille, dans l’ordre décroissant : enfants, mari, parents, famille plus élargie ; et en second lieu, avec les amis, les relations sociales ou professionnelles. Cela dit, s’il y a une nette barrière entre les personnes de la famille et les autres, c’est peut-être davantage parce qu’on m’a inculqué les bonnes manières en société qu’en raison d’un véritable contrôle de mes sentiments. On peut ressentir une colère très forte sans pour autant l’extérioriser avec les personnes concernées.
  2. Je ressens clairement les méfaits de mon attitude colérique sur moi-même et sur les autres : fatigue physique (surtout après m’être mise en colère), cordes vocales abîmées, fatigue psychique allant parfois jusqu’à une certaine forme de déprime, relations tendues voire détériorées avec mes enfants qui ne sont même plus impressionnés par mes cris, avec mon mari aussi et dans une moindre mesure avec le reste de ma famille.
  3. En tentant de faire le point aussi sur mes expériences et mes échecs passés, sur ce que j’ai déjà appris sur moi concernant mes réactions de colère, je dois reconnaître que, sans parvenir à m’expliquer pourquoi il m’est si difficile de lutter contre ce problème récurrent, tout semble pointer en direction de ce qu’on appelle un « point faible ».

Il faut donc que je retienne mon souffle, que je prenne mon courage à deux mains et que je me jette à l’eau sans oublier de demander l’aide de Dieu, en me souvenant que « pour soigner un trouble fonctionnel de l’organisme spirituel, il faut d’abord en faire le diagnostic, ce qui requiert de connaître les symptômes et de savoir les interpréter correctement ; puis il faut trouver la thérapeutique adaptée » (Bahram Elahi, Médecine de l’âme, Dervy, 2000, pp. 43-44). En l’espèce, le diagnostic est évident car les symptômes crèvent les yeux : violences verbales (et parfois même un peu physiques), propos acerbes, mauvaise humeur, ton désagréable, refus de faire des choses agréables, agacement permanent. Mais il faut également mettre en place une thérapeutique adaptée, et c’est un peu plus difficile.

J’ai décidé pour commencer d’ajouter au bilan du soir que je m’étais déjà imposé, une rubrique spécifique sur la colère qu’il fallait remplir, même pour mettre RAS, « rien à signaler ». Et je n’avais pas le droit de me coucher avant d’avoir fait mon bilan.

Phase 1 : Analyse active

Tous les soirs, je m’astreins à noter dans mon agenda spécialement acheté pour faire le bilan, les cas de colère. Ainsi au bout de quelques semaines, je saurai plus précisément dans quelles circonstances je me mets en colère : avec qui, pourquoi ?

Donc, je note chaque soir les cas de colère et je vois revenir : colère avec les enfants, j’ai crié sur mon fils, j’ai explosé avec ma fille ; avec les autres personnes, ce n’est pas extériorisé aussi franchement, ma colère s’exprime dans mon bilan ou sous forme d’agacement, de bouderie, de mauvaise humeur, de médisance systématique mais quand je relis mes lignes, je suis étonnée moi-même de la violence de mes sentiments envers les gens qui m’ont énervée : Je me fais des scénarios imaginaires (parfois même en rêve) où je leur expose leurs torts de A à Z et je les anéantis avec la puissance de mon discours. Je note aussi rapidement, les circonstances et au fil des jours, je vois que je ne tombe même pas en colère pour des grandes causes mais pour des petites choses insignifiantes de la vie quotidienne : ils ne rangent pas leurs affaires, ne m’aident pas, se disputent, abîment telle ou telle chose, ne m’écoutent pas, ne se pressent pas…bref, quand je commence à faire des recoupements, je vois qu’en résumé, ce qui me mets hors de moi, c’est quand ceux que j’estime être sous mon autorité (enfants et autres…) ne font pas ce que moi, j’ai décidé qu’ils doivent faire. En fait, je me sens tellement impuissante à les vaincre, tellement niée dans mon être que j’explose.

