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Excursions dans mon moi conscient profond

Par Helena Verhooven, le 20 nov. 2011, dans la catégorie Pratiques - Imprimer ce document Imprimer - English version

Excursions dans mon moi conscient profond

Nous vivons dans notre ego…enfin, vous, je ne sais pas, mais moi, cela est certain. C’est ce qui m’est apparu après avoir écouté, puis réfléchi à la distinction faite ici entre moi conscient de surface et moi conscient profond. Le moi conscient de surface, c’est mon ego, mon moi envahissant, mon moi à la recherche de la reconnaissance des autres, ce moi qui veut qu’on m’aime, qu’on m’admire, qui veut tout pour moi et rien que pour moi, qui se vexe à la première occasion, qui monte sur ses grands chevaux à la moindre critique, qui se voit au centre du monde avec tous les autres à la périphérie, qui pense avoir mieux compris que les autres, qui redoute d’être relégué à la seconde place et voit d’un mauvais œil la réussite de son rival, qui se repait des compliments et s’en souvient avec délectation, qui imagine qu’on lui doit attention, considération, écoute… Ce moi, c’est mon moi spontané, automate qui, poussé par une force instinctive, me porte naturellement à tout ramener à moi, à tout comparer à moi et à ne tenir compte des autres que pour autant qu’ils me sont utiles à moi et à l’image que je souhaite afficher. Ce moi que je suis 99,9999% du temps n’est pas mauvais en soi : il s’inquiète aussi de ma conservation, de mon bien-être et de ma progression dans le monde. Sans lui, il me serait difficile de m’occuper de mes enfants, de m’engager dans la société et de m’y rendre utile. Il le devient pourtant quand il cherche à satisfaire son désir d’expansion au détriment d’autrui et que ses désirs et ses préoccupations envahissent ma pensée au point de me faire oublier les besoins et les aspirations de mon Moi avec un grand M, dont Bahram Elahi dit qu’il est notre vrai Moi.

Mon moi conscient profond, lui, est cette « zone » de mon conscient capable de saisir autre chose que la dimension matérielle de l’existence, et notamment d’être à l’écoute de ma raison et de ma conscience morale. C’est lui qui me rend attentif aux aspirations de mon Moi, qui me conduit par exemple à chercher la faute en moi-même, à préférer le contentement divin au contentement des hommes, à faire passer l’intérêt d’un autre avant le mien, et cela sans en faire la publicité, à être tolérant envers celui qui ne m’écoute pas, à être attentif aux critiques et aux conseils d’autrui, à pardonner à celui qui m’a fait de la peine, à retenir la médisance qui me brûle les lèvres, à garder pour moi le secret d’un tiers, à regretter le mal que j’ai fait, etc. Le moi conscient profond, à la différence du moi conscient de surface qui ne voit pas au-delà de l’intérêt matériel à court terme, a une vue qui lui permet d’englober les conséquences de mes actions sur mon Moi avec un grand M. Il est aussi et surtout capable de comprendre les vérités divines, ces vérités dont la pratique est indispensable pour que je parvienne à maîtriser le primate qui règne à la surface et devienne progressivement l’authentique être humain des profondeurs. Pour quelqu’un qui a la prétention de devenir un humain véritable, c’est-à-dire de se perfectionner, il apparait donc capital de pouvoir se décoller de la surface de son moi conscient pour accéder à ses profondeurs. Et pour y arriver, il n’y a rien de tel que de s’y exercer.

