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Spiritualité, spiritualité naturelle

Par Le comité de rédaction, le 9 May. 2008, dans la catégorie Conceptothèque - Imprimer ce document Imprimer

La spiritualité désigne couramment tout ce qui touche à la vie de l’esprit, ce qu’on appelle parfois la « vie intérieure ». Le caractère extrêmement vague d’une telle caractérisation autorise évidemment toutes les associations et tous les amalgames. Lorsqu’il est question aujourd’hui de spiritualité, nous entendons tout et son contraire : de la vie monastique aux ateliers yoga, en passant par l’alchimie, le Tao, le tarot ou le voyage astral… Le supermarché des croyances et des spiritualités ne s’embarrasse pas des contradictions : même l’athéisme peut se réclamer d’une certaine idée du spirituel.

Ostad Elahi l’entend pour sa part en un sens beaucoup plus précis, qui rejoint l’usage religieux ou mystique traditionnel. Il s’agit en effet, tout d’abord, de la vie de l’esprit considéré dans sa nature propre, distincte des choses corporelles et notamment, pour ce qui concerne l’homme, de sa part animale. Mais la spiritualité n’est pas séparable du projet d’une transformation de soi, et de toutes les pratiques qui permettent, à travers une telle transformation, d’atteindre une connaissance et une perspective supérieure sur soi-même et sur le monde. La « vie » de l’esprit doit être orientée ; l’idée de perfection définit une telle orientation.

Pour résumer, on peut dire que la spiritualité, au sens où l’entend Ostad Elahi, implique deux thèses principales :

  • l’homme a une nature bidimensionnelle, son moi réel est de nature spirituelle ;
  • cette part spirituelle de l’homme est capable de se transformer suivant des schémas de développement adaptés à sa nature, qu’il est possible de connaître et sur lesquels il est possible d’intervenir activement.

Toute idée de la spiritualité qui perdrait de vue l’un de ces deux points manquerait de fait son objet. Ce qui permet déjà de faire le tri parmi la variété des pratiques et des discours hérités des traditions religieuses du passé, ou réinventés à l’époque contemporaine. La spiritualité définie par Ostad Elahi comme « spiritualité naturelle » se distingue notamment des approches étroitement techniques – et souvent dévoyées – de la spiritualité (méditation, recherche d’expériences exceptionnelles ou d’états de conscience modifiés, etc.), mais également des approches strictement spéculatives ou philosophiques (métaphysique, gnose érudite, etc.). Envisagée comme une discipline à part entière, impliquant simultanément une connaissance et une pratique, la spiritualité n’est pas une technique de bien-être destinée à soulager les maux de la vie moderne ; elle a pour objet privilégié les conditions du développement ou du perfectionnement de l’âme.

Décrire la spiritualité comme « naturelle » revient alors à faire valoir trois points :

  1. La spiritualité doit correspondre à la nature véritable de l’être humain, c’est-à-dire à sa constitution, à ses dispositions et à ses besoins profonds.
  2. Elle doit être adaptée à l’esprit et aux mœurs de l’époque, et aux situations les plus ordinaires de la vie, par différence avec les formes de spiritualité qui cherchent à ressusciter artificiellement des formes de vie caduques, ou même avec la spiritualité classique incarnée par la plupart des grands saints et mystiques du passé, et qui privilégiait systématiquement l’émotionnel aux dépens du rationnel.
  3. Enfin, et ce point est lié au précédent, la spiritualité doit être conforme à l’exigence rationnelle de compréhension, d’analyse et d’expérimentation. Elle rejoint en ce sens l’esprit de toute science. Elle est, littéralement, la « médecine de l’âme ».

Cette dernière idée a été développée de manière systématique par B. Elahi, notamment dans La Spiritualité est une science et dans Médecine de l’âme. La médecine de l’âme définit les conditions d’une croissance équilibrée et harmonieuse du soi réel, qui peut être décrit comme un organisme psycho-spirituel.

Que la spiritualité soit une science, qu’elle porte comme toute science sur des phénomènes objectifs, présentant une stabilité suffisante pour être abordés de manière expérimentale, cela implique en particulier que le principe de causalité y joue un rôle essentiel. Le processus de maturation du soi qu’on appelle « perfectionnement » obéit à des enchaînements de causes et d’effets repérables, sur lesquels nous pouvons agir, et qui définissent, au-delà de nous-même, tout un écosystème régi par des lois propres.

Une autre conséquence notable de cette caractérisation de la spiritualité est qu’elle nous délivre de la tentation de céder au culte du passé en fétichisant des principes ou des formes plus ou moins bien comprises : elle oblige en effet à admettre la possibilité de nouvelles avancées, de nouvelles découvertes dans le domaine des questions spirituelles. La spiritualité n’est pas un supermarché, c’est un chantier ouvert que chacun peut investir à condition que les enjeux en soient clairement définis.


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