Expérience : Personne dans cette maison ne range ses chaussures : le soir, quand je vois ce spectacle, très souvent, je crie sur tout le monde, je les traite de pénibles, de paresseux, je leur dis qu’ils n’ont plus le droit de dire qu’ils m’aiment puisqu’ils sont incapables de faire le moindre effort pour me soulager, que si je meurs d’épuisement, ce sera de leur faute… Il m’arrive même de dire aux enfants de ne pas prendre exemple sur leur père puisqu’il ne vaut pas mieux qu’eux, etc.

Dans ce genre de situation assez typique, mon soi impérieux se justifie par le fait que :

  • objectivement, ils ont tort de ne pas ranger leurs chaussures, ils ont tort de ne pas m’aider et de me considérer comme leur femme de ménage ;
  • j’ai quand même droit au respect ;
  • l’ordre et le rangement sont après tout des principes spirituels, donc j’ai raison de me mettre en colère ;
  • c’est une réaction normale. Je leur ai déjà dit gentiment, maintenant, j’en ai marre !

Or, justement, j’ai essayé dans ce travail d’activer les contre-arguments de la raison dont on n’entend plus la voix au moment de la colère mais que l’on peut consulter quand on fait son bilan plus calmement :

  • d’abord et avant tout, la colère est absurde car elle me fait du mal à moi et elle n’est pas efficace (le preuve, j’ai beau crier, rien ne change) ;
  • je m’imagine au moment de la colère et je vois que je suis vraiment laide ;
  • il y a peut-être d’autres techniques que la fureur et qui marchent mieux : demander calmement même dix fois vaut mieux que de crier dix fois, le faire sous forme de jeu, distribuer des points positifs et négatifs… Cela, pour les enfants. Pour le mari, relativiser : il ne pense pas vraiment « ma femme est une femme de ménage », c’est une extrapolation personnelle et paranoïaque de ma part. Je peux lui demander de le faire avec humour et bienveillance car cela marcherait mieux ou même ranger ses chaussures pour lui en tâchant de me dire qu’il lui arrive de faire des choses semblables pour moi (même si je dois me faire violence pour le voir !)

L’avantage de réfléchir à ces autres techniques le soir au moment du bilan, c’est que le lendemain, en général, une situation semblable se présente et quelquefois, je suis arrivée à appliquer les propositions de la raison : avaler le cri qui sort et le remplacer par un autre ton, par exemple.

Un autre grand argument du soi impérieux : le prétexte de la fatigue physique, psychique et nerveuse.

Là, l’argument est de taille et je le retrouve à presque toutes les pages de mon agenda bilan : fatiguée, je n’en peux plus, je suis harassée… C’est une évidence absolue que la colère est fortement encouragée par un état de fatigue et de stress permanent. On s’en rend compte lorsqu’on change de cadre et qu’on parvient à relâcher un peu la pression. Par exemple, en déplacement à l’étranger avec mon mari, ça a été une semaine de beau fixe ; le voyage a eu lieu à un rythme soutenu, mais j’étais détendue, et tout était parfait. RAS.

Mais que faire face à la fatigue ? Au début, je me disais qu’il fallait l’accepter comme une fatalité puisqu’on ne peut pas changer de vie. Mais peu à peu, au fil de mes réflexions journalières, je suis arrivée à la conclusion que pour lutter contre la colère, il ne suffisait pas d’avaler sa colère et de subir la vie. Si on ne fait que cela sans aucun travail autour, non seulement cela ne marche pas sur le long terme car à un moment, on explose, mais en plus, on peut tomber dans un état de déprime.