Le décollage commence par une décision. Pour sortir de l’ego, il faut le vouloir. Personnellement, je me dis : non, tu n’es pas que ça, ce petit ego mesquin et égoïste, sors de là, élève toi, pense à ton Moi… Tout se passe comme s’il y avait dans ma psyché un interrupteur qu’il suffit de mettre sur « on » pour accéder à un niveau de conscience plus riche et plus lucide. C’est comme un déclic mental volontaire qui d’un coup, me fait envisager la situation du point de vue plus large, plus humain, un point de vue qui me semble en tout état de cause beaucoup plus juste. Il y a bien sûr des décollages ratés. Je crois être passé au moi conscient profond, et me voilà revenue, sans crier gare, au moi conscient de surface. Clic et c’est reparti, je reprends de la hauteur, je me rappelle pourquoi je suis sur Terre, je pense à Celui dont le jugement m’importe, et c’est tout simplement incroyable : mon point de vue sur les choses, sur moi-même et les autres est, non pas changé, mais totalement inversé. La personne au comportement agaçant devient attendrissante, le conseil énervant éveille en moi un sentiment de reconnaissance, j’entrevois subitement un défaut en moi-même et détecte chez l’autre une qualité méconnue, l’objet tant convoité perd de son attrait quand il ne devient pas totalement insipide… Je me sens plus calme, moins à cran, j’aime un peu plus les autres, du moins je pense à peu plus à eux, je sens davantage la présence divine, et c’est alors très bon et très doux. Malheureusement pour moi, ça ne marche pas à tous les coups : il y a des jours où quoi que je fasse, je reste coincé dans mon ego. Et quand ça marche, ça ne dure pas. Mais peu importe, l’important est de s’y exercer. En attendant, ces quelques excursions dans mon moi conscient profond, aussi brèves soient-elles, m’auront fait goûter une façon plus authentique d’être moi-même, elles m’auront fait entrevoir la réalité plus clairement, elles m’auront aidé ponctuellement à ne pas céder à certaines pulsions et à prendre de meilleures décisions, plus conforme à mon idéal spirituel.


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17 commentaires

  1. joseph Locandale 20 nov 2011 à 20:23 1

    Le travail de découverte et d’activation du moi conscient profond est étonnant et procure des bienfaits dont il est coupable de ne pas profiter. Plutôt que de se mettre sur « on » sur le moi conscient profond, je teste le « off » sur le moi conscient de surface avec l’autosuggestion que mon vrai Moi est le moi conscient profond. Certes cela ne dure que quelques instants mais je trouve plus de motivation à me dire que le moi conscient de surface, ce n’est pas moi. Que mon vrai moi se cache et que je dois le trouver.
    En pratique, chaque fois que je suis confronté à la manifestation d’une pulsion que j’identifie comme néfaste et contraire au contentement divin, j’appuie sur le « off » du moi de surface pour me réfugier dans le moi profond. J’ai remarqué qu’immédiatement je prenais du recul par rapport à ce moi qui n’est pas véritablement moi. La distanciation est une technique intéressante pour sortir de la spirale matérialiste. Le danger est de s’enfermer dans cet état en perdant toute motivation et en se coupant du monde car la tentation est grande tant fuir ces propres errements et les épreuves du monde peut sembler une démarche confortable.
    Face aux difficultés de la vie matérielle, se rappeler à son moi conscient profond est aussi le moyen de décrocher du stress généré par ces épreuves et de les resituer dans un contexte spirituel plus large.
    J’ai aussi remarqué que prendre quelques minutes par jour pour rentrer dans son moi conscient profond par la prière ou par la concentration sur une manifestation du point d’unicité, facilitait le décrochage dans la journée du moi de surface.

    Ce travail, et je rejoins l’analyse d’Helena, permet peu à peu de changer le regard sur les choses, sur les personnes, sur les événements qui m’arrivent.
    Au bout du compte, cela rend Dieu plus présent dans ma vie et moi plus proche de LUI. Et la sensation de sérénité dans un environnement de plus en plus stressé et stressant devient plus sensible, plus forte au fur et à mesure que l’on opère des intrusions dans notre moi profond.
    A suivre donc…

  2. SAle 21 nov 2011 à 1:00 2

    Merci pour ce texte, très bien illustré d’exemples, qui me parle vraiment. Cet exercice qui consiste à sortir de son mon conscient de surface pour entrer dans le moi conscient profond n’est vraiment pas facile mais quand on arrive à appuyer sur l’interrupteur et maintenir cet état assez longtemps c’est fou comme notre regard sur une même situation peut changer, prendre une tout autre dimension!

