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James Morris est professeur de théologie à Boston College. Ce spécialiste de la philosophie islamique de réputation internationale est notamment l’auteur d’études sur les textes métaphysiques d’Ibn’Arabi et de Mollâ Sadrâ. Parmi ses publications récentes, on compte une traduction et une édition critique du livre d’Ostad Elahi, Connaissance de l’âme (Knowing the Spirit, SUNY, 2007).
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Ostad Elahi est né le 11 septembre 1895. À l’occasion de son 116e anniversaire, e-ostadelahi.fr a souhaité lui rendre hommage en revenant sur les aspects saillants de sa vie et de son œuvre. La préface rédigée par James Morris pour la traduction anglaise de Connaissance de l’âme (Knowing the Spirit, SUNY, 2006) s’appuie notamment sur des éléments autobiographiques rapportés par Ostad sous la forme de remarques et de conversations. En faisant apparaître le fil secret qui relie une vie riche en expériences variées et quelques-unes des notions centrales d’une pensée, ce texte brosse le portrait vivant d’une des grandes figures spirituelles du 20e siècle.
Nûr’ Ali Elâhi — ou Ostad Elahi (« Maître Elahi »), pour reprendre la formule honorifique sous laquelle il est plus généralement connu aujourd’hui(1) — est né le 11 septembre 1895 à Jeyhunabad, un village de l’Ouest de l’Iran. Le cours de sa vie, tel qu’il l’a décrit à travers des remarques autobiographiques et les conversations consignées dans ses dernières années(2), peut se diviser en trois chapitres distincts : l’enfance et la jeunesse, entièrement vouées à un apprentissage religieux traditionnel et à une discipline ascétique ; la vie active et la carrière publique, menées pendant près de trente ans en tant que procureur, magistrat et juge ; enfin les années de retraite, plus spécialement consacrées à l’enseignement spirituel et à l’écriture (la composition de Connaissance de l’Âme date de cette époque), et au cours desquelles se consolide sa réputation de penseur spirituel, de philosophe, de théologien, mais aussi de musicien. Les commentaires qu’Ostad Elahi a livrés sur les événements qui ont jalonné sa vie mettent bien en évidence le lien qui relie ces différentes périodes et les leçons plus générales qu’il a tirées de toutes ses activités et expériences ; les fragments de paroles cités plus loin en donnent un aperçu.
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Les « arguments » invoqués en faveur de l’existence d’un Dieu ne se présentent pas toujours comme des démonstrations en forme, de pures déductions rationnelles. Pascal évoquait un « Dieu sensible au cœur » qu’il opposait à la froide abstraction forgée par les philosophes et les savants. La cible était claire : l’histoire de la métaphysique regorge de figures rationnelles de Dieu (« Premier moteur immobile », « Cause première », « Nécessaire par soi », etc.). Envisagées comme prémisses ou conclusions d’une démonstration par A plus B, elles ont toutes les chances de nous laisser de marbre. Comment y reconnaître, en effet, le Dieu vivant, le « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob » ? Peut-on prier la « Cause de soi » ? Tombe-t-on à genoux, plein de crainte, face à l’idée de l’infini, ou d’un être souverainement parfait ? Devant un tel Dieu, disait le philosophe Heidegger, l’homme ne peut ni chanter ni danser…
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Pascal avait raison : les preuves de l’existence de Dieu ne suffisent pas pour donner la foi à ceux qui ne l’ont pas. Pour connaître l’existence du divin, il est besoin de quelque chose de plus que « le jugement de la raison ». De quoi exactement ? Une piste nous est donnée au chapitre 1 de Connaissance de l’âme. Ostad Elahi y évoque en effet ce qu’il appelle « le témoignage de la conscience » comme l’une des voix pouvant attester en nous de l’existence divine. Mais de quoi est-il question sous cette expression ?
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En écrivant le chapitre 1 de Connaissance de l’âme, consacré aux preuves de l’existence de Dieu, Ostad Elahi n’avait pas pour réelle ambition de donner la foi à ceux qui ne l’ont pas. Il n’ignorait pas en effet que ces arguments ne « prouvent » rien à ceux qui n’ont pas la foi. En témoigne cette réponse [...]
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