Expérience : Un matin, au moment de partir à l’école, je vais prendre la voiture et je surprends mon petit dernier, âgé de sept ans, en train de taper dessus avec un grand bâton parce que son grand frère s’était enfermé dedans et ne voulait pas lui ouvrir. Mon sang n’a fait qu’un tour car pour moi, ce geste dépassait l’entendement mais je me suis dit : je vais garder mon sang froid, il faut que je trouve les mots justes pour lui faire comprendre son geste et le punir sévèrement. Alors je m’approche, je prends le bâton calmement, je montre à mon fils qu’il y a deux petite marques sur la tôle et je lui demande pourquoi il abîme une voiture qui le transporte et lui rend des services et qui, en plus n’est pas à lui mais à moi. Il me répond sur un ton agressif : « Je m’en fiche, c’est parce qu’Alexandre ne veut pas ouvrir la porte. » Alors là, son regard de défi, son attitude qui ne montrait aucun remords m’ont fait tout oublier ; adieu travail pratique, résolutions, luttes… Je l’ai tapé dans le dos plusieurs fois dans l’intention de lui faire mal en lui disant : « Eh bien, je te fais ce que tu as fait à ma voiture ! Action/réaction ! » Je crois que je lui ai fait très mal parce que je ne contrôlais plus rien et il m’a juste rétorqué : « Oui mais tu es injuste car tu m’as donné quatre tapes alors que moi, je n’en avais donné que trois ! » Alors, là, au lieu de revenir à moi, je me suis mise à hurler comme une hystérique et je ne sais pas ce que j’ai dit mais sur tout le trajet jusqu’à l’école je leur ai hurlé dessus, même sur le grand qui n’aurait pas dû s’enfermer et je les ai largués devant l’école tout penauds. Je suis rentrée tremblante, épuisée, le cœur quasiment en syncope. Et là, je me suis écroulée et je me suis dit que j’étais une mère horrible et que je n’y arriverai jamais, que c’était trop dur, que je ne savais pas ce que j’avais fait au bon Dieu pour avoir des enfants pareils. J’ai vraiment touché le fond du désespoir : je m’en voulais mais je ne voyais pas comment je pouvais suffisamment réduire la tension et la fatigue en moi pour devenir capable de lutter. Je me sentais vraiment coupable mais en même temps moralement trop épuisée pour être capable dans des circonstances semblables d’avaler quoi que ce soit et surtout pas ma colère !

C’est en faisant mon bilan le soir que je me suis dit : il n’y a pas de fatalité. D’autres y sont arrivés donc c’est possible. Mais c’est impossible d’arriver à un résultat probant en travaillant au coup par coup. Il faut un travail plus global et plus radical sur l’ensemble de ma manière de vivre et surtout d’aborder les problèmes. Toutes les pages de bilan de cette première phase dénotent une grande rigidité face aux sources de stress et un pessimisme profond, une grande incapacité à faire face aux contrariétés et donc des réactions excessives à tout point de vue. En plus, une dégradation progressive de l’ambiance familiale se fait très nettement sentir. Il règne dans la maison un état de tension, de colère, d’agressivité, et je sais en mon âme et conscience que mon comportement y est pour beaucoup.

Fin de la phase 1. La suite dans le prochain épisode…


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14 commentaires

  1. carlotta le 27 Dec 2016 à 0:46 1

    Cette expérience me touche vraiment, car vous l’avez racontée d’une façon tellement sincère. Bravo pour votre courage et d’essayer. J’attends la suite avec impatience, car je suis aussi intéressée par ce passage : “je suis arrivée à la conclusion que pour lutter contre la colère, il ne suffisait pas d’avaler sa colère et de subir la vie. Si on ne fait que cela sans aucun travail autour, non seulement cela ne marche pas sur le long terme car à un moment, on explose, mais en plus, on peut tomber dans un état de déprime” non par rapport à la colère mais par rapport à un autre défaut qui, malgré ma lutte, me plombe également dans un état de déprime, justement peut-être “parce qu’il n y a pas ce travail autour”. Merci beaucoup pour ce partage.

  2. leo le 27 Dec 2016 à 14:13 2

    Cette lecture m’interroge: qu’est-ce que la colère, d’où vient-elle ?

  3. Wilhelm le 27 Dec 2016 à 20:59 3

    Dans la Parole d’Ostad Elahi citée ici, la colère est décrite comme parfois le fait que nous attendions des autres un comportement qu’ils n’ont pas et que cette attente injustifiée crée une frustration de notre part conduisant à la colère.

    En observant mon comportement à la lueur de ce schéma d’analyse je me suis aperçu de deux points essentiels.

    Le premier point est que mes colères sont à 80% du temps intérieures.

    Le second point est qu’effectivement je suis frustré par le comportement que j’estime insatisfaisant et décevant des autres ce qui à son tour crée une frustration chez moi qui mène à une forme mélangée de tristesse et de colère.

    En demandant l’aide Divine, j’ai essayé de comprendre le pourquoi et le comment de ma réflexion, comment l’analyser, en tirer des directions pour modifier ma façon de penser, la manière de la mettre en pratique, et enfin sa mise en pratique in vivo.