  3. mikele 21 nov 2011 à 1:06 3

    beau voyage intérieur avec des exemples captivants et tellement réels qui donnent envie de poursuivre l’effort et de faire ce voyage aussi

  4. Hans Landale 21 nov 2011 à 1:07 4

    Très drôle la date parution de votre billet, j’ai justement eu l’occasion aujourd’hui même d’être confronté à ces notions de moi conscient de surface et de moi conscient profond au cours d’une discussion fort intéressante. une fois de plus l’occasion de me rendre compte que le « hasard » n’existe pas, une drôle coïncidence tout au plus…
    J’aime assez la conclusion à laquelle vous semblez aboutir sur l’idée que notre rapport aux autres change dès lors que nous nous efforçons de nous mettre en « mode » moi conscient profond. J’ai pour ma part eu l’occasion de me rendre compte que cette saine de « schizophrénie », qui consiste à repérer en moi que je ne suis pas seul mais que je suis la somme de puissances qui sont en interactions et s’expriment au niveau de mon moi conscient, a pour conséquence de me rendre plus tolérant, plus compatissant envers mes semblables. En effet, prendre conscience qu’en moi il y a des puissances nuisantes qui, si je ne cherche pas à les maîtriser par le biais de ma raison saine et de ma conscience morale, vont prendre le contrôle et décider de ce que je vais faire, cela me rend plus tolérant, plus compatissant. Je prend conscience à ce moment là de la difficulté que représente cette lutte, de la difficulté dans laquelle nous sommes tous à essayer de devenir de véritables êtres humains.

  5. Happinessle 21 nov 2011 à 6:31 5

    Merci pour cette analyse intéressante.

    J’ai bien aimé la notion de « décollage ». Elle me parle bien.
    Il s’agirait donc il me semble d’une succession à l’infini de décollages et d’atterrissages..
    Charge à nous de ne pas négliger notre responsabilité individuelle et quotidienne! :-)

  6. MAXIMEle 22 nov 2011 à 0:46 6

    Merci à vous de cette assertion, qui,telle la feuille tombant de l’arbre, croise mon chemin. Par les écheveaux successifs de ma curiosité de lectures,depuis un trimestre je me pénètre à la pensée du philosophe Gilles Deleuze. Je suis sensible à sa culture du rhizome,et le décentrement opéré, si je l’ai compris, me permet un regard plus serein sur les évènements,les autres,et moi même. C’est depuis peu (!) que je me donne le droit de me reconnaître un être de raison et de passions,car auparavant ces dernières à l’état exacerbées ou étouffées (schizophrène),prenaient les rênes de mon moi de surface.
    Et de la raison,puisqu’il en est question,la lecture deleuzienne opère une ouverture de mon champs mental, LE POSSIBLE est ce que je me dit.

    La présence de Christ, Prophète et Berger de mon âme, que je le sollicitait ces deux derniers jours,suite à la lecture audio-tel du livre Le Prophète, dit,( mélodieusement à mon gout), par MIKAËL LONSDALL, cette présence divine s’est manifestée à moi par deux fois ce jour, où dans les exercices d’altruisme qui m’étaient proposés ce n’était plus ma volonté qui était agissante,(je vais aider telle personne..) mais où j’étais conduit Vers un évènement où ma conduite(à l’état de réflexe) a aidé Autrui.
    Cet exercice m’a apporté la confiance et la foi, et un peu d’assurance pour me décider à lutter contre le moi impérieux,car je me rend compte que sans volonté de ma part je ne progresse pas.

  7. juliettele 22 nov 2011 à 14:07 7

    Je me sens comme un capitaine Nemo à bord d’un nautilus qui prend soit l’apparence de la raison saine et qui descend avec délice dans la lumière de mon moi profond, soit l’apparence d’un ego surdimentionné, impossible à maitriser, exigent et impératif qui se noie et me noie en m’empêchant de respirer et de trouver le bon air. Mon nautilus remonte alors à la surface dans une mer agitée de mes requins prédateurs et affamés qui ne demandent qu’à me dévorer si je ne leur tape pas avec énergie et discernement sur la tête. Merci pour cette article qui définit si bien cette bagarre au jour le jour, je pourrais dire heure par heure, pour retrouver la splendeur, la luminosité des profondeurs de mon moi profond.