    En fait, commencer à y réfléchir, que l’on soit coléreux de manière expresse ou rentrée, c’est déjà avoir la solution à 90% : on s’aperçoit que le problème vient de soi et pas des autres.
    L’objectif devient alors de quitter ses exigences par différents moyens. En voici plusieurs que j’ai expérimentés et continue de pratiquer :

    1. L’indifférence : je ne suis pas sur terre pour juger les autres, alors à quoi bon le faire ? ainsi la manière dont ils agissent ne me regardent pas et plus loin même, m’en préoccuper prend du temps sur ce que je pourrais faire d’utile : travailler, faire mon devoir, etc.

    2. La nécessité de ne pas m’infliger des insatisfactions inutiles : j’ai un devoir vis-à-vis de mon corps

    3. La distance, plus mesurée que l’indifférence : on voit, on est sensible, mais on choisit d’évaluer avec distance ce que l’on perçoit et de ne pas en être affecté.

    4. La compassion : combien de fois ai-je été et suis toujours moi-même l’auteur de comportements que je reproche si facilement aux autres. Cessons alors de juger les autres, ils ont suffisamment de soucis et probablement de facteurs mécaniques ou même légitimes, en tout cas excusables, d’agir comme ils le font.

    5. Bien entendu, il y a encore d’autres éléments dans cette réflexion

    La mise en pratique est notamment :

    1. De chasser les pensées qui jugent les autres et d’ignorer leurs comportements

    2. Et/ou de les chasser pour les remplacer par des pensées positives

    3. D’être silencieux et ne pas manifester de mécontentement vis-à-vis des personnes lorsque j’ai envie de le faire

    4. Quand j’y parviens : répondre à des comportements que j’estime à tort ou à raison outrageux, par quelques mots aimable, voire affectueux.

    Cela marche parfois, et même souvent.

    Cela m’est très bénéfique

    1. A. le 30 Dec 2016 à 9:39 3.1

      “Le premier point est que mes colères sont à 80% du temps intérieures ” cette petite phrase m’a ouvert les yeux – même si je n’extériorise ma colère presque jamais, il m’arrive d’être irrité et de me plaindre des autres intérieurement : des enfants irrespectueux, ou bien qui n’écoutent jamais (ma fille qui ne range jamais sa chambre) et cela conduit aussi à un mélange de tristesse et de colère

    2. A. le 31 Dec 2016 à 18:50 3.2

      Excellent commentaire !!! Quand vous dites « 4. Quand j’y parviens : répondre à des comportements que j’estime à tort ou à raison outrageux, par quelques mots aimable, voire affectueux. », sauf erreur Ostad Elahi dit qu’il faut amener les autres à agir/faire ce que vous souhaitez par l’affection. Donc, l’affection peut non seulement nous aider à aller à l’encontre de notre colère mais de surcroît éliminer le comportement qui aurait pu provoquer notre colère en premier lieu.

  4. DD le 28 Dec 2016 à 9:11 4

    Merci pour ce témoignage qui concorde si bien avec des états que je peux ressentir!
    Non pas à la maison où il n’y a plus d’enfants mais dans mon cadre professionnel. Et cela déborde souvent dans ma vie privée: mauvaise humeur, état d’insatisfaction, de frustration et d’épuisement. J’ai commencé à faire l’analyse de la situation sans trouver vraiment de solution qui marche à proprement dit car je ne suis pas allée assez loin mais les conclusions étaient les mêmes : il m’est difficile de supporter que les autres ne fassent pas ce que j’attends d’eux! Cela vaut pour beaucoup d’entre nous et dans de nombreuses situations et c’est d’autant plus ardu quand on a une mission d’éducation que ce soit parent ou enseignant.
    Je vais donc m’atteler à poursuivre mon analyse, l’idée de bilan quotidien me semble excellente mais difficile à réaliser sur le long terme. Cependant je vais m’y mettre car comme vous le dites si bien et c’est aussi ce que j’essaie de faire comprendre à mes élèves : il n’y a pas de fatalité …et rien ne vaut l’exemple en matière d’éducation!