  8. Msle 23 nov 2011 à 13:15 8

    Merci pour cette analyse claire et si parlante ! Je m’y retrouve dans sa totalité ..

    Je vois, personnellement, ce mécanisme de passage entre le moi conscient de surface et le moi conscient profond comme une balle dans l’eau: sans efforts, de manière je dirai naturelle, la balle reste à la surface de l’eau et flotte donc (moi conscient de surface). Maintenant, si une personne appuie dessus, elle parvient à aller sous l’eau (moi conscient profond).

    De là, je vois un point qui me semble important: il faut fournir des efforts pour passer du moi conscient de surface au moi conscient profond étant donné que ce dernier n’est pas un état dans lequel on se trouve automatiquement .. Je vois la main, dans mon exemple, comme un ensemble d’éléments finalement: des prières, des lectures, une mise en pratique; en somme, tous les éléments nécessaires et indispensables pour permettre ce changement d’état.

    C’est un état d’esprit dans lequel je n’arrive pas à être mais, comme le dit le texte, « l’important est de s’y exercer » :) .

    Courage !

  9. A.le 23 nov 2011 à 19:03 9

    Merci de ce texte, très motivant et très bien écrit.
    Chez moi, le moi conscient de surface se manifeste aussi souvent par des peurs exagérées, des angoisses subites qui déforment ma vision de la réalité. Par exemple, pas plus tard que hier après midi j’ai reçu un E-mail dont une première lecture a engendrée une angoisse extrême dans mon for intérieur : « qu’est-ce qui va m’arriver ? qu’est-ce qui se passera maintenant dans mon travail ? que dira mon manageur ? faut-il que je me défende de cette agression évidente ? » Conscient du fait que j’étais la proie d’une angoisse injustifiée/exagérée, j’ai tout arrêté, et j’ai mis sur « ON » ll’interrupteur qu’Helena a évoqué et tout comme Helena, « MON POINT DE VUE SUR LES CHOSES, SUR MOI-MEME ET LES AUTRES » a « NON PAS CHANGE » mais s’est « TOTALEMENT INVERSE ». Je suis revenu vers mon ordinateur et j’ai répondu au message d’une façon sereine et équilibrée.

    D’une façon générale j’ai remarqué que les arguments de ma composante terrestre qui ont le plus d’emprise sur les décisions que je prends, contiennent toujours un élément de peur/crainte de perdre matériellement. Par exemple, je ferai un maximum d’efforts au travail, non pas pour accomplir mon devoir vis à vis de la société qui paie mon salaire, mais plutôt pour plaire (séduire !!) mon manageur, afin de préserver mon travail, c’est-à-dire par crainte de me retrouver au chômage.

    Par le biais de la crainte de perdre matériellement, mon moi conscient du surface me conseille toujours de tout laisser tomber et de me focaliser exclusivement sur mes priorités matérielles me disant par exemple, que toute dérogation à ce comportement risquerait de me faire subir des pertes (matérielles) irréparables. Parfois la pression est tellement importante qu’il me conseille de me focaliser entièrement sur mes tâches matérielles au point qu’il ne veut même pas m’accorder 5 minutes pour me recentrer sur mes priorités et sur la spiritualité.

    La chose intéressante est que, si j’accepte ces arguments et j’agis conformément à ce qu’il conseille, je finis par ne réfléchir qu’avec mon moi de surface et cela fait que je me retrouve dans un état où ma performance dans l’accomplissement des mes taches matérielles p.ex. travail est sous-optimale parce que je n’ai plus une vision claire des choses (à cause de l’anxiété!). En d’autres termes, cela me conduit au résultat même que j’essaie d’éviter (perte matérielle).

  10. Olivierle 24 nov 2011 à 14:06 10

    Après avoir lu ce billet, je suis retourné regarder la conférence sur le moi conscient de surface et le moi conscient profond. Il y a dans cette conférence, le schéma qui représente le moi conscient de surface le moi conscient profond. J’ai trouvé qu’en ayant ce schéma en tête, mon travail d’introspection est nettement facilité. Le soir, j’essaye de me prendre un petit moment où je me concentre et en me représentant ce schéma j’ai l’impression de pouvoir plus facilement pénétrer dans ce moi conscient profond. J’ai trouvé que dans journees qui ont suivis , J’ai réussi beaucoup plus facilement à rester concentré sur le sens que je me donne à la vie, et a travailler sur des valeurs éthiques .

  11. SBle 24 nov 2011 à 14:51 11

    Je suis en général très dans mon moi de surface, à penser beaucoup aux choses matérielles, aux choses que j’aimerais avoir et que je n’ai pas, à ne pas analyser ce qui m’arrive, à ne pas prendre de recul et être déprimée dès qu’il m’arrive quelque chose, et surtout à râler énormément sans chercher le pourquoi du comment, ce qui peut être signe d’une certaine ingratitude et passivité, etc…. mais ayant fait plusieurs fois l’expérience, la différence est flagrante ! Dès que je me concentre réellement quelques minutes par jour sur la présence divine, dans une prière ou autre forme d’attention (musique, lecture d’un livre spirituel, etc…), j’ai remarqué que je suis beaucoup plus légère dans la journée, plus dans la conscience des choses et plus dans l’analyse : je sors la tête de l’eau, je suis de meilleure humeur, je suis plus dans l’action et non dans la nostalgie ou frustration, et donc plus tournée vers les autres. Je suis rassurée, je comprends que je vis pour apprendre, que l’univers si je puis dire ne me veut aucun mal, et j’aime à me questionner moi-même, à regarder mes réactions, à écouter mon ressenti et essayer de le comprendre, afin de mieux me connaître. J’ai l’impression que l’attention à la présence divine me donne de cette énergie dont on aime se délecter de plus en plus, dès que l’on fait l’effort de se tourner un peu vers Lui. Je refais surface oui, au sens physique comme au sens figuré, mais je suis attachée à plus de profondeur. Et cela change tout, en moi, et autour de moi.

  12. révole 26 nov 2011 à 22:41 12

    Merci Helena
    Cet article est très encourageant, avec des exemples simples et concrets de notre façon de voir, de lire la vie et c’est donc bien vu : un petit tour des aspects théoriques et concrets auxquels on peut se référer, ça nettoie un peu la saleté qui encrasse le système!!!.
    C’est rafraichissant (une bouffée d’oxygène) et fortifiant (un peu d’énergie pour essayer encore de se situer au dessus de la pollution de notre habituelle conscience, celle de notre vie de survie…)

  13. miale 26 nov 2011 à 23:03 13

    @A.
    Je me suis retrouvée dans tes exemples de pensées du moi conscient de surface et ça m’a aidé à mieux prendre en compte les miennes : peurs exagérées, voire peurs injustifiées, angoisses subites ou latentes en effet qui déforment ma vision de la réalité. En cas de peurs et d’angoisses, je peux difficilement voir juste et voir le bien. Encore faut-il faire le bilan des ces pensées négatives…
    Par exemple, je me dis que ces réunions avec des personnes habituellement indifférentes voire hostiles à mes projets n’a aucune raison de mal se passer. Que si elle se passe mal, je peux les écourter, les orienter afin qu’elles soient bénéfiques. Je philosophe un peu, je rationalise en me disant que j’en aurai d’autres, que j’en ai eu d’autres aussi, qu’il y a cette vie et aussi d’autres avant. Que ce ne sont que des réunions finalement, et que des projets j’en ai d’autres aussi et que ce sont des opportunités de développer des qualités humaines surtout. Que finalement l’essentiel est comment je gère mes pensées pour rester positive, avoir une intention de faire ce qui est juste, de faire le bien car qu’emporterais-je avec moi dans l’autre monde, mes pensées, ce que je pense ici. C’est apaisant parce que je sais quoi faire, je retrouve le sens de l’action et je calme ce qui ne sert à rien et me fait perdre mon temps… temps précieux et qui ne revient pas…