    1. A. le 30 Dec 2016 à 9:16 4.1

      >l’idée de bilan quotidien me semble excellente mais difficile à réaliser sur le long terme
      Personnellement, j’ai trouvé très utile de faire des micro-évaluations, ou en tout cas de prendre qqs notes pendant la journée, de sorte à ne pas oublier le soir certaines observations, réflexions, … . Je ne le fais pas toujours, mais quand je le fais, le travail du soir s’en trouve très facilité. Aussi j’ai constaté que le soir on soulève parfois des interrogations (ai-je bien mis en pratique, pas lésé des droits, pourquoi cette réaction? ..) et l’on trouve la réponse le matin d’après (la nuit porte conseil)

  5. aL06 le 28 Dec 2016 à 11:18 5

    Témoignage courageux et sincère, merci beaucoup pour la méthode de diagnostic ! Dans l’expérience de la voiture, la première réaction était excellente et la suite (la punition) aurait pu être différée, comme par exemple, cela va te coûter très cher car après t’avoir accompagné à l’école je passe chez le carrossier pour faire un devis de réparation que tu paieras avec ton argent de poche…
    Bien évidemment cela est toujours plus facile à dire qu’à faire !
    J’attends le deuxième épisode avec impatience …

  6. THUR le 28 Dec 2016 à 19:30 6

    Merci pour cette analyse très très interessante je ne suis personnellement pas quelqu’un de colérique mais j’avoue que quand on perd le contrôle le retour est très amère.
    Dans mon cas j’ai constaté que la colère vient de l’intolérance on pense avoir raison et que notre point de vue est “le plus juste et on veut que les autres fassent exactement ce que l’on dit on ne tolère pas que les autres ne soient pas de notre avis etc…
    Ce qui pour moi est très intéressant également c’est que la méthodologie peut être appliquée pour d’autre point faible et pour ça je vous en remercie beaucoup cela m’a donné une idée.

  7. cogitons le 31 Dec 2016 à 17:40 7

    Tout d’abord, merci de ce témoignage.
    Ensuite, vraiment, toute mon amitié (je déteste le terme “compassion” qui me paraît parfaitement condescendant) et toute mon admiration.
    Parce que la tâche des femmes, aujourd’hui, alliant toutes les charges et toutes les responsabilités, travail, famille, patrie, me semble (moi qui n’en suit pas) tout à fait surhumain. Même Dieu ne s’en sortirait pas.
    Je pense qu’il faut s’accorder des répits dans la vie, prendre soin de son corps et de son ” âme “, et ne pas se battre inutilement la coulpe.
    Voici donc mon humble prescription :
    – Débarrassez-vous de vos garnements aussi souvent que possible. Envoyez-les chez leurs grands-parents, des amis, en colonies de vacances, voire, en pension. De l’air!
    – Débarrassez-vous de votre mari aussi souvent que possible, envoyez-le chez sa mère, par exemple, à moins qu’il ne produise les efforts nécessaires à un partage plus équitable des charges de la vie.
    – Permettez-vous de longues marches quotidiennes, à marche assez rapide, dans un coin un peu verdoyant, histoire de respirer, de se “ressourcer”. Quelque chose de plaisant, pas la course dans les couloirs de métro.
    – Offrez-vous des moments de bonheur et de détente, selon vos goûts. Des après-midi avec des copines, à raconter des bêtises, à engloutir des sucreries… enfin, à vous de voir.
    Bref : pour être en mesure de prendre soin d’autrui, il faut d’abord prendre soin de soi.
    Vous l’avez fort bien remarqué : “il ne suffisait pas d’avaler sa colère et de subir la vie.”
    Pour prévenir les incendies, on débroussaille, on prend soin des arbres, on fait le ménage forestier.
    Pour prévenir la colère, on débroussaille les sources de stress, on prend soin de son corps et de son psychisme, et on fait le ménage dans sa vie.
    Et puis, j’ajoute, on rit. On rit de soi et de ses colères minables. Pas dans un sens moralisateur ou humiliant, mais avec affection pour soi-même : ” vraiment, je vole pas très haut en ce moment…” Bon, voyons, essayons de faire un peu le ménage – au sens figuré 🙂