  14. révole 26 nov 2011 à 23:23 14

    @SB
    J’ai bien aimé ton descriptif
    de ton moi de surface, évidemment il ressemble au mien… et aussi ta précision de la concentration réelle qui change la conscience des choses.
    Souvent il ne se passe rien que la discipline d’essayer… et pas de concentration réelle. C’est mieux que ne pas essayer mais le résultat c’est pas terrible et pour garder le moral et la motivation, c’est bien de réussir un peu quand même :)
    Je me disais que parfois je vais jusqu’à penser que c’est un peu dommage et décourageant (si on laisse le négatif prendre le dessus) : comme la concentration n’est pas réelle alors je n’ai pas de résultat tangible; c’est vrai que je m’attache au résultat pour voir si la concentration, la connexion avec le moi conscient profond est là. C’est un bon repère. Je regarde si je suis joyeuse et agréable avec les autres (dans une bonne intention et pas pour gagner au loto!), si j’ai de l’énergie pour agir éthiquement ou si je suis apathique, si j’arrive à mettre en pratique un programme de principes éthiques que je me suis fixée ou si je suis paresseuse ou négligente. J’utilise la notation pour m’aider en pourcentage : par ex. Je fais une prière et je suis restée concentrée 20% ou 50% ou 80%. C’est sympa, c’est un challenge renouvelé avec moi-même. Je relativise aussi et je vois le verre à moitié plein. Je me dis « c’est déjà pas mal , c’est un début… blablabla » et puis quand je suis tout le temps à 20% et bien le bilan s’impose, c’est pas la forme. Il faudrait un petit peu de vitamines… reprendre du temps, se reposer, donner la priorité…

  15. SBle 27 nov 2011 à 14:44 15

    @révo : je ne sais pas comment tu te rends compte si tu as été concentrée ou pas, mon repère à moi est de voir l’émotion (sans que je la recherche) que je peux ressentir, et je m’aide aussi avec des images ou de la musique : peu à peu, je sais que telle musique (par exemple un adagio de bach) va de suite me remuer et m’aider à me concentrer sur « l’univers » si je puis dire. Après c’est vrai que de nombreuses fois, il n y avait aucune attention, mais voilà, j’essayais aussi. Et bien-sûr, c’est bien plus difficile de faire sans envie ou sans motivation que lorsque l’on a une émotion; mais quelque part n’est-ce pas justement plus « méritant » ? Je dis cela non dans l’esprit de faire les choses pour obtenir du mérite, mais parce que c’est dans ces moments là, j’ai l’impression, que l’on avance réellement : c’est facile de rendre service par exemple à quelqu’un que l’on aime beaucoup, lorsqu’on a du temps, lorsque tous les critères sont réunis pour faciliter cet acte altruiste. Mais n’est-ce pas en se forçant un peu, en allant contre son « mauvais côté » qui peut être la paresse, la rancune ou jalousie envers la personne qui nous demande ce service, etc, etc, quelque soit la raison de notre manque de motivation, n’est-ce pas en agissant contre cela que l’on fait réellement bouger les choses en soi ? Tout ça pour dire que justement si tu arrives malgré ton manque de motivation ne serait-ce qu’à « essayer », alors je crois que c’est très fort de ta part. Ce qui compte comme disait quelqu’un, c’est d’essayer, de faire l’effort de. Les choses bougeront alors de toute façon d’une façon ou d’une autre, même si tu ne t’en rends pas compte.

  16. radegondele 27 nov 2011 à 21:43 16

    « de celui qui n’a plus d’appui , tu es l’appui ….. »
    En écoutant cette chanson, je ressens « la force « qui a été mis en chacun de nous au sein de notre « Moi profond » pour lutter contre la puissance des désirs de la vie ici bas, et que mon destin est de travailler sur mon ego ici, et maintenant….

  17. alexle 28 nov 2011 à 23:48 17

    J’ai adoré les passages de l’article que donne des exemples concrets:
    « ce moi qui veut qu’on m’aime, qu’on m’admire, qui veut tout pour moi et rien que pour moi, qui se vexe à la première occasion,… »

    Ca m’a motivé à faire de meme et de lister chaque jour mes sentiments, mes pulsions et essayer de les classifier (moi conscient de surface ou moi conscient profond). J’ai hate de voir le resultat de ma liste dans 1 semaine.

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