  8. mike le 01 Jan 2017 à 20:59 8

    très intéressant!
    j’ai eu une période comme cela très tendue, j’étais très sthénique, remonté, chaque évènement me mettait à fleur de peau. J’avais beaucoup de travail en cabinet libéral, des heures à ne plus compté, 3 enfants en bas âge, des travaux à la maison, des décès dans la famille, mon rôle de père de famille et de mari qui veut rentrer et mettre les pieds sous la table, des engueulades qui démarraient au quart de tour… en continuant ainsi c’était la fin d’un home suit home… et la crise cardiaque à 50 ans!
    la seule chose qui m’a permis de m’en sortir a été de rendre mon quotidien plus ‘spirituel’, c’est à dire que j’analysais chaque évènement et je cherchais une bonne raison de poursuivre dans ce sens en recherchant le contentement divin, en essayant de coller ma réalité à un certain sens de faire son devoir, un point c’est tout; revenir au départ de tout, se dire que Dieu nous veut aucun mal et même qu’Il est le plus bienveillant des bienveillant, et que ce sont mes choix que je dois assumer; si je rentre tard parce que j’ai eu trop de boulot, je ne dois pas exiger que le repas soit prêt, c’est moi et ma gestion de mon travail qui crée cette situation, l’autre n’y est pour rien! donc ne pas râler, s’organiser, se mettre des limites, une hiérarchie des devoirs; et puis ne pas chercher chez l’autre ce qu’il ne peut pas te donner. l’autre me supporte c’est déjà beaucoup! revenir à des choses basiques, j’ai un toit, je mange à ma faim, je dors dans un lit douillet, que vouloir de plus?, c’est cette envie qui crée le malaise et l’escalade vers la colère et le mécontentement.
    Après il y a beaucoup des points que vous évoquez que je ne supporterais pas moi-même, un enfant qui frappe la voiture?? ou voit -on cela! évidemment que je crierais tellement fort qu’il n’aurait jamais envie de recommencer! des ouvriers qui travaillent mal à la maison et croient que je suis né de la dernière pluie? je les foudroie sur place et je ne les paye même pas s’ils continuent ainsi etc etc; il faut utiliser sa faculté irascible pour défendre ses droits et sa dignité! la dignité d’un parent c’est qu’il soit écouté par ses enfants, c’est le point essentiel de l’éducation; ensuite si l’enfant est dans un foyer qui a la foi, on peut aussi parler de respect de la dignité de son âme etc. et les gâter 2 fois plus quand ils font quelque chose de positif… il faut aussi éduquer le mari (je suis un homme :)) il faut qu’il respecte au sein du foyer le droit de chacun et qu’il soit sur la même longueur d’onde dans l’enseignement des enfants; il faut aussi voir si on n’a pas des tic et des toc, parce qu’il y a des situations qui nous posent problème alors que ça n’aurait pas d’importance chez quelqu’un d’autre; donc ouvrir son esprit à ce qui se passe ailleurs et ne pas tout intérioriser en pensant que le monde vous veut du mal… savoir prendre du recul, du repos, s’imposer une marche quotidienne, ou un exercice possible, etc. ce sont se genre de pensées qui m’ont fait avancer et regarder les vicissitudes de la vie avec beaucoup plus de sérénité maintenant, parce dans tous les cas ce sont des exercices et on n’est jamais perdant, parce que c’est l’effort qui compte 🙂

  9. Louise le 04 Jan 2017 à 11:44 9

    Tout a été dit dans les commentaires précédents.
    Alors, un seul mot “Merci”

  10. Radegonde le 05 Jan 2017 à 1:38 10

    J’aime bien l’idée de noter les points à travailler tous les jours pour faire”un état des lieux”..j’ai la mauvaise habitude de vouloir trouver rapidement une pratique à faire avant de comprendre ce que je souhaite corriger…du coup j’improvise et je passe à cote du problème…

  11. radegonde le 25 Jan 2017 à 20:04 11

    j’essaie de faire le point sur ce qui provoque ma colère…
    je suis étonnée de ne pas me mettre en colère contre mes animaux, même si mon chat vient vomir dans mon lit…..
    alors que je peux sentir gronder les représailles contre mon conjoint qui ne fait pas ce que je lui demande pour la énième fois .. En fait je m’aperçois que je n’attends rien de mon chat et que je l’excuse d’être malade, alors que j’attend “une réponse” de mon mari , et une réponse qui me convienne.

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